Poulets et porcs brûlés vifs : dans l’enfer des abattoirs anglais. Plus de 4000 infractions majeures en 2 ans

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Une récente enquête menée en août par l'Agence des normes alimentaires (Food Standards Agency) a mis en lumière la survenue de plus de 4000 infractions graves à la loi sur le bien-être animal dans les abattoirs anglais.

 

4445 signalements

L'Agence des normes alimentaires (ANA) a publié l'enquête en vertu de la loi sur le libre accès des documents publics. Les cas rapportés impliquaient des actes de cruauté, de violence et de négligence de la part des routiers, des employés des abattoirs et des fermiers.

 

(Attention : certaines images peuvent choquer)

 

Slaughterhouse-UK-2Source : BIJ

 

4445 infractions à loi sur le bien-être animal tombaient dans la catégorie 4 – c'est-à-dire la catégorie la plus grave – qui implique la soumission des animaux à une souffrance ou détresse pourtant évitables.

 

Des animaux brûlés vifs

L'ANA a notamment mis en avant plusieurs cas très graves de maltraitance. Des poulets et des porcs ont en effet été brûlés vifs dans le but de rendre leur chair plus tendre. Des vaches sont mortes de froid ou étouffées dans les camions qui les transportaient vers les abattoirs. Des signalements ont également fait état d'employés poussant violemment une vache contre un mur ou battant des taureaux avec un bâton, et d'un routier donnant des coups de pied à du bétail.

 

Le quotidien d'un abattoir se ressemble d'un jour à l'autre. Les moutons et les porcs sont très souvent soulevés soulevés dans les airs, jetés et tirés par les oreilles, la queue ou les sabots. Ces pratiques ne sont que quelques exemples d'une souffrance ou d'une détresse non nécessaires et évitables.

 

Slaughterhouse-UK-1Source : BIJ

 

Le matériel défectueux, les pannes dans les chaînes de production ou les procédures non supervisées sont à la source de la souffrance de ces animaux. Les manquements humains ne sont pas non plus en reste : de nombreux témoignages attestent de comportement indignes de la part des employés des abattoirs et des fermiers.

 

Pourtant, beaucoup de cas de cruauté sont encore passés sous silence, d'après des vétérinaires et des contrôleurs sanitaires travaillant pour l'ANA. Selon eux, beaucoup d'infractions à la loi sur le bien-être animal ne sont pas signalées en raison d'un manque de main-d'œuvre ou de conditions de travail intimidantes.

 

Slaughterhouse-UK-4Source : Metro

 

6 infractions par jour

L'ANA a transmis son enquête au Bureau of Investigative Journalism (BIJ), une organisation non gouvernementale spécialisée dans les articles d'investigation. D'après le BIJ, il existe en moyenne et par jour 6 infractions de catégorie 4 au Royaume-Uni. Les journalistes rajoutent  :

 

Sur un total de cinq ans, on a compté 16 370 violations aux réglementations sur le bien-être animal. Parmi elles, 6241 relevaient de la catégorie 4. La grande majorité des infractions les plus sévères ont eu lieu lors du transport des animaux des fermes aux abattoirs.

 

Slaughterhouse-UK-3Source : Metro

 

Neil Parish, président de la commission d'enquête parlementaire sur l'environnement, l'alimentation et les affaires agricoles, a exprimé sa surprise face à de tels résultats :

 

La cruauté animale n'a pas sa place, et ce à n'importe quel stade de production – y compris dans l'abattoir. (…) Il est capital que les autorités sévissent contre les abus de toute sorte et s'assurent qu'il y ait une tolérance zéro pour toute maltraitance animal lors de l'abattage.

 

Slaughterhouse-UK)5Source : BIJ

 

La cruauté et la violence ne sont pas les seules fautes qui méritent mention au sein des abattoirs anglais. Un point commun aux 4000 cas signalés : l'absence d'étourdissement des animaux avant leur abattage. Certains d'entre eux sont même brûlés ou éviscérés vivants. Des centaines d'animaux sont également déjà morts à leur arrivée à l'abattoir, par étouffement, déshydratation, choc ou traumatisme. Certains succombent aux températures glaciales dans les camions.

 

 

Ces fautes n'affectent pas seulement les animaux et peuvent mener à la présence de bactérie dans la viande vendue ensuite aux consommateurs.

 

Plus de 900 millions d'animaux de ferme sont tués chaque année en Angleterre, qui compte 317 abattoirs homologués. Ces établissements sont d'ailleurs gérés par de grandes entreprises qui monopolisent le secteur de la transformation de la viande.

 

La nécessité d'une vidéosurveillance plus poussée

Il est malheureusement difficile de dire si ces signalements ont conduit à des sanctions ou des améliorations au sein des abattoirs. L'ANA a réitéré sa politique de tolérance zéro pour les manquements au bien-être animal.

 

Mais beaucoup d'associations de défense des animaux réclament la prise de mesure concrètes. Elles appellent notamment à la présence systématique de caméras de surveillance dans tous les abattoirs. Isobel Hutchinson, directrice de campagne chez Animal Aid abonde en ce sens :

 

Une protection significative des animaux face à la violence et l'incompétence qui ont été régulièrement mises en lumière, ne peut venir que d'une système de vidéo-surveillance obligatoire et indépendant dans tous les abattoirs. Le gouvernement a fait traîner les choses trop longtemps. Mais ces dernières révélations, avec les découvertes d'une nouvelle enquête indépendante, ne lui laissent pas le choix. Il doit agir au plus vite.

 

Vous pouvez signer vous aussi la pétition d'Animal Aid, exigeant un traitement plus juste des animaux dans les abattoirs.

 

Le Royaume-Uni n'est pas le seul pays à être pointé du doigt. Les conditions d'abattage dans plusieurs abattoirs français ont poussé le gouvernement à prendre des mesures sérieuses, après les révélations de l'association L214, association de défense des animaux et particulièrement engagée dans la lutte contre les pratiques cruels dans les abattoirs. Depuis le début de l'année, L214 a publié pas moins de cinq vidéos illustrant les conditions honteuses d'abattage dans plusieurs abattoirs du territoire français.

 

Le 20 septembre, la commission parlementaire sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie, créée le 22 mars par l'Assemblée nationale, a rendu public son rapport. Celui-ci met en lumière des manques sévères à tous les niveaux : insuffisance des contrôles, absence de transparence, nombreux dysfonctionnements au sein des établissements…

 

Pour lutter contre les dérives, les députés préconisent la présence de caméras dans les quais de déchargement, la zone de stabulation et les postes d'abattage, ainsi que l'augmentation du nombre d'inspections. Depuis très longtemps réclamée par les associations, la vidéosurveillance est un premier pas vers un contrôle plus strict des abattoirs afin de limiter les cas de maltraitance.

 

Vous pouvez vous aussi faire entendre votre voix. Signez la pétition de l'association L214 contre l'abattage sans étourdissement des animaux.

 

Chez Holidog, nous voulons améliorer la vie de nos compagnons : nous vous permettons de le laisser en famille d’accueil pendant vos voyages (testez la garde), de le combler avec une box chaque mois (une box offerte ici) et de lui donner le meilleur avec notre nouveau service de nutrition (découvrez l'alimentation sur-mesure pour votre chien). Merci de nous faire confiance !

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