L214 dénonce un élevage de perdrix

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L’association L214 a à nouveau diffusé le mercredi 23 septembre 2020 une vidéo dénonçant l’existence d’un élevage de perdrix et de faisans situé à Missé, dans les Deux-Sèvres, comme le rapporte le journal 20 Minutes.

 

L’organisation de défense des animaux n’a pas choisi cet élevage au hasard, d’abord parce qu’il appartient à un des géants du secteur, Gibovendée, mais également en raison de la nature même de l’établissement : l’élevage des Deux-Sèvres produit en effet des animaux destinés non pas à la consommation, mais à la chasse. L214 l’a ainsi désigné comme une « usine de chair à fusil ».

 

 

L’association a travaillé en collaboration avec le naturaliste Pierre Rigaux, souvent cible de menaces de chasseurs. Ils veulent ainsi dénoncer les conditions déplorables d’élevage. Les images, tournées en vue aérienne, montrent des milliers de cages alignées les unes à côté des autres. La vidéo s’attarde en particulier sur le sort des oiseaux reproducteurs, au nombre de plus de 300 000 sur le site. Les volatiles tentent de s’enfuir, se blessent ou agonisent, pris au piège dans le passage destiné aux œufs.

 

Pierre Rigaux explique :

 

Pour se conformer à la charte qui encadre leur élevage, il faut que ces oiseaux aient l’air un peu sauvage mais ils sont complètement inadaptés quand ils sont dehors. Même s’ils ne sont finalement pas abattus par des chasseurs ils sont victimes d’une mortalité supérieure car leurs parents, dont ils ont été séparés, ne leur ont pas appris à chasser.

 

En plus des conditions de captivité déplorables, les perdrix et faisans font face aux incursions régulières des renards et autres prédateurs dans l’élevage. Les poussins sont tous rassemblés au même endroit, une situation que dénonce à nouveau Pierre Rigaux :

 

Ce sont des oiseaux territoriaux et, enfermés dans ces conditions, ils deviennent fous. C’est pour cette raison qu’on leur installe des couvre bec pour éviter qu’ils ne s’agressent entre eux.

 

Source : L214

 

Les survivants sont ensuite lâchés au moment de l’ouverture de la chasse et destinés à finir sous les balles des chasseurs. Lors des lâchers, les associations de chasse n’ont aucune obligation à procéder à des déclarations administratives. Une situation ubuesque pour le naturaliste.

 

C’est quand ils veulent, où ils veulent, ce qui peut provoquer des perturbations sur les écosystèmes.

 

L’association L214 a demandé la suspension de l’élevage de Missé.

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