À Dole, un homme veut graver le nom de son chien sur sa tombe et se heurte à la mairie
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À Dole, un homme veut graver le nom de son chien sur sa tombe et se heurte à la mairie

À Dole, dans le Jura, Patrick Blonley cherche depuis des années à faire inscrire le nom de son lévrier Vanaïs sur sa tombe. La mairie a refusé, estimant qu’en France il est interdit de laisser penser qu’un animal est inhumé dans un cimetière humain.

Portrait de Thomas MillerThomas Miller·12 juin·3 min de lecture·2,1k vues

À Dole, dans le Jura, Patrick Blonley cherche depuis des années à faire inscrire le nom de son lévrier Vanaïs sur sa tombe. La mairie a refusé, estimant qu’en France il est interdit de laisser penser qu’un animal est inhumé dans un cimetière humain.

Un hommage intime, au cœur d’un cadre funéraire strict

À Dole, dans le Jura, une demande très personnelle a pris une dimension administrative. Patrick Blonley souhaite faire inscrire le nom de son lévrier Vanaïs, ainsi que sa date de naissance, sur la tombe qu’il a fait construire dans le cimetière de Landon. Son souhait est né d’un lien ancien et profond avec l’animal, mort en 1999 à l’âge de 15 ans. Mais sa démarche se heurte à la règle française qui interdit de laisser entendre qu’un animal est enterré dans un cimetière destiné aux humains. La mairie a donc refusé la mention demandée, tout en rappelant que les motifs décoratifs restaient possibles s’ils respectaient la décence du lieu.

Le récit d’un attachement né dans une période de fragilité

Aujourd’hui âgé de 68 ans, Patrick Blonley décrit Vanaïs comme bien plus qu’un simple compagnon. Selon son récit, le lévrier l’a accompagné à un moment de grande détresse personnelle, après une déception sentimentale qu’il dit avoir très difficilement traversée. Il affirme même que le chien a contribué à lui sauver la vie. Pour lui, la relation avec Vanaïs dépassait de loin le cadre habituel du lien maître-animal : il parle d’un « seul ami », d’un être sensible à sa souffrance, au point de refuser de s’alimenter quand son maître allait mal. Cette dimension affective explique la persistance de son combat, engagé depuis des années pour rendre un hommage durable à l’animal.

Une tombe pensée à l’avance, puis modifiée après le refus

Convaincu que la municipalité accepterait sa demande, Patrick Blonley a fait construire la concession en amont, en choisissant un monument en verre qu’il souhaitait personnaliser. Ce matériau, qu’il présente comme incassable, devait lui permettre d’apposer à la fois une esthétique particulière et une gravure sur mesure. C’est en octobre 2025 qu’il a officiellement sollicité la mairie pour faire figurer le prénom de son chien et sa date de naissance. La réponse défavorable l’a contraint à revoir son projet. Il a finalement dû modifier la stèle, mais a conservé la photographie de Vanaïs, seule trace visuelle laissée sur le monument.

Entre mémoire personnelle et limite de la loi française

L’affaire met en lumière une frontière souvent sensible entre hommage privé et cadre réglementaire des cimetières. D’après les explications rapportées, la mairie de Dole n’a pas contesté l’idée d’un décor personnalisé, mais uniquement la formulation qui pouvait laisser croire que le lévrier reposait sur place. En France, cette présentation est interdite dans un cimetière humain. Le cas de Patrick Blonley illustre ainsi la difficulté de concilier le deuil d’un maître avec les règles qui encadrent strictement l’espace funéraire. Au-delà du seul contentieux local, son histoire dit aussi quelque chose de la place qu’un animal peut occuper dans une vie solitaire : celle d’un compagnon si essentiel qu’on veut lui donner, même après sa mort, une place visible et nommée.

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