Sandrine et André-Joseph Bouglione créent le premier Ecocirque 100% humain

bouglione écocirque
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Nouveauté dans le monde du cirque ! Les époux Sandrine et André-Joseph Bouglione, comme promis, reviennent sur le devant de la scène avec un projet haut en couleur et novateur : l'Ecocirque 100% humain.

 

 

Adieu les numéros utilisant tigres, éléphants et autres animaux. Les Bouglione veulent revenir aux valeurs sociales du cirque et préserver les animaux en les excluant de leurs pistes. Mais ils ne s'arrêtent pas là. A travers un projet des plus aboutis, ils souhaitent mettre fin à l'exploitation animale, mais également devenir acteurs du développement durable.

 

Un projet né d'une prise de conscience à l'égard de la cause animale

 

Tous deux anciens dompteurs de tigres, Sandrine et André-Joseph ont raccroché leur fouet depuis quelques temps afin de se consacrer à une autre cause pour le moins différente : celle des animaux. Avec la sortie de son ouvrage Contre l'exploitation animale, paru le 5 avril 2018, André-Joseph a tourné le dos à des années de tradition circassienne pour se ranger du côté des animalistes.

 

Source : Paris Match

 

Mais selon Sandrine Bouglione, qui s'est confiée au Holidog Times sur le lancement de l'Ecocirque, la prise de conscience a eu lieu bien plus tôt.

 

Ce projet d'Ecocirque en réalité il est né il y a une dizaine d'années. Mais nous n'étions pas encore dans cet état d'esprit à l'époque. Nous avions encore nos animaux, et ce qui est incroyable c'est que quand on écoutait des récits de protection animale, on était d'accord avec tout. Nous étions contre la corrida, contre la chasse, contre toutes ces choses qui font que l'animal a besoin de plus de considération, sauf pour notre métier. Et c'est en réfléchissant qu'on s'est dit, "nous aussi on fait partie du lot".

 

C'est en partie en songeant à l'héritage qu'ils allaient laisser à leurs enfants et à leurs petits-enfants que le couple s'est rendu compte que leurs pratiques n'étaient plus en adéquation avec leur temps.

 

Vous savez, ne plus travailler avec des animaux pour nous ça a été réellement un changement de vie. Nous avons eu l'envie d'agir. On ne peut pas cautionner le fait d'avoir des animaux en voie d'extinction dans nos cages et de les présenter comme si de rien n'était. C'est cette urgence qu'il y a autour de nous, dans cette société de consommation, d'essayer au moins d'agir. Moi et mon mari on a des petits-enfants, et on se dit quand il faudra leur rendre des comptes, qu'est-ce qu'on aura fait ?

 

"On a aussi envie de donner l'occasion à notre métier de suivre son temps"

 

La protection animale est un sujet pressant, et les Bouglione l'ont bien compris. Mais ils ne souhaitent pas s'arrêter là. Retirer les animaux de leurs spectacles est une chose, mais ils sont également convaincus que la protection animale est un combat global, qui s'allie à la préservation de l'environnement, ainsi qu'à la sensibilisation du public.

 

On a la chance de pouvoir toucher un public populaire, dans le bon sens du terme. Des personnes qui ne vont peut-être pas s'intéresser réellement à l'écologie ou à la protection animale ou à la préservation de la biodiversité. Et nous on a la chance qu'ils viennent voir notre spectacle, et on peut, à travers une promenade dans l'écovillage, où il y a une centaine d'exposants, leur montrer tout ça, les sensibiliser à l'herboristerie, les faire rencontrer les agriculteurs locaux, consommer local, etc.

 

 

Car l'Ecocirque 100% humain, ce ne sont pas uniquement des spectacles, mais également tout un village qui accompagne la tournée. Grâce à une centaine de commerçants, vous aurez l'occasion de faire des rencontres éclairées et d'apprendre à "consommer différemment", comme l'indique Sandrine.

 

Energie verte, sensibilisation aux problèmes de notre temps, ateliers pédagogiques… l'expérience promet d'être instructive, ludique et moderne !

 

On a aussi envie de donner l'occasion à notre métier de suivre son temps. Le cirque est un divertissement populaire, et il a réellement besoin d'être en adéquation avec son époque. […] Nous voulons avoir le moins d'impact possible. Donc on va acheter des conteneurs maritimes pour nous aider dans nos déplacements, qui se feront par les voies fluviales ou ferroviaires. On essaie vraiment d'avoir un projet très abouti.

 

Une association qui oeuvre pour la cause animale

 

Egalement fondateurs de l'association "Objectif 100% humain", Sandrine et André-Joseph souhaitent contribuer à la préservation des espèces menacées à travers le monde. Grâce à des partenariats avec d'autres associations de protection animale, ils contribuent au bien-être et à la sensibilisation à l'égard des animaux, puisqu'une partie du chiffre d'affaire de l'Ecocirque est directement reversée à ce projet.

 

Cette association a également pour but de mettre en lumière et d'aider financièrement des associations qui sont déjà présentes sur le terrain. On aide une association en Inde, qui aide à préserver l'humain et l'animal – le tigre en l’occurrence. C'est juste extraordinaire le travail qu'il font. Il y a aussi un sanctuaire pour éléphants au Brésil, qui a déjà recueilli des éléphants de cirque. On aimerait y aller pour voir comment les animaux se sont adaptés.

 

 

Les Bouglione espèrent également toucher le public à travers leurs actions, et cela passe aussi par une entente avec les villes. A l'heure où de nombreuses communes refusent d'accueillir des cirques utilisant des animaux, l'Ecocirque est accueilli à bras ouverts.

 

Opérer un changement et rétablir le lien social

 

A l'image de Strasbourg, qui a interdit la présence d'animaux sauvages dans les cirques qui se rendent dans la ville, de plus en plus de communes suivent le mouvement et optent pour des divertissements plus respectueux de l'animal et de la nature.

 

Les villes sont extrêmement demandeuses, puisque chacune d'entre elles met en place des projets. Par exemple, l'une des villes dans lesquelles nous allons nous rendre à de l'énergie verte, et en nous fournissant un peu d'énergie verte pour une partie des besoins, on va pouvoir inciter les gens à adopter des changements. On veut vraiment travailler en partenariat avec les villes. On va également embaucher sur place, etc. On essaie vraiment de créer des partenariats utiles.

 

 

Car si la popularité des cirques est en chute libre, pour Sandrine Bouglione, c'est la présence des animaux qui pose problème. Le public ne supporte plus de voir des animaux se faire exploités, et l'image des circassiens s'en retrouve ternie. L'urgence, tant pour les animaux et la biodiversité que pour l'art du cirque, c'est de trouver des solutions afin de s'adapter à son public et aux problèmes de son époque.

 

Le cirque est un lien social. Toutes les classes sociales viennent au cirque. Et on s'est égarés de ça, à cause de la présence des animaux. On a pas su ouvrir nos portes, dialoguer, se réformer. Et on souhaite rétablir ce lien social. […] On espère faire changer les mentalités, montrer que ça fonctionne, et aider notre profession à rentrer dans son époque, tout simplement. Il y a une énorme réflexion à avoir. On gène 67% de la population, et nous ne sommes qu'un divertissement. Mais je pense que petit à petit, la mentalité réussira à évoluer.

 

Pour Sandrine, il n'est pas surprenant que des familles circassiennes de renom mettent la clef sous la porte. La plupart d'entre elles refusent d'admettre que la présence des animaux gêne, voire révolte, et se heurtent à une désapprobation générale de la part du public.

 

Les choses sont en train d'évoluer. Mais il y a aussi une évolution par la force, et une constatation. Là je vois que le cirque Pinder a mis la clef sous la porte, et c'est quand même une institution. Le problème, c'est qu'ils se voilent la face.

 

Dans le cadre de leur tournée, Sandrine et André-Jopseh Bouglione, et leur équipe, se rendront dans 13 villes de France dès fin 2018. Dates à venir.

 

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