Pyrénées : 52 ours recensés en 2019

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52 ours ont été recensés dans les Pyrénées en 2019. L’Office français de la biodiversité (OFB), anciennement Office National de la Chasse et de la Faune sauvage, a publié un rapport sur la population de plantigrades le 23 avril 2020, comme le rapporte le site d’informations 20 Minutes.

 

En 1996, il ne restait que 5 ours dans les Pyrénées, avant la mise en place d’une politique de réintroduction d’ours bruns en provenance de Slovénie. Malheureusement, ce programme de réintroduction s’est heurté, dès le début, à de vives oppositions chez les éleveurs qui craignaient pour leurs troupeaux. Depuis, une véritable bataille s’est engagée, entre les défenseurs de la présence des ours dans les Pyrénées et ses détracteurs.

 

L’ours Balou en Ariège

Source : Ferus

 

Au total, 10 naissances ont été comptabilisées en 2019. Parmi les cinq femelles qui ont chacune donnée naissance à deux petits, ceux de Sorita ont malheureusement été tués peu de temps après avoir vu le jour par un autre mâle. Au décès des bébés de Sorita s’ajoutent quatre autres disparitions, dont celles de Hvala et de Fifonet. En avril 2020, l’ours Cachou a été retrouvé mort côté espagnol.

 

Pour les associations, ce chiffre de 52 plantigrades est plutôt une bonne nouvelle. Sabine Matraire, vice-présidente de Ferus, confie :

 

Côté français, pour des associations comme Ferus et Pays de l’ours-Adet, c’est une reconnaissance du travail effectué. A l’origine, le dispositif était présenté comme une réintroduction expérimentale. Cela s’est révélé être un succès biologique. Mais ce n’est pas parce qu’on a franchi un palier que cette population doit être considérée comme sauvée, comme certains élus veulent peut-être le faire croire.

 

Source : Frédéric Salein

 

Chez les opposants, le son de cloche est bien évidemment différent, comme l’explique Rémi Denjean, éleveur ariégeois et coprésident de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip) :

 

L’augmentation ne nous étonne pas, et c’est un chiffre minimum, car certains ours peuvent ne pas être repérés une année, et réapparaître celle d’après. La situation est beaucoup plus difficile avec 50 ours qu’avec 20, et elle le sera encore plus avec 70 ou plus. 

 

Mais ce chiffre de 52 individus ne suffira pas à assurer la pérennité des ours bruns dans les Pyrénées. Sabine Matraire poursuit :

 

Un rapport du Muséum national d’histoire naturelle en 2013 recommandait le lâcher de 6 à 17 individus, dont au minimum six femelles.

 

Source : Frédéric Salein

 

Hélas, ces réintroductions semblent compromises, car les opposants à la présence des ours ont trouvé un soutien de poids en la personne du chef de l’État. Emmanuel Macron s’est en effet déclaré opposé à la poursuite du programme de réintroduction. Le président de la République s’est même engagé, auprès des éleveurs, à retirer les ours problématiques. Rémi Denjean confirme :

 

Le président de la République nous a aussi parlé de ramener un peu de concertation dans ce dossier. Il s’agit de réactiver des instances de gouvernance avec un rôle plus important donné aux élus locaux, moins éloignés des problèmes que le préfet de la région.

 

Ces mêmes élus locaux sont par ailleurs massivement opposés à la présence des plantigrades sur leur territoire. De quoi inquiéter les associations, qui craignent un retour en arrière.

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