Mort du sanglier Hercule : l’affaire d’abord classée sans suite

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En décembre 2019, un sanglier apprivoisé du nom de Hercule a été abattu par des chasseurs braconnant sur un terrain privé à Liverdy-en-Brie. La vidéo, diffusée par le journaliste Hugo Clément à la fin du mois de février 2021, montre l’animal trottiner près des chasseurs et chercher de l’attention. Avant que l’un d’entre eux ne l’abatte à bout portant.

 

Alain Martin, le propriétaire du terrain, avait recueilli Hercule alors que celui-ci n’avait que dix mois, et l’avait nourri. Depuis, le sanglier était totalement domestiqué. Malheureusement, la plainte d’Alain Martin a été finalement classée sans suite, comme le rapporte le journal Le Parisien. Le chasseur responsable, entendu par les gendarmes, a, de son côté, reconnu les faits. Le parquet de Melun a tenu à justifier sa décision :

 

L’infraction de mise en danger de la vie d’autrui n’était pas suffisamment établie au regard des circonstances et des distances du tir. L’auteur du coup de feu a expliqué avoir tiré de peur d’être blessé par le sanglier sans qu’il y ait d’autres chasseurs dans la zone de tir selon ses souvenirs. Le propriétaire n’était pas victime dans ce dossier car il s’agit d’un animal sauvage.

 

 

La procureure de Melun, Béatrice Angelelli, a assuré qu’aucune enquête ne serait rouverte. Pourtant, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a demandé une enquête auprès de l’Office français de la Biodiversité. Pour Alain Martin, c’est l’incompréhension et l’indignation :

 

La justice est passée à côté. Ils n’ont pas regardé la vidéo que les gendarmes avaient jointe au dossier. En voyant les images, ils auraient constaté qu’on est loin du danger prétendu que pouvait représenter Hercule. Il marchait au pied des chasseurs, sentait leurs chaussures. L’argument du tireur ne tient pas. En plus, il y avait un risque que la balle ricoche car les autres chasseurs étaient juste à côté ! On les voit !

 

Il précise :

 

Un sanglier ne voit pas bien. Alors il sent. C’est pourquoi il s’approche des chasseurs les uns après les autres, sans agressivité. Il donne des petits coups de groin. Il les sent car il me cherche.

 

Pour Alain Martin, qui précise d’ailleurs qu’il n’est pas anti-chasse, le geste est d’une cruauté et d’une lâcheté absolues. Un avis partagé par plus de 100 000 personnes, qui ont signé une pétition pour que justice soit rendue à Hercule. Le propriétaire du sanglier pointe également du doigt la fédération de chasse.

 

La fédération départementale de la chasse serait sortie la tête haute de ce dossier en déposant plainte contre l’auteur et en demandant une sanction exemplaire contre ce genre de personne dont le comportement abject salit les chasseurs. 

 

 

Benoit Chevron, président de la Fédération de chasse de Seine-et-Marne, a cependant précisé :

 

On aurait aimé que le tireur soit sanctionné et condamné par la justice. Maintenant, selon notre avocate, on ne peut plus déposer plainte une fois l’affaire classée. Les chasseurs présents ce jour-là ont averti le président de leur société qui a expulsé définitivement la personne. Mais j’ignore si le permis de chasse lui est retiré à vie. La peur n’est pas une excuse. Un chasseur porteur d’une arme doit garder son sang-froid.

 

Pour lui, Alain Martin n’est cependant pas totalement innocent, car en détenant un sanglier chez lui, il était hors-la-loi. En effet, la détention d’un animal sauvage, même domestiqué, n’est pas autorisée. Ce qui ne justifie en rien le traitement honteux subi par Hercule.

 

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