Fermes à sang de jument : une nouvelle enquête révèle l’enfer de ces élevages en Amérique du Sud

ferme a sang
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Quelques mois après la publication d'une première enquête sur les "fermes à sang" de jument en Amérique Latine, l'association Welfarm relaye une nouvelle vidéo accablante ce 19 juillet 2018, révélant que rien n'a changé dans ces élevages.

 

L'enquête à une nouvelle fois été réalisée par les associations suisse et allemande Tier Schutz BundZurich (TSB) et Animal Welfare Foundation (AWF) puis relayée en France par Welfarm. Les images on été filmés dans cinq élevages répartis entre l'Argentine et l'Uruguay, entre janvier et avril 2018.

 

10 000 juments gestantes exploitées

 

D'après les estimations de Welfarm, 10 000 juments seraient élevées dans ces "fermes à sang". Dans ces élevages, qui n'existent pas en Europe, des juments sont rendues gestantes régulièrement afin d'être saignées une fois par semaine durant deux mois et demi.

 

jument saignée

 

Sur la vidéo diffusée par l'association, on peut constater que pour les prélèvements, les juments sont emmenées de force et souvent avec violence dans des box très étroits. Une fois enfermées, plusieurs litres de sang leur sont prélevés au niveau de la veine jugulaire. La panique fait souvent que les animaux se blessent en essayant de s'échapper.

 

Ces prélèvements massifs les fatiguent, provoquent des hématomes et des blessures qui ne sont pas traités et affaiblissent beaucoup les juments.

 

Au bout de deux mois et demi de gestation, le sang des jument ne contient plus l'hormone qui intéressent les éleveurs. Elles subissent alors un avortement à vif avant d'être renvoyées à la reproduction pour provoquer une nouvelle grossesse.

 

jument malade

 

Chaque jument subit deux avortements sans anesthésie par an. Si elle ne décède pas avant des conséquences de ce traitement, elle sera ensuite envoyée à l'abattoir.

 

Des élevages étrangers utiles aux éleveurs français

 

Ce que cherchent à prélever les éleveurs de juments dans les "fermes à sang" c'est une hormone, appelée eCG. Si le grand public n'en entend que très peu parler, c'est un outil très fréquemment utilisé par les éleveurs de truies, de brebis, de chèvres afin de contrôler les naissances et rentabiliser leur production.

 

En effet, l'eCG permet de faire ovuler quasiment sur commande les femelles traitées avec des produits en contenant. Ainsi, il est possible de regrouper les naissances de porcs sur une période plus courte tout en s'assurant de nombreux petits, ou de, par exemple, faire en sorte que les agneaux soient nés assez tôt pour être abattus pour Pâques, période où la consommation de leur viande augmente fortement.

 

jument ferme

 

En 2017, 5,12 millions de dollars d'eGC en provenance d'Uruguay ont été importés en France. Sur les trois laboratoires qui vendent des produits vétérinaires contenant cette hormone en France, CEVA, HIPRA et MSD, seul l'américain MSD a renoncé à l'utilisation d'eCG venant d'Amérique latine suite à la diffusion de la première enquête.

 

Le laboratoire français CEVA – qui se fournit auprès des éleveurs argentins – et l'espagnol HIPRA continuent donc à contribuer à l'existence des élevages dénoncés par les associations de défense des animaux.

 

 

"Rien n’a changé depuis notre dernière enquête"

 

Suite à la première enquête, le laboratoire CEVA a envoyé un courrier à l'association Welfarm pour se justifier sur ses méthodes de contrôle de son fournisseur.

 

Depuis 2015, nous avons mené des audits stricts chez notre fournisseur et nous n’avons relevé aucune forme de maltraitance infligée aux juments.

 

Pourtant, certaines des images de cette nouvelle enquête de 2018 on été tournée seulement quelques semaines après l'envoi de cette lettre. Pour Adeline Colonat, responsable de campagne pour Welfarm, interrogée par Libération, l'explication de ce décalage est simple :

 

Les audits sont organisés et programmés, alors que les caméras cachées ont filmé le quotidien de ces "fermes à sang". Pour les juments, rien n’a changé depuis notre dernière enquête : ni les maltraitances ni les manques de soins.

 

Pour tenter de faire changer les pratiques des laboratoires se fournissant en Amérique latine, Welfarm a lancé une page Web dédiée, une pétition et a invité les signataires a laisser des avis négatifs sur la page Facebook de CEVA. Le laboratoire a apporté à ces commentaires la réponse ci-dessous :

 

 

Pour Welfarm, procéder à de nouveaux audits s'avère inutile comme le révèle les deux enquêtes. De plus, la production d'eCG non synthétique implique obligatoirement de saigner des juments gestantes et de se débarasser de leur foetus ou poulain, ce qui ne peut pas être éthique même si les conditions de vie de animaux sont améliorées.

 

Actuellement l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) est en train d'essayer de développer une eCG synthétique pour continuer à fournir les éleveurs français. En attendant, si un laboratoire allemand a renoncé à se fournir en Amérique du Sud suite à cette deuxième enquête, les laboratoire CEVA et HIPRA continuent de refuser toute rencontre avec Welfarm.

 

Deux pétitions sont actuellement en ligne pour demander l'arrêt des fermes à sang, une pétition lancée par Welfarm et une pétition lancée lors de la première enquête en octobre 2017.

 

Vous pouvez visionner la vidéo de l'enquête ci-dessous (attention, images difficiles) :

 

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