Une aide pour moderniser l’élevage et les abattoirs

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Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, est revenu dans les colonnes du Parisien sur les différentes mesures pour lutter contre la cruauté envers les animaux, mais aussi pour faire changer les choses au sein du monde agricole.

 

Le ministre explique tout d’abord que le bien-être animal est devenu aujourd’hui une question de société très importante, qui préoccupe bon nombre de Français. Il met cependant en garde contre les amalgames, notamment contre les éleveurs, souvent pointés du doigt par les associations de défense des animaux. Il déclare :

 

Tout ceci est ridicule ! Absurde ! Les éleveurs aiment leurs animaux. On confond aussi trop souvent bien-être et maltraitance animale, ce qui crée la confusion. Il faut d’abord lutter avec une fermeté totale contre la maltraitance, c’est-à-dire la volonté de nuire car c’est totalement intolérable et d’ailleurs sévèrement puni.

 

Un peu plus tôt au mois de septembre, Julien Denormandie a présenté un plan de relance de 250 millions d’euros pour aider les élevages et les abattoirs. Le but est de moderniser les structures afin d’éviter les situations souvent dénoncées par l’association L214. Pour le ministre, il n’est pas non plus question de blâmer les établissements ; il souligne par ailleurs la situation plutôt paradoxale de la France, où la consommation de viande reste importante malgré les affaires dramatiques dans les abattoirs.

 

Source : Le Parisien/Philippe Lavieille

Évoquant la présence de caméras de surveillance, Julien Denormandie affirme qu’il faut d’abord donner les moyens aux établissements avant de les surveiller et de les sanctionner, en mettant en place de meilleures conditions de travail.

 

Aujourd’hui, on demande plus de bien-être animal, mais on n’accepte pas de payer notre viande plus cher. Cette incohérence ne peut pas reposer ensuite uniquement sur l’éleveur qui peine déjà parfois à se verser un salaire. Il faut que chacun le réalise. C’est pour cela que le plan de relance vient en soutien.

 

Il rappelle que le gouvernement est mobilisé, et qu’il a déjà pris plusieurs mesures pour lutter contre la cruauté dans les abattoirs, comme l’arrêt de la castration à vif et le broyage des poussins mâles d’ici 2021. Quant aux vidéos de dénonciation des conditions dans les élevages, comme celles de L214, il tempère :

 

Quelques cas particuliers, inacceptables ne doivent pas jeter l’opprobre sur une profession qui fait bien son travail, que je soutiens et qui a ma confiance. Mon ministère a fait cette année près de 23 000 contrôles dans des élevages et l’immense majorité travaillent parfaitement bien.

 

Il s’insurge notamment contre la présence illégale des lanceurs d’alerte dans des propriétés privées, rappelant qu’il « existe des agents habilités pour les contrôles ». Il assure par ailleurs que l’inspection dans les élevages sera renforcée.

 

Source : Pixabay

 

Julien Denormandie est ensuite revenu sur l’affaire des chevaux tués et mutilés dans tout la France.

 

C’est une situation inimaginable qui dépasse la maltraitance pour tomber dans une forme de cruauté, d’ignominie absolue. […] L’enquête est prise très au sérieux et il y a une très forte mobilisation de la gendarmerie et de la police qui n’écartent aucune piste. Justice sera faite.

 

Le ministre a également évoqué le rapport sur la cruauté envers les animaux, présenté par le député LREM Loïc Dombreval. Il déclare :

 

La loi prévoit déjà des sanctions lourdes : jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Cela dit, c’est vrai qu’il y a parfois des failles juridiques à combler. Mais il y a un autre sujet que j’estime majeur pour éviter ces actes de violence : il faut limiter les achats d’impulsion.

 

Julien Denormandie explique ainsi qu’il faut interdire la vente sur Internet, sur les marchés, mais ne vise pas les animaleries, où, selon lui, « vous avez des professionnels qui vous conseillent et vous éclairent ».

 

Enfin, Julien Denormandie évoque la situation des refuges, dont il juge l’existence indispensable. Il indique ainsi que vingt millions d’euros d’aide ont été débloqués pour les aider.

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