Drôme : deux louves gestantes abattues

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La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce l’abattage de deux louves gestantes dans la Drôme, durant le confinement. L’Association Ferus a également fait part de sa colère, à la suite de ces tirs effectués par les lieutenants de louveterie.

 

Alors que les citoyens (étaient) assignés à résidence, certains ont (eu) des dérogations pour aller tuer des loups, espèces protégée, en pleine période de reproduction !

 

Au total, trois loups ont été abattus, mais la mort des deux louves est un coup dur pour la survie de l’espèce en France. D’autant que ces tirs, comme le rappelle la Fondation 30 Millions d’Amis, sont inefficaces contre la prédation. Depuis le début de l’année 2020, 13 loups ont été abattus dans l’Hexagone. 12 d’entre eux l’ont été dans le cadre des tirs de prélèvement et de défense autorisés par les autorités. Le treizième a été victime d’un braconnier.

 

Source : Pixabay

 

L’association Ferus poursuit :

 

Si le tir de femelles pleines d’une espèce protégée est déjà un non sens, cela signifie aussi un risque maximal d’éclatement des meutes.

 

L’organisation rappelle que les tirs peuvent en effet avoir l’effet inverse de celui escompté. Avec la dispersion des animaux, les loups esseulés s’en prendront beaucoup plus facilement aux troupeaux et aux bêtes affaiblies, augmentant ainsi le nombre d’attaques. Un cercle vicieux se crée.

 

Le Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) a même donné un avis allant en ce sens, en décembre 2019 :

 

Ce type de pratique n’a aucune base scientifique et à ce jour, n’a apporté aucune réelle amélioration, ni en termes d’acceptation sociale du loup, ni une meilleure protection des troupeaux.

 

Ces tirs de prélèvement constituent de surcroît une véritable menace pour l’espèce. Le Musée National d’Histoire Naturelle (MNHN) et l’Office Français de la Biodiversité confirment :

 

Pour permettre à la population de s’adapter aux changements futurs et ainsi assurer sa viabilité sur le long terme, un effectif de 2500 à 5000 individus adultes constitue le minimum nécessaire.

 

Source : Pixabay

 

Aux tirs de prélèvement s’ajoutent les tirs de défense. Ces tirs ont aussi lieu lors de la période de reproduction. En 2019, la moitié des loups abattus dans l’Hexagone l’ont été lors de cette période particulièrement importante et critique. Les experts sont formels :

 

Compte-tenu du nombre de plus en plus important de loups abattus, le fait qu’il n’y ait plus aucune période d’interdiction des tirs, notamment en période de reproduction, semble peu conforme au statut d’espèce protégée dont l’état de conservation reste vulnérable.

 

Alors comment lutter efficacement contre les attaques de troupeaux par des loups ? En utilisant des moyens de protection comme le gardiennage, la présence de chiens et la pose de clôture électrifiée, mais aussi par la limitation de la taille des troupeaux. Mais la mise en place de ces protections est rendue difficile par l’accompagnement plus que limité des éleveurs par les autorités. Pour la Fondation 30 Millions d’Amis :

 

La cohabitation pacifique avec le loup ne serait donc pas utopique si les pouvoirs publics et les acteurs concernés s’en donnaient véritablement les moyens !

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