Le gouvernement face au lobby de la chasse à courre

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Depuis le début de son mandat, le président Emmanuel Macron n’a pas caché son rapprochement avec les chasseurs, à qui il a offert plusieurs « cadeaux », comme la baisse du coût du permis. Il leur a aussi régulièrement assuré de son soutien, dans l’espoir de gagner cet électorat qui penche de plus en plus à droite.

 

Mais l’une des pratiques de chasse cristallise encore plus les tensions que les autres : la chasse à courre, comme l’explique le site France Inter. Pratiquée par environ 10 000 personnes en France, elle jouit d’une très mauvaise réputation auprès de la grande majorité des Français, qui y voient une pratique dépassée et barbare d’un autre temps. Les incidents de chasse à courre font par ailleurs régulièrement la une des journaux et alimentent cette hostilité grandissante.

 

Source : DR

 

Quelques jours plus tôt, un cerf, traqué par des chasseurs, s’était réfugié dans le centre de Compiègne. L’animal, finalement sauvé, est cependant devenu l’un des nouveaux symboles de la lutte contre cette chasse, alors même que le bien-être animal s’invite de plus en plus en politique, mais aussi dans la conscience des Français, dont il est l’une des grandes préoccupations.

 

Face à cette émergence, le gouvernement se retrouve dans une position délicate, pris entre deux feux. D’autant que le Référendum d’Initiative Partagée, lancé en juin 2020, continue de gagner des voix. Ce référendum, qui ne sera examiné que s’il remplit certains critères (signatures de 185 députés et approbation de plus de 4 millions de citoyens) demande une grande réforme du bien-être animal, dans plusieurs domaines. Parmi eux, la chasse, et notamment la chasse à courre, dont il exige l’interdiction pure et simple. Ce qui n’a d’ailleurs pas manqué de déclencher l’ire de Willy Schraen, le président de la Fédération Nationale des Chasseurs, qui n’y voit qu’une proposition partisane et à charge contre la chasse.

 

Source : Pixabay

 

À l’heure actuelle, le référendum ne dispose de la signature que de 139 députés. Le 8 octobre 2020, Cédric Villani, ancien membre de LREM, défendra une partie des demandes dans une proposition de loi. Mais le consensus est difficile au sein du parti du président, car il abrite de fervents défenseurs de la chasse autant qu’il accueille de farouches partisans d’une amélioration de la condition animale.

 

Les autres politiques ont eux aussi bien compris l’importance de la question. Marine Le Pen, qui sera, sauf indication contraire, la candidate du Rassemblement National pour l’élection de 2022, a déjà annoncé qu’elle ferait de la protection des animaux un sujet primordial de sa campagne, sans pour autant se prononcer contre la chasse. Elle a demandé la tenue d’un débat national, incluant également les chasseurs.

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