Un abattoir de veaux fermé en Dordogne

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L’abattoir de la Sobeval, à Boulazac, en Dordogne, a été fermé de manière temporaire sur ordre du Ministère de l’Agriculture. Cette décision fait suite à la diffusion, le 20 février 2020, d’une vidéo tournée par L214, comme le rapporte le site d’informations France 3.

 

Des veaux en très grande souffrance

L214 dénonce en particulier l’abattage casher et halal, qui, selon l’organisation « accentuent grandement la souffrance des animaux tués ». La vidéo, insoutenable, montre en effet des veaux vivants lors de leur égorgement. Pourtant, la loi exige que le veau, s’il n’est pas étourdi au préalable, soit immobilisé jusqu’à ce qu’il ne présente plus aucun signe de conscience. Ce procédé doit être scrupuleusement contrôlé, ce qui n’est pas le cas dans l’abattoir de Boulazac. De nombreux veaux reprennent d’ailleurs conscience au moment de leur égorgement.

 

Autre point dénoncé par l’association, l’utilisation d’un énorme pistolet pneumatique pour tenter d’étourdir les veaux lorsque l’étourdissement est pratiqué. La grande taille de l’objet induit du stress et de la peur chez les veaux, ce qui rend plus difficile leur étourdissement. De fait, les employés doivent souvent s’y reprendre à plusieurs reprises, blessant par la même occasion les animaux.  Enfin, la tête des veaux n’est jamais immobilisée au moment de leur étourdissement, contrairement à la réglementation en vigueur.

 

L214 s’insurge :

 

Tous les étourdissements sont donc réalisés en violation de la réglementation. Ainsi, de nombreux tirs mal ajustés doivent être répétés, blessant les animaux sans les rendre inconscients.

 

 

Face à ces manquements, L214 exige l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement en France. Elle avait par ailleurs porté plainte contre l’abattoir auprès du procureur de la République de Périgueux pour cruauté envers des animaux. Elle avait aussi réclamé la fermeture de l’abattoir.

 

Avant la diffusion de la vidéo de L214, la préfecture de Dordogne avait assuré que l’abattoir était en totale conformité avec les exigences françaises en matière d’abattage. Pour les autorités, les spasmes des animaux après égorgement pouvaient être attribués à des réflexes musculaires post-mortem. La préfecture rappelait aussi que les égorgements étaient réalisés par des opérateurs formés et habilités.

 

Le Ministère de l’Agriculture ordonne la fermeture

Ce soutien n’aura pas suffi. Didier Guillaume, Ministre de l’Agriculture, a en effet annoncé le 28 février 2020 la suspension de l’abattoir de Boulazac. Il a ainsi déclaré :

 

Ce matin j’ai décidé de suspendre l’agrément de cet abattoir. J’annonce non pas sa fermeture mais la suspension de cet abattoir. Dès que des mesures correctives seront proposées par ses gestionnaires, cet abattoir pourra reprendre son fonctionnement.

 

 

Il ajoute :

 

La brigade nationale vétérinaire s’est rendue sur place car la qualification de non-conformité ne se fait pas sur des vidéos mais sur du concret. A la lumière des premiers éléments qui me sont remontés hier soir, les deux experts nationaux du ministère mettent en évidence des problèmes de formation des salariés de l’abattoir.

 

Une enquête interne a été ouverte en parallèle. La filière viande, de son côté, réclame la réouverture de l’abattoir dans les plus brefs délais.

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