Tensions entre le Sea Shepherd et les pêcheurs

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Les tensions ne cessent de croître dans la baie d’Audierne, au large de la Bretagne, entre les pêcheurs et les bateaux de la Sea Shepherd, association spécialisée dans la défense des mers et des fonds marins. La situation s’est d’ailleurs crispée à la fin du mois d’octobre 2020, comme le rapporte le site d’informations France 3.

 

Le 22 octobre, les pêcheurs ont dénoncé le harcèlement dont ils s’estiment victimes de la part des navires de l’organisation. Virginie Lagarde, membre du comité départemental des pêches, dénonce l’utilisation de projecteurs braqués sur les bateaux pour aveugler les marins. Frédéric, bénévole de Sea Shepherd, rétorque :

 

On ne les éblouit pas puisque notre projecteur, lorsqu’on l’utilise, c’est vers la coque ou au niveau de l’eau. On reste toujours à distance, on ne se met pas sur leur route et on les laisse virer de bord. On les laisse travailler vraiment correctement.

 

Source : Anthony Landrein

 

L’association dénonce même les menaces et tentatives d’intimidation dont elle est victime, mais assure qu’elle continuera le combat. Elle veut notamment s’attaquer aux prises de dauphins accidentelles, qui arrivent régulièrement sur les bateaux de pêche. L’observatoire PELAGIS a noté une augmentation de 60 % du nombre de dépouilles de dauphins retrouvées dans la baie d’Audierne en 2020, comparé à 2019.

 

La Sea Shepherd explique :

 

Ce qui importe, ça n’est pas le nombre de dauphins dans les filets que nous filmons au regard du peu de moyens dont nous disposons. Ce qui importe c’est le nombre de cadavres mutilés échoués sur les plages. Que nous les ayons filmés ou pas, ils ont bien été tués par les engins de pêche sur le secteur et le nombre est de l’ordre du jamais vu pour cette période comme s’en alertent à juste titre les scientifiques.

 

Ce à quoi les pêcheurs répliquent :

 

Nous on fait notre travail, on fait rien de mal. Quand elles se produisent, les captures accidentelles sont déclarées.

 

 

Faux, réplique l’ONG : selon les chiffres qu’elle présente, moins d’1 % des prises accidentelles sont déclarées, alors même que les pêcheurs en ont l’obligation depuis 2012. Les prises accidentelles ne font d’ailleurs qu’augmenter d’année en année. Selon la Sea Shepherd, 90 % des dauphins tués l’ont été par des bateaux de pêche depuis 2016. En juillet 2020, le tribunal administratif de Paris avait même donné raison à l’association. Selon lui, les autorités françaises ne faisaient pas le nécessaire pour protéger les dauphins, malgré des obligations à l’échelle européenne. La Commission Européenne elle-même avait ordonné à la France de prendre ses dispositions. À l’heure actuelle, cette injonction est restée lettre morte.

 

La Sea Shepherd conclut :

 

Aucune mesure concrète n’est avancée par le secteur ni par le Ministère de la Mer hormis les répulsifs acoustiques qui n’arrangent rien, pire, ils excluent les dauphins de leur zone de nourrissage.

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