Réduire les accidents de la route impliquant des animaux ?

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L’agrandissement du réseau routier a provoqué, à travers le monde entier, une hausse significative des collisions mortelles pour les animaux. En Europe, les chiffres font froid dans le dos : 194 millions d’oiseaux et 29 millions de mammifères périssent chaque année, renversés par des voitures, comme le rapporte le site d’informations 20 Minutes.

 

Le phénomène s’accroit aussi dans les régions où le réseau se développe de plus en plus et qui pourtant, abritent une faune particulièrement riche et cruciale pour l’équilibre de la planète, comme l’Amérique du Sud, et le Brésil en particulier. Face à la situation, les autorités de plusieurs pays ont déjà pris des mesures en construisant des passages adaptés pour les animaux, comme des écoducs : ces voies permettent à la faune d’enjamber les routes et donc d’éviter les accidents.

 

Source : DR

 

Mais ces mesures sont loin d’être suffisantes, et trois chercheurs ont élaboré un plan pour réduire encore plus drastiquement le nombre de collisions avec des animaux. Jochen A.G. Jaeger (université Concordia de Montréal), Ariel Spanowicz, (École polytechnique fédérale de Zurich) et Fernanda Zimmermann Teixeira, chercheuse post-doctorale à l’université fédérale du Rio Grande do Sul, ont étudié trois segments routiers où ce type d’accident est monnaie courante : une route au Québec et deux routes au Brésil.

 

Ils se sont d’abord penchés sur les dispositions prises par les autorités pour réduire les accidents. Ils ont alors constaté que les aménagements, à travers des clôtures fauniques posées au bord des routes, ont été négligeables, sauf lorsque la sécurité des conducteurs était en jeu. La question de la mortalité des animaux n’est donc pas du tout la priorité des organismes de gestion des réseaux routiers.

 

Source : DR

 

Les chercheurs ont par ailleurs constaté une certaine méfiance vis-à-vis de ces clôtures, là où les écoducs jouissent d’une très bonne réputation. Pourtant, les écoducs sont très loin d’être suffisants et ne peuvent réduire à eux seuls la mortalité. Les scientifiques s’accordent donc à dire qu’il est important de clôturer les routes, mais reconnaissent aussi qu’il n’est pas réaliste de poser des clôtures sur toute la longueur du réseau. Il faut donc mettre la priorité sur les tronçons les plus urgents à clôturer. Les chercheurs expliquent :

 

Notre hypothèse était que plusieurs sections de clôtures courtes pourraient être construites près des zones dangereuses recensées à petite échelle pour réduire les accidents. Nous pensions que cette approche réduirait en outre la longueur totale des clôtures par rapport à la protection de quelques zones dangereuses recensées à grande échelle, sans empirer le bilan de mortalité faunique.

 

Rien n’empêche cependant les animaux de contourner les clôtures. Il faut en réalité prendre en compte le comportement des différentes espèces :

 

Le compromis entre l’utilisation de quelques clôtures longues ou de nombreuses clôtures courtes comporte d’importantes conséquences pour la conservation de la biodiversité. Trouver le bon équilibre dépend de la distance parcourue par les animaux, de leur comportement vis-à-vis de la clôture, des cibles de réduction de la mortalité pour chaque espèce et de la structure du paysage environnant.

 

Source : J.A.G. Jaeger, A. Spanowicz & F. Zimmermann Teixeira

 

Il est cependant important de garder à l’esprit que ces aménagements demanderont des adaptations en temps réel, car les zones dangereuses peuvent se déplacer en fonction de la pose des clôtures. Cependant, ces dernières sont la solution la plus efficace pour protéger les espèces animales des dangers de la route.

 

Les organismes de protection de la faune et de transport devraient miser sur les clôtures plutôt que sur les écoducs pour réduire l’impact des routes et de la circulation sur les populations d’animaux sauvages. Les automobilistes profitent eux aussi des effets bénéfiques des clôtures sur la sécurité routière.

 

Avant de conclure :

 

Enfin, le boom de construction routière partout sur la planète représente une menace croissante pour la biodiversité, mettant en évidence le besoin urgent de réduire la mortalité routière de façon globale et de poser des clôtures pour protéger la faune.

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