Puy du Fou : des cas de maltraitance animale ?

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Le journaliste Hugo Clément a publié une vidéo qui a fait l’effet d’une bombe, le 16 décembre 2020. En effet, il a recueilli le témoignage anonyme de quatre anciens employés du Puy du Fou, qui dénoncent des cas de maltraitance animale au sein du parc.

 

L’un des employés, qui a travaillé au Puy du Fou durant une dizaine d’années, revient sur le sort des autruches utilisées dans l’un des spectacles, le Signe du Triomphe :

 

Les autruches arrivent tous les ans, vers le mois de mars. Elles sont livrées, parce que c’est de la livraison qui vient d’un élevage, au Puy du Fou. Et à la fin de la saison, elles partent direction l’abattoir. En fait, ce sont des animaux qu’on fait évoluer devant les visiteurs pendant toute une saison, qui sont destinés à mourir pour la consommation humaine.

 

Des anciens employés du Puy du Fou témoignent des maltraitances qu’ils ont vu ou ont été contraints de commettre envers…

Publiée par Sea Shepherd France sur Mercredi 16 décembre 2020

 

Mais le sort des autruches n’est pas le seul à indigner cet ancien employé. Il dénonce aussi la présence de dromadaires drogués. L’une des femelles, âgée et souffrant d’arthrose, était malgré tout obligée de se coucher pour passer les habits d’apparat. Face aux accusations, le directeur du parc, Nicolas de Villiers a répondu lors d’un droit de réponse, face à Hugo Clément, que la situation des autruches était bel et bien avérée il y a quelques années, mais que la pratique a cessé à partir de 2012. Il reconnaît également l’administration d’un tranquillisant aux dromadaires, afin de calmer les animaux, mais affirme qu’aujourd’hui, cela n’est plus le cas. Affirmation remise en cause par un autre témoin qui explique que le tranquillisant était toujours utilisé en 2017.

 

Un homme, qui a travaillé à la fauverie du Puy du Fou, explique que les tigres récalcitrants étaient poussés à se rendre sur scène grâce à des tirs d’air soft, via des trappes cachées le long de la piste. Nicolas de Villiers réfute aussi ces accusations, en déclarant que tirer sur un félin serait totalement contre-productif.

 

Source : France 3

 

Une cavalière, là aussi employée durant plusieurs années, explique de son côté qu’elle a assisté à des maltraitances sur des chevaux en 2016 et 2017. Elle dit avoir assisté à des scènes de violence : des chevaux frappés au niveau du ventre et de la tête, en coulisses, lors des spectacles, « quand quelque chose s’est vraiment mal passé sur scène, ou quand le cheval n’a pas fait ce qui lui avait été demandé ».

 

Là encore, Nicolas de Villiers ne nie pas la réalité.

 

S’agissant des hommes, oui, ça existe. Il y a des gens qui sont violents, et qui ont un comportement violent avec les animaux, et en particulier, là, en l’espèce, les chevaux. C’est arrivé. Ça, c’est vrai. […] C’est le lot d’un recrutement, où vous faites des erreurs de recrutement.

 

La situation ne se serait plus présentée depuis 2014. Faux, pour l’ancienne cavalière, qui répète qu’elle a assisté à des scènes de violence bien après cette date. Elle a arrêté depuis de monter à cheval, après avoir quitté le Puy du Fou, qui l’a « dégoûtée de l’équitation ». Mais les faits de maltraitance ne s’arrêtent pas aux chevaux ou aux dromadaires. Les bœufs sont frappés à l’aide de badines surmontées d’un clou pour les faire avancer. Cette pratique est défendue par Nicolas de Villiers, qui la qualifie de pratique ancestrale, mais explique que le bâton n’est pas équipé d’une aiguille. Les employés contredisent pourtant le président du Puy du Fou et réitèrent l’existence de ces badines et de bâtons électriques.

 

Source : AFP

 

L’un des quatre employés confie également des actes de cruauté envers des chats, dont il a été témoin. Afin de protéger les lagunes, le Puy du Fou procède à des piégeages de ragondins. Malheureusement, certains chats se retrouvaient eux aussi piégés. Les salariés du parc avaient alors pour ordre d’appeler la fauconnerie. L’homme explique qu’il a fini par comprendre que les fauconniers lâchaient ensuite leurs rapaces sur les félins afin de les entraîner à la chasse, y compris sur des chats avec des colliers. Nicolas de Villiers ne croit pas à cette affirmation, en expliquant qu’un rapace ne pourrait s’attaquer à un chat, mais une autre employée confie qu’elle a déjà entendu des fauconniers se vanter d’une telle pratique.

 

Pour terminer, les salariés interrogés reviennent sur la mauvaise gestion de certains animaux souffrants. L’un des employés explique qu’un des responsables a refusé de lui donner accès à des produits d’euthanasie pour abréger les souffrances d’un mouton : il aurait ensuite dû lui-même s’occuper du problème en étranglant l’animal. Une autre salariée témoigne d’un agneau malade, qui devait être euthanasié, et qui a finalement été placé vivant dans le congélateur, en raison du budget vétérinaire restreint.

 

Si Nicolas de Villiers a accepté une première fois de répondre à ces accusations, il a refusé de donner suite à de nouvelles sollicitations, estimant que les journalistes ne cherchaient qu’à « jeter l’opprobre sur le travail [de l’équipe du Puy du Fou] ».

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