Var : une famille harcelée par des chasseurs

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Le rêve de Nathalia s’est très vite transformé en cauchemar. Alors que la jeune femme et son compagnon ont quitté en 2015 leur travail, en région parisienne, pour s’établir dans le Var afin de se lancer dans le maraîchage en permaculture, comme l’explique le site de la Fondation 30 Millions d’Amis.

 

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Sur place, ils habitent une petite ferme, avec leurs trois chevaux, Fozio, Tinto et Eurêka, un chien, Pipa, un chat, Balou, et des poules sauvées de l’abattoir. Mais hélas, ce qui aurait dû être une belle aventure a été gâché en quelques mois. La raison ? Le comportement des chasseurs de la région. Nathalia explique :

 

Des panneaux sont installés depuis longtemps pour laisser le passage aux chasseurs et aux pêcheurs qui désirent suivre le cours d’eau.  Avec les anciennes générations, tout se passait bien. Mais quand je me suis installée, j’ai compris que les choses avaient changé. Je me suis rendu compte que des chasseurs pénétraient dans les parcs à chevaux pour abattre des grives. Quand j’ai rencontré des jeunes de 25-30 ans – armés – dans mon enclos, je leur ai expliqué qu’ils ne devaient pas tirer si près d’une habitation.

 

 

Le petit refuge de Nathalia est classé refuge LPO en juillet 2019. En septembre de la même année, la situation empire. Des chasseurs prennent pour cible des oiseaux nichés dans une haie, à quelques dizaines de l’habitation de Nathalia. Sur les conseils d’un garde-chasse, la jeune femme filme la scène :

 

L’agresseur m’a foncé dessus et m’a frappé la main pour faire tomber mon portable. Après une interruption, j’ai continué à filmer. Il a pointé son arme sur moi, braquant aussi ma chienne 3 ou 4 fois.

 

Une plainte est finalement déposée, mais Nathalia craint les représailles. Quelques jours plus tard, un homme embusqué attend le compagnon de la jeune femme, qui confie, encore sous le choc :

 

Lorsque j’ai entendu les cris, j’ai ouvert. Poursuivi par l’individu, mon compagnon a pu rentrer, et nous avons fermé la porte.

 

Des amis, qui dînaient chez eux, appellent la gendarmerie. Suite à ce nouvel incident, une autre plainte est déposée. D’autres intimidations et menaces ont également lieu, et Nathalia craint pour ses animaux, si bien qu’elle décide de les placer dans trois départements différents pour leur sécurité, grâce à un véritable réseau de solidarité qui s’est mis en place en 48 heures.

 

Avec le traumatisme, j’ai eu beaucoup de mal à gérer la dispersion de mes animaux. Je m’inquiétais aussi pour notre chat, qui avait refusé de quitter les lieux.

 

Aujourd’hui, la jeune femme est encore traumatisé par ce qu’elle a vécu, mais espère, un jour, pouvoir revenir dans la région. Elle souhaite également que sa plainte puisse faire un peu bouger les choses et briser l’omerta qui semble régner.

 

Sur la commune voisine de Sainte-Anastasie, j’ai beaucoup de connaissances qui ont des chevaux et qui subissent des intimidations venant de cette même bande. Mais elles ont très peur de témoigner, par crainte des représailles. 

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