Loire-Atlantique : vol de moutons en hausse

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Le confinement que vit la France depuis le 17 mars 2020 n’a pas freiné les vols de moutons, notamment en Loire-Atlantique. La situation est telle que les éleveurs ont envoyé une lettre ouverte à Christophe Casteaner, ministre de l’Intérieur, et Nicole Belloubet, ministre de la Justice, pour trouver des solutions, comme le rapporte le site d’informations 20 Minutes.

 

Vivien Mahé, éleveur à Ancenis  et membre du « collectif des éleveurs pillés », est revenu dans les colonnes du magazine sur le drame qui se joue désormais depuis plusieurs semaines. Depuis le début du mois d’avril, on estime en effet que 250 moutons ont été dérobés en Loire-Atlantique. Un chiffre bien plus élevé que la moyenne en temps normal, hors confinement. Viven Mahé s’insurge :

 

En temps normal, il y a peut-être cinq vols par mois, en ce moment c’est quasiment tous les jours ! D’après la gendarmerie, on est même montés à sept faits en une nuit, la semaine dernière. […] Si ça continue à cette vitesse-là, on va se faire piller toutes nos bêtes. Résultat, ce sont des élevages ovins entiers qui vont disparaître.

 

Source : Pixabay

 

Qui sont les responsables ? Selon l’éleveur, il ne peut s’agir que de personnes organisées, qui s’y connaissent et qui ciblent les animaux assez gros pour être mangés. Ces vols ont hélas un coût pour les éleveurs. En un mois et demi, Vivien Mahé a perdu 23 animaux. Montant du préjudice : 7000 euros. Face à cette situation, les éleveurs ont donc décidé de s’organiser.

 

On essaye de faire des rondes, nos nuits sont courtes, c’est un stress quotidien. Le matin, on se réveille avec cette question « est-ce que tout le monde sera bien là ? » Moi je suis tout seul sur mon exploitation, j’ai beaucoup de travail donc je ne peux pas passer mon temps à surveiller… Heureusement, on a réussi à mobiliser la gendarmerie autour de nous, mais leur présence n’évite pas les vols. 

 

Certains éleveurs ont posé des caméras de vidéo-surveillance dans leur exploitation, mais elles n’empêchent hélas pas les vols. Si pour le moment, il n’existe aucune preuve, Viven Mahé explique :

 

Samedi dernier, pourtant, lors d’une perquisition sur un camp de Roms près de Nantes, les gendarmes ont découvert des peaux et des têtes de moutons dans un container. Pour marquer le coup on est venus à une quinzaine d’éleveurs, et on a constaté tout ça sur place… Il y a aussi récemment eu une bonne avancée pour nous, avec l’arrestation et le jugement d’une personne. On pense malheureusement que ça ne servira pas à grand-chose, car le voleur a été relâché avec de la prison avec sursis, ça ne le dissuadera pas de revenir. 

 

Source : Pixabay

 

Pour faire face, les éleveurs souhaiteraient que l’État s’engage à les aider. Vivien Mahé conclut :

 

Il existe un dispositif d’aides pour les éleveurs concernés par des pertes occasionnées par les loups, on ne comprend pas pourquoi nous, on n’aurait pas droit à un soutien de ce type. Il faudrait aussi pouvoir davantage sécuriser les exploitations, pourquoi pas avec le financement de moyens de sécurité privé, organisée par secteurs. Si on n’arrive pas à retrouver les voleurs, essayons au moins de les dissuader d’agir.

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