Gabon : les ventes de viande pangolin baissent

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Bien que formellement interdite, la viande de pangolin se trouve sur les marchés de Libreville, la capitale. Ce petit mammifère, aujourd’hui en danger critique d’extinction, serait par ailleurs, selon les scientifiques, à l’origine de l’épidémie de Covid-19 qui ravage le monde entier depuis plusieurs mois.

 

Les soupçons qui pèsent sur le pangolin ont eu des conséquences inattendues sur les marchés gabonais : la consommation de la viande a en effet drastiquement chuté, pour le plus grand malheur de nombreuses vendeuses. Celles-ci expliquaient, comme le rapporte le magazine Sciences et Avenir, que les acheteurs chinois qui se précipitaient à l’ouverture du marché ont aujourd’hui disparu.

 

Source : AFP/Steve Jordan

 

Ce n’est normalement pas la viande qui intéresse les Chinois, qui la laissent assez volontiers aux Gabonais, mais les écailles de l’animal, dont le prix atteint des sommets : pas loin de 1000 dollars le kilo. Ces écailles sont utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise, qui leur prête des vertus thérapeutiques. Des allégations jugées ridicules par la médecine, d’autant que les écailles de pangolin sont composées de kératine, et rien d’autre. Elles ne valent donc pas mieux qu’un simple ongle.

 

Source : AFP/Steve Jordan

 

Le Gabon a pourtant mis en place des mesures de protection du pangolin. En 2016, il a obtenu que le pangolin géant soit considéré comme le mammifère le plus menacé du monde. Le commerce international de pangolin est interdit. En revanche, il ne l’est pas au niveau local, entre membres d’une même communauté, mais il est banni à la vente dans les marchés de Libreville.

 

Si les acheteurs internationaux ont déserté les marchés de la capitale, les Gabonais, eux, continuent de consommer du pangolin. Une des clientes conclut même :

 

Ça n’a pas d’impact sur la santé, au contraire, le plus important c’est de le manger frais.

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