Au début du mois d'avril, le gouvernement de Donald Trump a annoncé qu'il procéderait à des changements importants de la loi visant à protéger les oiseaux mise en place en 1918. Désormais, les personnes et les entreprises ne seront plus visées par la loi s'ils sont responsables de la mort d'oiseaux.

 

Le 11 avril, le Ministère de l'Intérieur a annoncé que "la mort des oiseaux provoquée par une activité n'est pas répréhensible selon le Migratory Bird Treaty Act – une loi sur les oiseaux migratoires – dans la mesure où cette activité ne vise pas la chasse des oiseaux".

 

Cette loi ne sera plus applicable, même dans le cas d'événements désastreux tels que la marée noire du Deepwater Horizon, ayant causé la mort de millions d'oiseaux.

 

 Source: AP Photo/Gerald Herbert

 

La loi avait été votée en 1918 après la disparition de plusieurs espèces d'oiseaux répandues. Cent ans plus tard, la Société nationale Audubon (ou National Audubon Society) – une organisation environnementale américaine qui a pour but la conservation de l’environnement – a ironiquement baptisé 2018 l'année des oiseaux.

 

Les changements apportés au texte de loi anéantissent des décennies d'actions menées par les Républicains et les Démocrates dans le but de protéger les animaux qui parcourent le globe. La loi protège aussi bien les aigles que les Bécasseau maubèche, ou encore les Bernache du Canada et les vautours.

 

Et ce sont les compagnies pétrolières qui bénéficieront le plus de ces changements, dans la mesure où elles sont déjà responsables de 90% des décès d'oiseaux occasionnés. Les sites de recyclage des déchets pétroliers sont également responsables d'un nombre important de décès d'oiseaux. Chaque année, 500 000 à 1 millions d'oiseaux finissent dans les puits que les compagnies ne recouvrent pas.

 

Selon le Washington Post, d'anciens membres du gouvernement ont adressé une lettre à Ryan Zinke, Ministre de l'Intérieur, indiquant :

 

Cette loi fut parmi les premières lois sur l'environnement jamais votées aux Etats-Unis, et elle permettait à notre pays et à notre continent de participer au mouvement de préservation de nos ressources naturelles. Son but est de protéger les oiseaux migratoires, et vous êtes dans l'obligation de la renforcer. C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir suspendre cette mesure mal-conçue, et de réunir un groupe bipartite d'experts afin d'envisager un consensus et de trouver une mesure appropriée.

 

Malheureusement, cette requête n'a pas abouti.

 

Une activité entraînant la mort d'un oiseau est certes illégale, mais cela ne signifie pas pour autant que la loi pourra s'appliquer. Par exemple, si un homme utilise des pesticides interdits pour tuer un oiseau, la loi s'applique.

 

"Toutefois, si le propriétaire terrien a utilisé des pesticides pour tuer autre chose qu'un oiseau, cela ne constitue pas un délit, même si l'oiseau meurt, car le but premier de l'acte n'était pas de tuer un oiseau".

 

Source : Associated Press

 

Sarah Greenberger, vice-présidente de la Audubon Society, a déclaré :

 

La MBTA représente 100 ans de lutte pour la préservation des animaux. C'était l'une des premières lois que nous ayons votée et appliquée en tant que nation. Et aujourd'hui, 100 ans plus tard, revenir sur nos pas et entamer un nouveau siècle de cette manière, ce n'est pas compatible avec la majorité des américains qui se soucient des oiseaux et de la faune sauvage.

 

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