Brigitte Bardot, une vie au service des animaux
L’actrice et icône française Brigitte Bardot, devenue l’une des militantes les plus infatigables pour les animaux, est décédée à l’âge de 91 ans. Celle que la fondatrice de PETA, Ingrid Newkirk, a qualifiée d’ «ange pour les animaux » avait renoncé aux plateaux de tournage dès 1973 pour se consacrer entièrement à la cause animale, le combat de sa vie.
La disparition de Brigitte Bardot laisse orphelins des milliers de défenseurs de la cause animale à travers le monde. Pendant plus d’un demi-siècle, elle a mené un combat acharné pour défendre les bêtes, de tous poils et de toutes plumes, et a profondément marqué l’histoire de la protection animale en France comme à l’international. Ses actions, son franc-parler et son dévouement inlassable ont inspiré plusieurs générations de militants.
« Nous perdons aujourd’hui une alliée irremplaçable des animaux, mais son combat continue en chacun de nous », confie Julien Muller, fondateur de Pet Alert, un réseau de protection animale ayant longtemps soutenu Bardot.
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Du mythe du cinéma à la militante des animaux
Dans les années 1950 et 1960, Brigitte Bardot est l’un des plus grands mythes du cinéma français. Star mondiale grâce à des films tels que Et Dieu… créa la femme ou Le Mépris, elle aurait pu se contenter d’une carrière artistique flamboyante. Pourtant, dès cette époque, Bardot commence à mettre sa notoriété au service des animaux. En 1962, choquée par des photos révélant la cruauté des abattoirs, elle milite pour l’introduction du pistolet d’abattage afin d’étourdir les bêtes avant la mise à mort. Profondément ébranlée, elle devient végétarienne et fait de la souffrance animale son nouveau combat.
Brigitte Bardot est même reçue à l’Élysée par le général de Gaulle en 1967 pour plaider la cause du bien-être animal : quelques années plus tard, la France adopte l’obligation de l’étourdissement des animaux avant abattage, un premier pas que l’on attribue en partie à son plaidoyer. Finalement, Bardot choisit de tirer sa révérence du monde du cinéma en 1973, à seulement 39 ans, pour se consacrer exclusivement aux animaux – un renoncement retentissant qui confirma que sa « beauté de cœur » l’emportait sur l’icône de cinéma.
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Des bébés phoques aux projecteurs médiatiques
Après son retrait du cinéma, Brigitte Bardot intensifie son engagement et se lance dans des campagnes coup de poing qui vont marquer les esprits. En 1977, elle se rend sur la banquise canadienne pour poser avec un bébé phoque et dénoncer le massacre des blanchons (bébés phoques) pour leur fourrure. La photo de Bardot tenant un blanchon dans ses bras fait le tour du monde et sensibilise l’opinion au sort de ces animaux. À son retour en France, forte du soutien du président Valéry Giscard d’Estaing, elle obtient le vote d’une loi interdisant le commerce des produits dérivés de la chasse aux phoques de moins de deux semaines – une victoire emblématique de son activisme.
Bien avant cela, Bardot avait déjà pris position contre la cruauté sous toutes ses formes : abattage sans étourdissement, maltraitance dans les cirques, chasse aux animaux sauvages, abandons d’animaux de compagnie, trafic de fourrure… Son franc-parler choque parfois, mais il fait évoluer les consciences. Dans les années 1970, elle n’hésite pas à fustiger publiquement les chasseurs et les adeptes de la fourrure, dénonçant des pratiques « barbares » et appelant à y renoncer. Ces premiers combats médiatisés font d’elle l’une des pionnières de la protection animale moderne, ouvrant la voie à d’autres célébrités qui s’engageront à leur tour.
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La Fondation Brigitte-Bardot, un sanctuaire pour la cause animale
Consciente qu’il fallait des actions concrètes, Brigitte Bardot crée en 1986 la Fondation Brigitte-Bardot, un organisme dédié à la protection des animaux. Pour la lancer, elle n’hésite pas à mettre aux enchères bijoux, robes et objets personnels, réunissant ainsi les 3 millions de francs nécessaires au démarrage. Ce sacrifice de biens précieux – céder des trésors de sa vie de star pour la cause animale – symbolise l’engagement total de Bardot.
Initialement basée à Saint-Tropez, la fondation déménage à Paris en 1988 pour étendre son action à tout le territoire. Brigitte Bardot présente également, de 1989 à 1992, l’émission télévisée S.O.S. Animaux, douze numéros destinés à sensibiliser le grand public aux souffrances infligées aux bêtes et à promouvoir l’adoption.
En 1991, dans un geste fort, Bardot fait don de sa célèbre propriété La Madrague (à Saint-Tropez) à sa fondation afin d’en augmenter le capital. Cet apport considérable permet à la Fondation Brigitte-Bardot d’être reconnue d’utilité publique en février 1992, gage de pérennité et de crédibilité aux yeux des institutions.
La fondation de Bardot s’impose alors comme un acteur majeur de la cause animale en France, collaborant avec d’autres ONG internationales et attirant le soutien de personnalités (le dalaï-lama en devient membre d’honneur en 1995). Au fil des ans, l’organisation voit affluer les adhésions : elle comptait déjà 75 000 membres en 2014. Forte de cette base, la Fondation Bardot multiplie les missions de sauvetage et de sensibilisation à travers le monde.
Elle a contribué à créer des sanctuaires pour éléphants en Afrique du Sud, pour les ours exploités en Bulgarie, pour les primates au Cameroun, et a réintroduit des espèces animales disparues au Sénégal. En France, la fondation soutient financièrement de nombreux refuges et a même ouvert le sien : La Mare Auzou, en Normandie, un havre où quelque 200 chiens et 250 chats attendent une famille, et où coulent des jours heureux des chevaux, vaches et autres rescapés. La fondation se porte également régulièrement partie civile lors de procès contre des maltraitants, pour que chaque acte de cruauté soit dûment sanctionné.
Tous les combats d’une militante acharnée
La liste des combats menés par Brigitte Bardot est immense. On peut citer notamment :
- La fin de la captivité des animaux sauvages dans les cirques et les zoos
- La lutte contre le commerce de la fourrure animale et les élevages d’animaux pour la fourrure
- La défense des chevaux contre l’abattage pour la consommation humaine (lutte contre l’hippophagie)
- L’amélioration des conditions de transport et d’abattage des animaux d’élevage
- L’interdiction des expérimentations animales (tests cosmétiques, etc.)
- La lutte contre le braconnage et la chasse des espèces menacées
- La fin des combats d’animaux (corridas, combats de coqs…)
- La lutte contre les abandons d’animaux de compagnie et les trafics en animalerie
- La stérilisation des chiens et chats errants (y compris via des campagnes en Europe de l’Est)
- La protection des cétacés et la lutte contre la chasse à la baleine
- La protection des phoques et l’arrêt de la chasse aux blanchons
Sur tous ces fronts, Brigitte Bardot a apporté une visibilité médiatique inédite et fait pression sur les décideurs pour obtenir des progrès. Ses campagnes d’affichage choc (« Fourrure : signe extérieur de cruauté », « Le look qui tue »…), ses pétitions, ses coups de gueule comme ses coups de cœur, ont contribué à faire évoluer les lois et les mentalités.
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Une voix qui ne tremblait jamais
Brigitte Bardot était connue pour son franc-parler à la hauteur de sa passion. Elle n’avait cure des critiques ou des moqueries sur son activisme. « Je me fous de ce qu’on peut dire de moi. Complètement. Comme de l’an 40 », affirmait-elle, persuadée que la cause animale était plus importante que sa propre image. Forte de sa renommée, elle a interpellé sans relâche les politiques, les industriels et l’opinion publique pour défendre les bêtes.
Cette détermination l’a parfois menée jusqu’au tribunal. Bardot a assumé de braver certains interdits au nom des animaux, quitte à être condamnée pour ses propos. En 2006, elle a par exemple publié une lettre ouverte critiquant l’abattage rituel de l’Aïd (fête de l’Aïd al-Adha), ce qui lui vaudra une condamnation pour incitation à la haine raciale. Loin de s’excuser, elle considérait ces démêlés judiciaires comme le prix de son intransigeance. « Elle s’est battue, y compris devant les tribunaux, pour tous les protéger », rappelle Ingrid Newkirk, soulignant que Bardot n’a jamais transigé dès qu’il s’agissait du sort des bêtes.
Au-delà des polémiques, la souffrance animale bouleversait intimement Brigitte Bardot. « Ces larmes, c’est mon arme pour aller au combat, c’est ma volonté pour faire changer les choses », confiait-elle, expliquant comment sa tristesse se muait en énergie militante. La star racontait s’être sentie « traquée… comme un animal » au sommet de sa gloire, ce qui alimentait son empathie envers toutes les créatures pourchassées. Ayant elle-même subi la férocité des médias, Bardot éprouvait une compassion profonde pour les animaux traqués ou maltraités, dont elle disait ressentir la douleur dans sa propre chair.
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Un héritage indélébile
Figure controversée pour certains, Brigitte Bardot reste avant tout, aux yeux de millions d’admirateurs, une icône de la cause animale. Sa disparition a suscité une avalanche d’hommages à travers le monde, notamment de la part des associations de protection des animaux. Ingrid Newkirk (PETA) a salué « une porte-parole de toutes les espèces » qui a voué sa vie aux sans-voix. D’autres organisations et personnalités rappellent les avancées obtenues grâce à son engagement acharné. PETA lui avait d’ailleurs décerné un prix en 2001 pour l’ensemble de son action, reconnaissant son rôle pionnier à l’échelle internationale. En France, la Fondation Bardot a été saluée par d’innombrables militants – et même par certains responsables politiques – pour son apport à l’amélioration de la condition animale.
Julien Muller, dont Pet Alert a collaboré à plusieurs campagnes avec la Fondation Bardot, témoigne de l’impact de cette dernière : « Avec Brigitte, la cause animale avait une ambassadrice intraitable et mondialement écoutée. Son soutien nous a été précieux dans bien des batailles, et nous avons toujours été à ses côtés. Désormais, c’est à nous de reprendre le flambeau et de continuer son combat. »
Brigitte Bardot avait d’ailleurs pris soin d’assurer la continuité de son œuvre. « J’ai tout prévu pour que la fondation me survive », avait-elle déclaré il y a quelques années, preuve de son souci de transmettre le relais. Fidèles à ce vœu, ses proches et successeurs au sein de la Fondation Bardot poursuivent plus que jamais la lutte. Et comme l’a écrit Ingrid Newkirk, il appartient à chacun d’« honorer sa mémoire en faisant aujourd’hui un geste pour les animaux, afin que les graines qu’elle a semées continuent de fleurir ». Plus que jamais, l’héritage de Brigitte Bardot demeure vivant : à nous tous de le faire fructifier en poursuivant son combat en faveur des animaux.
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