Vente d’animaux aux laboratoires ?

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La Fondation 30 Millions d’Amis s’est émue d’un décret qui, sur le papier, semblait autoriser la vente d’animaux par des particuliers aux laboratoires. La mesure, adoptée le 17 mars 2020, semblait supprimer en effet la condition qui stipulait que les animaux « devaient avoir été élevés à cette fin et provenir d’éleveurs ou de fournisseurs agréés », comme l’explique le site d’informations BFMTV.

 

Des dérogations existaient, notamment lorsque la production d’éleveurs agrées se révélaient insuffisantes. Cette suppression était, aux yeux de la Fondation 30 Millions d’Amis, une infraction à la direction européenne encadrant la provenance des animaux de laboratoires. Reha Hutin, la présidente de l’association, s’indignait :

 

Ce décret montre le manque de volonté politique pour chercher des méthodes substitutives à l’expérimentation animale. Il encourage un énorme trafic de chiens volés à leur maître pour être revendus à des laboratoires, comme c’était le cas jadis.

 

Source : Thomas Loire /Flickr

 

Un sentiment partagé par Christiane Laupie, secrétaire générale et fondatrice du Comité scientifique Pro Anima, partenaire de la Fondation 30 Millions d’amis :

 

Ce décret, c’est la porte ouverte au pire! Élevages de chiens de chasse, particuliers, n’importe qui peut vendre son animal à un laboratoire.

 

Cependant, il semble que la Fondation 30 Millions d’Amis ait fait une erreur d’interprétation. En effet, les dérogations n’ont pas été supprimées pour autoriser la vente par quiconque, elles ont au contraire été renforcées. Elles ne peuvent désormais être accordées que sur la « base d’éléments scientifiques dûment justifiés ». Le 27 juin 2020, le ministère de l’Enseignement supérieur a pris la parole pour rassurer :

 

Les animaux de compagnie ne sont en rien concernés et cela ne sera jamais le cas. Les fausses informations relayées récemment à ce sujet desservent la cause de la protection animale.

 

D’autres associations, comme la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA), estiment que le nouveau décret va dans le bon sens :

 

Les trois conditions (justification scientifique, production insuffisante et besoin spécifique) n’étaient pas cumulatives mais alternatives. Désormais, la justification scientifique constitue la seule raison valable. Dans le cas où elle ne serait pas recevable, les raisons d’une production insuffisante ou d’un besoin spécifique ne peuvent pas être acceptées comme justification pour recourir à des animaux issus d’élevages non agréés pour la recherche.

 

 

La Fondation Brigitte Bardot renchérit :

 

Nous ne pouvons pas dire ou publier n’importe quoi pour faire le ‘buzz’. Le décret du 17 mars n’a absolument pas été adopté en catimini mais travaillé pendant un an en retenant quelques dispositions demandées par les organisations de défenses des animaux.

 

Parmi ces dispositions, le doublement de la représentation des associations de protection des animaux au sein de la Commission nationale de l’expérimentation animale, désormais au nombre de 6.

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