Haute-Garonne : la ferme de la honte

ADVERTISING

Un élevage porcin situé à Eaunes, près de Toulouse (Haute-Garonne), se retrouve sous le feu des critiques de plusieurs associations de défense des animaux. Agir pour les animaux est la première à avoir déposé plainte contre l’établissement, comme l’explique le site d’informations France 3.

 

Betty Loizeau, la présidente, explique, horrifiée :

 

J’ai trouvé une cinquantaine de cochons et sept chiens vivant dans des conditions sanitaires extrêmement alarmantes.

 

Source : Agir pour les Animaux

 

Elle a été rejointe dans son combat par la Fondation Brigitte, qui s’est constituée partie civile dans le dossier. Pour les associations, en plus de la maltraitance, le risque sanitaire est bien présent, car les cochons sont destinés à la consommation humaine. L’association Agir pour les animaux a été alertée par un voisin de l’éleveur. Sur place, Betty Loizeau constate, le 8 avril, que les animaux vivent dans des conditions catastrophiques, sans eau ni nourriture. Le 9 avril, elle dépose plainte.

 

Le 10 avril, le substitut du procureur de la République dresse un procès-verbal de réquisition de l’élevage. Les cochons et les chiens sont confiés, de manière temporaire, à l’association. Agir pour les animaux récupère seulement une partie des animaux. En tout et pour tout, les chiens et cinq cochons.

 

Ils étaient remplis de croûtes, l’un était rouge sang de gale, la colonne vertébrale saillante, certains avaient des traces de morsures et quand je les ai récupérés, ils se trouvaient au milieu de porcs affamés en train de se nourrir du cadavre d’un de leur congénère qui grouillait de vers !

 

Source : Agir pour les Animaux

 

Martine Fraisse, bénévole de la Fondation Brigitte Bardot, critique elle aussi l’élevage :

 

Vous savez, j’étais présente lors du constat sanitaire mené par la vétérinaire, cela fait 7 ans que je défends la cause animale pour l’association, alors des cas désespérés j’en ai vu, mais là, il fallait vraiment avoir le cœur bien accroché !

 

Elle ajoute :

 

Ce monsieur vend des cochons sous le manteau, les éléments du dossier sont accablants, il accumule les infractions, le risque sanitaire est grand, ces animaux sont destinés semble t-il  à la consommation humaine.

 

Source : Agir pour les Animaux

 

Il semble que l’élevage était déjà dans le collimateur du maire d’Eaunes, Daniel Espinosa :

 

Cela fait deux ans et demi que je me bats contre cet élevage porcin. J’ai énormément de plaintes de voisinage pour vagabondages réguliers d’animaux, hurlement des chiens et cris incessants des porcs. […] Je peux vous dire que j’ai vu des bêtes épuisées, maigres et trois cadavres de porcs au milieu.

 

L’ancienne compagne de l’éleveur a elle-même porté plainte contre lui pour maltraitance envers les animaux. Elle explique que l’homme « n’a pas la conscience et le souci du bien être animal ». Le rapport vétérinaire dressé le 16 avril va dans ce sens. Il fait état d’animaux malades, atteints de gale sarcoptique, non identifiés, affamés et assoiffés. Le cadavre d’un cochon mort depuis 15 jours avait également été recouvert de chaux.

 

Se pose ensuite la question de l’activité même de l’éleveur.

 

Comment mène t-il ses bêtes à l’abattoir ? Qui achète ces porcs ? Qui les mange avec quelles garanties de traçabilité ? L’éleveur étant absent le jour du constat : je n’ai pas pu avoir tous ces documents mais j’ai beaucoup de doutes !

 

Source : Agir pour les Animaux

 

Il semble que l’individu vendait ses animaux sur le site Le Bon Coin. Le risque sanitaire présenté par l’élevage est énorme ; les animaux pourraient en effet être infectés par des maladies transmises par des sangliers, d’autant que le parc où se trouvaient les cochons était très mal clôturé. Betty Loizeau conclut :

 

Nous avons proposé toutes les solutions et tout pris en charge. Cet éleveur n’a rien fait pour élever dignement ces animaux dans le respect des obligations légales, ça fait peur quand on sait que ces porcs pourraient partir à la consommation, 6 étaient apparemment réservés à des consommateurs.

ADVERTISING