L’homme qui a battu son chien à mort avec une batte de baseball vient d’écoper de 5 ans de prison

ADVERTISING

En juin 2014, un chien mourant a été découvert au domicile de Jamari Jackson, un homme originaire de Prairieville, en Louisiane (États-Unis), comme le rapporte le site The Advocate.

 

jamari-proces-prison-2Source : The Advocate

 

Jamari a d'abord prétendu que son chien s'était empêtré dans des barbelés, mais le rapport d'expertise vétérinaire et la déclaration d'un témoin ne laissait aucun doute : l'homme avait battu son chien avec une batte, retrouvée chez lui. Selon les experts, le chien souffrait de multiples traumatismes au niveau du cerveau, traumatismes qui ont entraîné sa mort.

 

La compagne de Jamari, Sammi Jo Corley, avait elle aussi été arrêtée, accusée d'avoir participé à la mise à mort de l'animal en l'empêchant de fuir. Les charges ont finalement abandonnées, et seul Jamari a comparu à la barre.

 

Le juge en charge du procès, Jason Verdigets, pris entre les demandes des défenseurs des animaux et les proches de Jamari, a précisé que la vengeance ne faisait pas avancer la justice, mais que ce cas tragique, en faisant jurisprudence, pouvait faire changer les lois.

 

Les associations demandaient en effet une sentence de 10 ans de prison, la peine la plus lourd, arguant que nombreux cas similaires ont montré que les accusés écopaient de prison ferme ou que la maltraitance animale n'était pas prise en compte de manière individuelle, mais ajoutée à un autre délit.

 

Jamari n'a cependant été condamné qu'à cinq ans de prison. D'après le juge Verdigets, l'homme n'avait pas l'intention de tuer son chien en le frappant avec une batte ; il a donc été condamné pour faits de négligence envers son animal. Si la peine prononcée n'était pas celle demandée, les associations se sont dit satisfaites du verdict.

 

Ce jugement reste un jugement en demi-teinte, mais pourrait faire jurisprudence par la suite, et permettre d'infliger des peines de prison plus lourdes à ceux ou celles se rendant coupables d'actes de cruauté sur un animal.

 

En France, tout individu coupable d'un acte de cruauté ou de maltraitance sur un animal encourt une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 35 000 euros d'amende. Le Code rural intervient lui aussi en condamnant à une amende de 750 euros toute personne refusant de nourrir ou prendre soin d'un animal, domestiqué ou non.

 

jamari-proces-prison-1Source : Libération

 

La loi française reste donc encore bien clémente. Pour rappel, jusqu'en 2014, l'animal, dans sa définition générale, était considéré comme un meuble, sur la base du concept d'animal-machine élaboré par René Descartes et repris au XIXe siècle par les juristes. Ce statut particulier de l'animal en faisait donc une propriété, au même titre qu'une maison.

 

Le 15 avril 2015, l'article du Code civil relatif au statut des animaux a été révisé et la mention de bien meuble a été modifiée. Les animaux deviennent ainsi des "êtres vivants, doués de sensibilité". Dans les faits, cela ne change guère de choses : ils restent en effet soumis au régime des biens et ne deviennent pas des personnalités juridiques.
Maintenir les animaux dans un régime de propriété permet de continuer à entretenir les pratiques commerciales impliquant des animaux et dont la société ne peut – et ne veut – guère se passer.

 

Via : The Advocate

ADVERTISING