Nouvelle enquête choc sur les chevaux d’abattage en Amérique latine

viande chevaline argentine
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(Attention. Certaines images sont difficiles)

 

Récemment, l'association de défense animale belge GAIA (Groupe d'Action dans l'Intérêt des Animaux), a relayé une enquête réalisée en Argentine et en Uruguay sur la souffrance des chevaux destinés à l'abattage. Ces images dévoilent notamment des conditions de vie alarmantes, une absence de soins et des réglementations avec l'Union Européenne non respectées.

 

viande chevaline argentineCapture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

Depuis 2009, GAIA réalise ou relaye des enquêtes sur le trafic des chevaux d'abattage en Amérique latine. La viande chevaline produite dans ces pays est importée puis revendue en Union Européenne, et notamment en Belgique. L'enquête relayée aujourd'hui a été réalisée en 2017 par l'association Suisse TSB (Tierschutsbund Zürich).

 

Des images choquantes qui parlent d'elles-mêmes

 

Les images de la vidéo ont été tournées dans différents abattoirs d'Argentine et d'Uruguay, tous agréés par l'Union Européenne.

 

Pour commencer, l'enquête nous conduit à Lamar, le plus grand abattoir de chevaux d'Argentine. Là-bas, on observe sans grande difficulté que les chevaux, détenus en grand nombre, semblent nerveux et agités. La proximité entre les animaux ne fait qu'augmenter leur niveau de stress. En effet, la surpopulation conduit à des comportements agressifs.

 

viande chevaline argentine Capture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

Les chevaux ne disposent pas d'abris pour se protéger des conditions météorologiques (fortes pluies, grosses chaleurs), et ils sont entassés dans des enclos trop petits.

 

De plus, les employés observés sur les lieux semblent clairement incompétents, voire négligents. On remarque par ailleurs que l'un d'entre eux pousse la tête d'un cheval à terre à l'intérieur de l'enclos, alors qu'il aurait dû être euthanasié d'urgence étant donné son état de santé. La voix-off de la vidéo commente d'ailleurs :

 

C'est un florilège de jambes brisées, infectées, d'articulations enflammées, de sabots non entretenus.

 

viande chevaline argentineCapture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

Le 20 novembre 2017, les enquêteurs ont observé une jument blessée à la jambe. Venus le lendemain pour vérifier l'état de santé de l'animal, ils ont constaté que celui-ci agonisait au sol. Vingt minutes plus tard à peine, la jument était morte. Afin de le vérifier, un employé s'approche d'elle et la touche avec un bâton avant de la pousser avec le pied. Le cadavre sera ramassé par un tracteur quelques minutes plus tard.

 

viande chevaline argentineCapture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

Chez General Pico, autre abattoir argentin, et chez Sarel et Clay (plus grand abattoir du pays) en Uruguay, les conditions sont les mêmes. Les chevaux présentent un pelage terne, "en piteux état", ce qui témoigne de leur piètre état de santé : "les chevaux sont laissés à leur sort, sans protection contre le soleil".

 

Des conditions d'abattage dignes d'amateurs

 

Chez Lamar, les chevaux sont amenés à l'abattoir par des employés négligents, qui ne semblent pas avoir été formés, contrairement à ce que prévoient les mesures d'importation européennes.

 

On observe que l'un d'entre eux referme une trappe métallique sur le dos d'un cheval, tandis qu'un autre frappent les chevaux à la tête pour les amener jusqu'à la ligne d'abattage. Les chevaux sont nerveux et obéissent d'autant moins. Cette méthode est donc inefficace et constitue une véritable torture pour les chevaux.

 

viande chevaline argentineCapture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

Les importateurs européens certifient pourtant que les employés sont qualifiés et ont reçu une formation. Mais force est de constater que ces images en disent autrement.

 

"Transportés sans pitié sur des milliers de kilomètres direction l'abattoir"

 

Mais le calvaire de ces animaux ne commence pas aux portes de l'abattoir. Si bien souvent ils ont vécu une vie remplie de stress en étant utilisés pour toutes sortes d'activité, notamment le rodéo ou les courses, leur cauchemar continue avec le transport.

 

viande chevaline argentineCapture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

L'enquête indique qu'en Amérique latine, les chevaux sont transportés dans les mêmes camions que ceux utilisés pour les bovins, autrement dit des véhicules totalement inadaptées. En conséquences, les chevaux se blessent, et n'obtiennent pas de soins dans la majorité des cas.

 

Une traçabilité "inexistante"

 

Mais outre ces mauvais traitements, les différentes associations de protection animale comme GAIA recensent également une absence de traçabilité dans une majorité écrasante des cas. Cet acte frauduleux est notamment un facteur de risque pour la santé publique.

 

Dans la vidéo, on observe que les chevaux sont identifiés (à l'aide d'une boucle à l'oreille) quelques minutes à peine avant la phase d'abattage, alors qu'ils auraient dû l'être dès leur arrivée au centre de rassemblement.

 

De ce fait, l'Union Européenne ne connaît pas l'origine des chevaux, et donc de la viande consommée. Cette "identification de dernière minute" constitue une fraude.

 

viande chevaline argentineCapture écran de la vidéo/enquête de TSB réalisée en 2017 – Source : GAIA

 

Les associations comme GAIA et TSB travaillent dur pour mettre en lumière les cas de maltraitance et autres abus dont font preuve les animaux. La viande chevaline fait l'objet de nombreuses polémiques en raison des conditions déplorables de transport, et des conditions de vie et d'abattage des animaux.

 

Les grandes enseignes de vente exercent souvent des pressions contre elles afin d'endiguer des situations polémiques, telles que le traitement accordé aux chevaux d'abattage.

 

GAIA a notamment fait l'objet de poursuites judiciaires de la part de la boucherie Renmans, accusée d'être impliquée dans la maltraitance de chevaux argentins.

 

La vidéo :

 

 

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