Haute-Loire : l’abattage des cormorans illégal

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Lors de l’hiver 2017-2018, la préfecture de la Haute-Loire avait autorisé l’abattage de 380 grands cormorans, afin de réguler la population de ces oiseaux. L’arrêté a finalement été annulé le 26 mars 2020 par le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, comme le rapporte le site d’informations France 3.

 

Yves Vérilhac directeur général de LPO France, déclare :

 

Nous avons presque autant d’arrêtés que de départements en France , nous en avons attaqué une bonne vingtaine. Les 3/4 du temps quand on n’obtient pas la suspension immédiate de l’arrêté, le jugement arrive 2 ou 3 ans après. Et que fait l’État ? Il reprend les mêmes arrêtés.  Je connais aucun Français qui pourrait faire autant d’infractions sans se retrouver en prison.

 

Source : Pixabay

 

Le Grand Cormoran est une espèce protégée depuis 2009, même si des dérogations permettent d’en abattre afin de réguler les populations, sans mettre en péril la conservation de l’espèce. Yves Vérilhac poursuit :

 

On se rend compte que de manière préventive et sans aucune démonstration, on tue de plus en plus de cormorans. En gros on en tue, 50 000 en France, ce qui représente la moitié de la population hivernante, c’est énorme.

 

Pourquoi certains préconisent la régulation du Grand Cormoran ? Car l’oiseau serait un prédateur pour les populations de poissons eux-mêmes protégés. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a cependant considéré qu’aucune étude sérieuse ne venait appuyer ses accusations. Louis Sauvadet, président de l’association protectrice du saumon Loire-Allier, s’insurge :

 

C’est un petit peu aberrant… il n’y pas d’études poussées sur l’Allier, mais il y a pourtant des éléments de preuve. Au sommet du bassin, vers les sources les cormorans exercent une prédation considérable.

 

Source : Pixabay

 

James Bouvier, pêcheur qui participe à la régulation des cormorans en Ardèche, abonde en ce sens :

 

Nous constatons sur notre secteur de rivière, la disparition de 3 poissons : l’ombre commun, les vandoises de l’Allier et les chevesnes. Il n’y pas eu d’étude qui prouve le rapport avec le cormoran mais disons que c’est le seul facteur qui est venu s’ajouter à l’écosystème.

 

Toujours est-il que pour le moment, l’arrêté de la préfecture de Haute-Loire a bel et bien été rendu caduque.

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