One Voice se mobilise pour les renards

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L’association One Voice continue de se mobiliser pour les renards, après avoir dénoncé la chasse dans une enquête en immersion qui dévoilait la cruauté des chasseurs. Aujourd’hui, l’organisation proteste contre l’arrêté pris par la préfecture de Seine-Maritime, autorisant l’abattage de 1430 renards.

 

Cet arrêté a été pris en raison de la hausse de la population de renards, espèce considérée comme nuisible et pouvant provoquer des dégâts parmi les exploitations agricoles. Mais pour One Voice, cet argumentaire ne tient pas, car ce nombre se base sur le nombre de renards piégés, et non pas sur les déclarations de dégâts.

 

Les renards pourraient fort bien être en déclin à cause de la multiplication de ces pièges ! De toute façon, ils régulent leur population en fonction de leur environnement.

 

Source : Pixabay

 

Le renard est un prédateur naturel de la perdrix, et alors même que les chasseurs dénoncent l’absence de prédateurs naturels de certaines espèces pour justifier leurs activités, dans le cas du renard, cette situation ne semble pas les incommoder plus que de raison. Sans doute parce qu’eux-mêmes pratiquent la chasse à la perdrix.

 

On se trouve donc face à un cas de concurrence si insupportable pour les chasseurs qu’ils s’octroient le droit d’éradiquer les renards, en position de boucs émissaires. Pour la logique, on repassera. C’est le serpent qui se mord la queue.

 

Autre argument avancé par le préfet : le risque de maladie. Il souhaite que certains animaux soient abattus pour limiter les risques de transmission, mais une enquête de l’Office National de la Biodiversité montre que réduire les populations de renards favoriserait au contrait la propagation des maladies. Enfin, les autorités veulent protéger les élevages de poules.  One Voice dénonce :

 

Cet argument apparaît totalement irrecevable puisque ces élevages sont nécessairement clos et que les éleveurs doivent prendre les précautions qui s’imposent pour empêcher tout contact avec la faune sauvage. D’autres mesures de protection (grillage, clôture électrique) existent et elles sont plus efficaces. D’ailleurs, les enquêtes faites à ce sujet montrent que les dégâts causés aux élevages ne sont pas liés au nombre de renards, mais à la taille et à l’organisation de l’élevage.

 

Source : Pixabay

 

Par ailleurs, une consultation citoyenne avait été organisée concernant cet arrêté, et la grande majorité de la population s’était prononcée contre. Le préfet a préféré passer outre, invoquant le risque « d’impact négatif  » des renards sur l’environnement.

 

Une audience avait lieu le 19 août au tribunal administratif de Rouen, pour tenter de faire invalider cet arrêté. Malheureusement, le jugement a confirmé l’arrêté : l’abattage aura bien lieu, malgré la mobilisation de One Voice. Virgile Delatre, porte-parole de l’association, n’a pas caché sa colère et sa déception :

 

Le tribunal a estimé que la situation présentait un ‘défaut d’urgence’, car il a jugé que la population de renards est bien en train de croître. En même temps que le référé de suspension, qui a donc été rejeté, nous avons déposé un recours au fond. Cela peut mener à une annulation, mais à Rouen, les délais pour le rendu de décision sont estimés à un an.

 

Elle assure cependant :

 

L’annulation a un intérêt pour les prochains arrêtés de ce type qui seront pris. Si nous avons déjà perdu dans des cas de référés de suspension, nous gagnons très fréquemment en ce qui concerne les recours au fond.

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