Poulehouse : une maison de retraite pour poules et des œufs certifiés « sans souffrance animale »

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En France, à l'heure actuelle, 98% de la population consomme des œufs. Sur ces quelques 67 millions de consommateurs, la plupart mange en moyenne 222 œufs chaque année. Si ces chiffres peuvent paraître anodins, ils le sont un peu moins lorsque l'on découvre la face cachée de cette industrie pourtant meurtrière, où la productivité passe avant le bien-être animal.

 

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Des poules utilisées jusqu'à ce qu'elles ne soient plus rentables

 

Ce que la majorité écrasante de la population ignore – environ les 2/3 – c'est que les poules pondeuses sont abattues, ou "envoyées à la réforme", à 18 mois, âge auquel elles commencent à produire moins d’œufs, et à ne plus être aussi intéressantes sur le plan de la productivité.

 

On estime à 100 millions le nombre de poules tuées prématurément chaque année, alors que le procédé de sexage – qui sert à déterminer à la naissance le sexe des poussins – envoie à l'abattoir des milliers de poussins mâles, le plus souvent broyés ou gazés.

 

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Mais des personnes sont parvenues à reconsidérer cet animal trop souvent perçu comme "abruti" ou dénué de conscience. L'intelligence émotionnelle et cognitive des poules étant aujourd'hui avérées, il est temps d'éveiller les consciences et de sensibiliser les populations à leur sort.

 

L’œuf "qui ne tue pas la poule"

 

C'est la promesse de Fabien Sauleman, co-fondateur de Poulehouse, une jeune start-up ambitieuse et dynamique qui valorise un mode de production sans abattage, et sans souffrance animale.

 

poulehouseSource : Fabien Sauleman/Poulehouse

 

Créée en février 2017, par Fabien et son associé Sébastien Neusch, cette entreprise propose de racheter les poules supposées partir à la réforme, afin de les amener dans leur refuge situé dans le Limousin : la Maison des Poules, supervisée par Élodie Pellegrain. Fabien s'est confié au Holidog Times sur ce nouveau mode de production "qui ne tue pas la poule" :

 

En fait c'est un projet qui est arrivé un petit peu par hasard pour moi. A l'époque, j'étais en réflexion sur mon alimentation et sur la façon dont se passe l'élevage de manière générale, et j'étais déjà végétarien, en 2017. J'ai découvert avec une amie qui sauvait des poules de réforme le mécanisme derrière l’œuf. Les poules sont envoyées systématiquement à la réforme. Et ça été un peu une surprise, c'est vrai que je n'avais jamais trop réfléchi à ça. Intuitivement, je pensais que les poules, on s'en occupait toute leur vie, mais j'admets que je n'avais pas vraiment réfléchi au sujet.

 

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Après quelques recherches, force a été de constater qu'aucun autre modèle de production sans abattage n'avait été proposé en France et à l'étranger.

 

J'ai été un peu surpris, j'ai voulu voir s'il y avait une obligation réglementaire ou sanitaire de tuer les poules, mais non, c'est juste l'aspect économique qui fait qu'à un moment donné, quand elles commencent à pondre moins, ce n'est plus rentable de les garder en vie, donc on les envoie à l'abattoir.

 

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Fabien explique qu'au lendemain de la Seconde guerre mondiale, la part du budget des familles consacrée à l'alimentation a peu a peu chuté, et ce au fur et à mesure que s'est développée l'agriculture intensive.

 

Si on est allés vers un mode de production très intensif dans l'élevage depuis des années, c'est parce qu'on a considéré que le consommateur voulait payer toujours moins cher.

 

De consommateur à "consommacteur"

 

Mais selon Fabien, nous sommes à un "moment de bascule", et les consommateurs, de plus en plus conscients des enjeux derrières les modes de productions basés sur la rentabilité, deviennent des "consommacteurs", prêts à renverser la vapeur.

 

Il y a une prise de conscience qu'on est peut être allés trop loin, trop vite, trop fort, et qu'il faut revoir ça. Et c'est le consommateur qui peut faire changer les choses.

 

Chez Poulehouse, on travaille avec des éleveurs de poules BIO, qui s'engagent à ne pas envoyer les animaux à la réforme passé l'âge de 18 mois. La start-up rachète les œufs aux éleveurs à un prix intéressant pour eux. Le prix de l’œuf est ensuite réinvesti dans les poules, qui entament la seconde partie de leur vie dans la Maison des Poules.

 

Poulehouse

 

Le but n'est donc pas de faire des bénéfices, mais de financer la retraite des poules, qui continuent par ailleurs de produire des œufs jusqu'à la fin de leur vie (environ 6 à 10 ans), seulement à "un rythme moins soutenu".

 

"Cette protéine animale, l’œuf, peut être produite sans faire aucun mal aux animaux"

 

L'ambition de Poulehouse, c'est également de créer un label "sans souffrance animale", certifiant que les œufs que nous mangeons n'engendrent pas d'abattage. Sur le long terme, les éleveurs pourraient, à leur tour, créer des espaces dédiés aux poules plus âgées, afin qu'elles continuent de pondre à leur rythme.

 

Ce modèle totalement innovant s'inscrit dans la lignée des associations qui éduquent et sensibilisent les consommateurs au sort et aux conditions de vie des animaux utilisés pour l'élevage. Seulement dans leur cas, cet apprentissage se fait directement dans les rayons.

 

poulehouseSource : Poulehouse

 

Et comme le rappelle Fabien Sauleman : "Cette protéine animale, l’œuf, peut être produite sans faire aucun mal aux animaux". Une philosophie qui a fait ses preuves, puisque l'entreprise a rapidement écoulé ses stocks quelques mois à peine après le lancement de son concept.

 

Vous aussi vous pouvez faire la différence et devenir consommacteur en décidant d'acheter des œufs Poulehouse, et ainsi protéger des milliers de poules destinées à l'abattoir. Ils sont disponibles en Biocoop, chez Carrefour ou encore Monoprix pour la somme de 5,99 euros.

 

Si vous souhaitez devenir acteur de ce projet, vous pouvez également en financer une partie en cliquant ici.

 

Le Holidog Times met avant les projets de I4ANIMAL, le collectif qui rassemble les porteurs de projets qui font progresser le bien-être animal. En savoir plus.

 

La vidéo de présentation de Poulehouse :

 

 

Le Holidog Times met avant les projets de I4ANIMAL, le collectif qui rassemble les porteurs de projets qui font progresser le bien-être animal. En savoir plus.

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