La pêche industrielle exploiterait plus de la moitié des océans selon une récente étude

pêche industrielle étude
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Le 23 février, Science a publié une étude alarmante sur la pêche industrielle. Grâce à des données satellites, des chercheurs sont parvenus à déterminer que celle-ci exploitait à l'heure actuelle plus de la moitié de la superficie des océans. Ils appellent à un système de pêche durable afin de protéger la faune marine.

 

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Les océans passés au crible

 

Des chercheurs de différentes ONG (Global Fishing Watch, National Geographic Society, Sky Truth), d'universités (Californie, Stanford, Dalhousie), ainsi que Google, sont parvenus à répertorier des données satellites sur une carte et ont permis de révéler que les navires de pêche opéraient sur 200 millions de km², soit quatre fois plus que la superficie utilisée pour l'agriculture.

 

Cette étude d'une rare précision fournit une carte interactive et accessible au grand public de l'empreinte mondiale de la pêche, rapporte Le Monde. Grâce au travail de ces chercheurs, il est à présent possible de connaître l'identité des bateaux de pêche, leur position, leur vitesse, ainsi que leur angle de rotation.

 

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Au total, ce sont près de 70 000 navires commerciaux qui ont été identifiés. On peut dorénavant savoir si ces navires sont destinés à la pêche ou à la navigation, et le type de pêche qu'ils pratiquent. L'algorithme conçu pour récolter ces données ne permet toutefois pas de connaître le nombre de poissons pêchés. Les auteurs de l'étude ont par ailleurs précisé :

 

Mais ces données ne tiennent pas compte des régions où la couverture par satellite est mauvaise ou des zones économiques exclusives [ZEE] présentant un faible pourcentage de navires qui utilisent un système d’identification automatique.

 

Des chiffres qui "donnent le tournis"

 

L'étendue de la pêche industrielle serait donc plutôt de l'ordre de 73%  des océans. Des chiffres qui "donnent le tournis", commente Le Monde.

 

En 2016, on répertorie environ 40 millions d'heures de pêche, 19 milliards de kWh d'énergie consommés et 460 millions de kilomètres parcourus, soit 600 fois l'aller-retour Terre-Lune.

 

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Selon l'étude, les zones les plus concernées par ces chiffres seraient l'Atlantique nord-est (Europe) et le Pacifique nord-ouest (Chine, Japon, Russie).

 

Des ressources naturelles surexploitées

 

D'après un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et la culture, 31% des stocks de poissons seraient surexploités à l'heure actuelle. En d'autres termes, nous pêchons les poissons plus vite qu'ils ne peuvent se reproduire. Un phénomène trois fois plus important qu'il y a quarante ans. Les auteurs de ce rapport précisent :

 

L’empreinte mondiale de la pêche est beaucoup plus importante que les autres sources de production de nourriture alors que les pêcheries ne fournissent que 1,2 % des calories consommées par les humains, soit 34 kcal par habitant et par jour.

 

Les chercheurs appellent d'urgence à une gestion durable de la pêche. Selon David Kroodsma, auteur principal de l’étude et directeur des recherches et du développement au Global Fishing Watch, la transparence vis-à-vis des données relatives à la pêche industrielle pourrait permettre d'une part, de lever le voile sur cette situation alarmante, et d'autre part, d'inciter à une gestion durable et responsable de la pêche.

 

Pour rappel, il y a quelques mois, le Parlement européen a voté l'interdiction de la pêche électrique, une méthode dévastatrice pour les fonds marins. Car si la "surpêche" est alarmante pour les espèces de poissons consommées par l'Homme, elle est également responsable de la mort de nombreuses espèces d'animaux marins menacés d'extinction.

 

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