Sobeval : garde à vue pour l’enquêteur de One Voice

ADVERTISING

Un enquêteur de l’association One Voice a été placé en garde à vue après s’être rendu dans un abattoir de la Sobeval, en Dordogne. L’établissement se spécialise dans le cuir de veau, destiné à l’industrie du luxe. L’enquêteur a été arrêté alors qu’il tentait de recueillir des preuves sur des faits avérés de maltraitance au sein de l’établissement.

 

Il a finalement été libéré après 36 heures de garde à vue. L’association a, de son côté, décidé de porter plainte pour maltraitance exercée par des professionnels, ainsi que pour des infractions largement documentées. Muriel Arnal, la présente de l’association, s’insurge :

 

Que devons-nous faire quand les autorités ne font pas respecter les faibles textes de loi qui existent pour protéger les animaux ? Nous taire ? Laisser faire ? Pendant que ceux qui maltraitent les animaux peuvent continuer sans être inquiétés, notre enquêteur, lui, passe trente-six heures en garde à vue. Le jour où la loi sera respectée, où les cruautés seront sanctionnées, il n’y aura plus besoin des lanceurs d’alerte. Mais ce jour-là, nous en sommes encore bien loin…

 

Source : One Voice

 

L’enquêteur de One Voice filmait la chaîne de l’usine, sans provoquer de dérangement et sans s’interposer. Cela a suffi à l’envoyer en garde à vue. L’organisation dénonce par ailleurs une des promesses non tenues d’Emmanuel Macron : la pose de caméra de surveillance dans les abattoirs. Elle ajoute :

 

Les images que nous publions sont insoutenables : les cadences éreintantes des ouvriers, la froideur de cette industrie n’ont que faire des centaines d’individus qu’elle tue quotidiennement et transforme en tonnes de cadavres. Dans ce secteur, seul l’argent est roi, au détriment des animaux pris dans cet engrenage sans fin, exclusivement considérés comme des pré-matières premières très rentables.

 

Source : One Voice

 

One Voice en profite également pour dénoncer l’industrie du luxe, où les veaux utilisés sont issus d’une insémination artificielle, puis arrachés à leur mère avant d’être envoyés à l’abattoir après quelques mois.

 

Ces bébés et tout jeunes bovins arrivent en camion, serrés, parfois blessés ou malades. Ils doivent encore attendre l’ouverture de l’abattoir. Au petit matin, des hommes les font entrer sur la chaîne d’abattage, sous les coups s’il le faut, assénés par certains. Des infractions filmées pour lesquelles nous allons déposer plainte. Puis, c’est le manège infernal. Ils avancent par centaines dans une file labyrinthique qui n’a que la mort comme destination. 

 

Source : One Voice

 

Les peaux ainsi récupérées serviront à la fabrication de sacs, chaussures ou articles de maroquinerie. Face à la violence constatée, One Voice demande la fermeture immédiate de l’abattoir de la Sobeval, ainsi que l’ouverture d’une enquête suite à sa plainte.

ADVERTISING