Plusieurs enquêtes ouvertes après la mort de chevaux

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L’affaire des chevaux retrouvés morts l’oreille coupée n’en finit plus de se couvrir de mystère. Alors que deux animaux ont été retrouvés tués en France dans le courant du mois de juin 2020, on apprend aujourd’hui que des affaires similaires ont lieu depuis 2014, comme le rapporte le site d’informations France 3.

 

En Auvergne, le premier cas remonte à l’année 2017, mais à l’époque, les propriétaires de l’animal assassiné ignoraient tout des autres équidés morts dans des circonstances semblables. Stéphane et Sandrine, qui vivent désormais à Moulins, confient :

 

À l’époque, nous habitions Montluçon. On avait un terrain assez éloigné de la route à Hyds, près de Commentry. Notre cheval était dans ce terrain agricole depuis plus de 10 ans et nous allions le voir tous les week-ends. Un jour, nous sommes arrivés sur place, et notre cheval était mort, dans son enclos, à l’entrée du terrain.

 

En s’approchant, ils remarquent une chose étonnante :

 

Il avait l’oreille sectionnée. Ce n’était pas un bout d’oreille mordu et arraché par un animal, c’était vraiment tranché à ras, ça faisait une coupure nette. En plus, tous le crin de sa queue était arraché. Il avait la queue complètement à nu. On a hésité à en parler au maire parce que ça nous a quand même vraiment intrigués, on avait vraiment l’impression que c’était d’origine humaine, mais on ne savait pas quoi faire.

 

Source : Loïc Crampon

 

Avant d’ajouter :

 

On pensait qu’on se faisait des films, que c’était juste le fait d’un animal, alors on a laissé tomber. Je regrette aujourd’hui de ne pas l’avoir signalé avant .

 

Deux autres chevaux ont perdu la vie en Auvergne suite à cette affaire, en 2018, puis en 2019. Face à la multiplication des cas, plusieurs enquêtes ont été ouvertes afin d’établir ou non un lien entre les coupables. Eric Maillau, procureur de la République de Clermont-Ferrand, explique :

 

C’est intrigant parce qu’il y a plusieurs faits sur tout le territoire. Il y en a d’abord un à Usson-en-Forez, dans la Loire en 2014, puis à Cieurac dans le Lot en 2017, ensuite à Berny-en-Santerre dans la Somme, à Quierzy dans l’Aisne, au Girouard en Vendée et à Château-Salins en Moselle cette année, sans compter ceux de chez nous. Les dates et les lieux sont très éloignés les uns des autres, c’est très étrange. Il y a des causes de décès très variées, arme à feu, arrêt cardiaque, il y a de tout. 

 

Source : DR

 

Est-ce le fait du hasard ? Ou des personnes sans lien les unes avec les autres souhaitant simplement reproduire une mise en scène macabre ? Malheureusement, les enquêtes s’annoncent longues et difficiles :

 

Souvent, les propriétaires signalent les faits après que le cheval soit parti à l’équarrissage donc on ne peut pas faire d’investigations sur le mode de découpe des oreilles ou repérer d’éventuels points communs. À ce stade, il est fort possible que certaines de ces affaires soient liées entre elles et d’autres pas du tout. On ne sait pas grand-chose pour l’instant.

 

D’autant que les enquêteurs disposent d’assez peu d’éléments : témoignages des propriétaires ou des vétérinaires, photographies… Eric Maillau assure :

 

Il y a un suivi au niveau national, c’est pris très au sérieux. Les sévices sur les animaux ont une symbolique particulière. Pour l’instant, on pense que certains des cas identifiés sont liés, mais pas tous. Certains pourraient par exemple être expliqués par des petits animaux qui s’attaquent aux parties molles du cheval déjà décédé.

 

Stéphane et Sandrine, de leur côté, peinent encore à comprendre ce qui est arrivé à leur cheval.

 

On a été un peu sonnés quand on a découvert des faits similaires dans la presse. Quand on a su qu’il y avait une enquête, nous nous sommes signalés, comme ça, s’il s’agit de la même personne, les gendarmes pourront retracer son parcours.

 

Ils concluent :

 

On a décidé d’en parler parce qu’Epsos était un animal extra, on l’aimait beaucoup, alors si c’est une personne qui lui a fait ça, il faut la retrouver.

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