Mort de Morgan Keane : une de ses amies dénonce la chasse

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Morgan Keane, 25 ans, est mort sous les balles d’un chasseur. Le jeune homme se trouvait dans son jardin, en train de couper du bois, lorsqu’il a été atteint, à Calvignac, dans le Lot. Aujourd’hui,  ses proches se révoltent contre la pratique qui lui a coûté la vie, et une de ses amis, Léa Jaillard, à décider de prendre la plume dans le journal Libération pour dénoncer la chasse.

 

Léa Jaillard écrit :

 

On aimerait pouvoir se battre avec tes armes, Morgan. Ta douceur, ton indulgence, ta bienveillance, ton amour. Mais ils ne parlent pas ton langage. Ils nous parlent de tradition, de régulation, de ruralité, d’accident, de nécessité, de propriété, de 4×4, de gros calibres, de statistiques. Des mots qui ne veulent rien dire, mais qu’ils pensent irréfutables, parce qu’ils ressemblent à ceux qu’utilisent nos gouvernants ; un langage froid, sans visage, le langage de la brutalité, du profit, des intérêts, de l’indifférence.

 

Source : DR

 

Après le décès du jeune homme, le fédération de chasse a annoncé des mesures pour renforcer la sécurité, mais les armes à feu, peu importe qui les manipule, resteront toujours dangereuses. La jeune femme poursuit :

 

Un chasseur m’a dit un jour que de toute façon, on pouvait mourir n’importe où, n’importe quand, en traversant la rue, au volant de sa voiture… Comme si c’était normal. Mais on en a marre d’accepter vos excuses. Plus que jamais aujourd’hui, elles sonnent faux et on meurt d’envie de vous les jeter à la figure. Non, ce n’est pas «normal» de mourir à 25 ans d’une balle dans la poitrine en coupant du bois devant chez soi.

 

Cet accident a profondément marqué le département du Lot, mais a également eu un retentissement national. La grogne contre la chasse est de plus en plus forte. Adeline Quirico, militante anti-chasse originaire de Nantes, a lancé une pétition, qui a déjà recueilli plus de 45 000 signatures, à la suite de ce drame. Léa conclut :

 

On va encore crier ton nom longtemps, Morgan. Tu ne deviendras jamais un chiffre sans nom. […] Et si un jour on arrive à rendre ce monde un peu plus tendre et un peu plus beau, si on arrive à faire reculer l’injustice et la barbarie, c’est toi qui nous en auras donné la force.

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