Strasbourg : tension au zoo de l’Orangerie

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Au zoo de l’Orangerie, à Strasbourg, deux philosophies s’affrontent désormais. L’établissement est pour le moment fermé en raison des dispositifs sanitaires obligatoires liés à la pandémie, comme le rapporte le site d’informations 20 Minutes. Mais pour Mathieu Pichault, le directeur délégué du zoo, la fermeture est surtout la conséquence d’une attaque à peine voilée de la part de la mairie de la ville, partie en guerre contre la captivité.

 

Le conflit dure d’ailleurs depuis plusieurs mois. Du côté de la municipalité, on se défend :

 

Jeanne Barseghian [maire de Strasbourg] ne l’a jamais caché depuis sa campagne électorale, elle n’en veut plus dans ces conditions de détention. Deux philosophies s’opposent. Eux, ils ne remettent pas en cause le principe de captivité et que les animaux soient considérés comme des objets de plaisir pour les humains. Nous, nous voulons ouvrir les cages et n’avons plus ce regard du XIXe siècle. 

 

La ville a demandé à l’association du zoo, qui gère l’établissement, de mettre en place un programme de transfert des 120 pensionnaires avant l’été 2022. Mais jusqu’à présent, aucun départ n’a eu lieu. Mathieu Pichault, vétérinaire et directeur délégué du zoo, s’insurge :

 

Tous les animaux sont nés ici ou viennent de particuliers qui nous les ont confiés. Nous les préservons et conservons. Les rapports d’inspection l’attestent, il n’y a pas de maltraitance.

 

Liens pour la signature de la pétition en faveur du MAINTIEN DU PARC ZOOLOGIQUE DE L’ORANGERIE AVEC LA PRESENTATION D’ANIMAUX EMBLÉMATIQUES ET MENACÉS

Publiée par Amis du Zoo de l’Orangerie (Officiel) sur Vendredi 18 juin 2021

 

Il plaide plutôt pour un réaménagement : des changements réclamés depuis deux décennies, sans que rien ne change. Mais la municipalité ne semble pas décidée à changer de cap. Le 21 juin 2021, elle a attribué une subvention inférieure à celle de l’année dernière au zoo de l’Orangerie. Marie-Françoise Hamard, conseillère municipale en charge du dossier, explique :

 

La partie (70 % du total) sur le nourrissage et l’entretien des animaux sauvages va baisser d’un douzième chaque mois. Nous ferons un point d’étape en septembre et en décembre afin de garder le dialogue.

 

La mairie n’est pas ailleurs pas entièrement fermée aux discussions et a proposé la construction d’un bassin permettant l’accueil des tortues exotiques du parc. Le zoo, de son côté, aimerait la création d’un centre de soin de la faune sauvage. En revanche, pour Mathieu Pichault, il est hors de question d’accepter la transformation de l’établissement en parc animalier pédagogique accueillant des animaux de ferme.

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