La vidéosurveillance dans les abattoirs n’a finalement pas été votée au Conseil des ministres

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Mercredi 21 janvier, à l’issue des Etats généraux de l’alimentation, le projet de loi sur l’Agriculture a été présenté en Conseil des ministres. Seulement une mesure instaurant l’obligation d’installer des caméras dans les abattoirs manquait au texte. Les associations de défense des animaux parlent d’un véritable retour en arrière.

 

Un « oubli » qui n’est pas passé inaperçu

 

Le projet de loi, porté par le député PS Olivier Falorni, comportait un volet sur les dispositions à mettre en oeuvre dans les abattoirs, parmi lesquelles l’installation obligatoire de caméras de vidéosurveillance. Il était d’ailleurs inscrit dans la lignée de la loi « relative au respect de l’animal en abattoirs », votée en janvier 2017 devant l’Assemblée nationale en première lecture.

 

Stéphane Travert, Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, s’est exprimé à propos de ce retrait, en précisant qu’il préférait « avoir des vétérinaires et des personnels sur le terrain plutôt que derrière des écrans », rapporte LCI. Le projet de loi modifié prévoit cependant la création d’un délit de maltraitance des animaux dans les abattoirs, précise le Ministre.

 

Face à cet « oubli », la présidente de la Fondation 30 Millions d’amis, Reha Hutin, a manifesté son indignation :

 

Cette loi a été expurgée de l’essentiel. C’est dramatique ! C’est un énorme bond en arrière du ministre de l’Agriculture. […] Et sans caméra, comment voulez-vous qu’on apporte la preuve, qu’on sache ce qu’il se passe derrière les murs ?

 

Une véritable valeur ajoutée

 

En effet, l’écrasante majorité des affaires de maltraitances portées devant des tribunaux ont été rendues possibles grâce à des vidéos dévoilées par des associations.

 

La plus prolifique et engagée de toute étant sans doute L214, donc les contenus souvent « choc » permettent d’éveiller les consciences à l’égard de la cause animale, et de se porter témoin de cas de maltraitances. Ce support matériel est donc un élément primordial à l’ouverture de ces procès.

 

Sébastien Arsac, co-fondateur de L214, s’est lui aussi exprimé à ce sujet :

 

Il s’agit de caméras sur certains postes, précis, sensibles, comme celui où les animaux sont amenés, celui d’étourdissement, celui de contention, où l’on vérifie qu’il n’y a pas de reprise de conscience. Ils sont normalement sous l’œil des services continus des vétérinaires.

 

Il s’agit avant tout de veiller à la sécurité et au respect des animaux présents dans les abattoirs.

 

De plus, Pierre Pauchet, vice-président de l’AFAAD (Association en faveur de l’abattage des animaux dans la dignité), rappelle qu’il ne faut pas opposer formation et vidéosurveillance, mais au contraire, les envisager comme deux mesures complémentaires.

 

La « transparence » au service des éleveurs

 

Par ailleurs, le militant de L214 évoque le fait que la mise en place de ces systèmes de vidéosurveillance est également dans l’intérêt des producteurs de viande, car elle implique une transparence totale à l’égard de ce qui se passe dans les abattoirs :

 

On aurait tout intérêt à montrer qu’il n’y a plus d’opacité. […] Il y a une évolution sur les modes de consommation. Au Royaume-Uni par exemple, les caméras sont obligatoires.

 

En effet, si à l’heure actuelle les consommateurs sont de plus en plus méfiants envers les producteurs de viande, c’est à cause de scandales récurrents mettant en scène la violence animale. Avec la mise en place de dispositifs de surveillance, cette « transparence » permettrait de rassurer les consommateurs.

 

Pour l’heure, Olivier Falorni a déclaré vouloir déposer un amendement à ce projet de loi, reprenant les termes prévus par le projet de loi adopté en première lecture.

 

En France, l’article 512-1 du Code pénal prévoit une peine maximale de deux ans de prison accompagnés de 30 000 euros d’amende pour les tortionnaires d’animaux. Une peine insuffisante au regard des sanctions réservées à d’autres délits.

 

La Fondation 30 Millions d’Amis a lancé une pétition pour demander que l’article 512-1 du Code pénal soit révisé et que les sanctions soient aggravées. Pour la signer, cliquez ici.

 

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