Doit-on effaroucher les ours ?

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La présence des ours dans les Pyrénées est à la source de nombreuses tensions avec les éleveurs. Ces derniers craignent pour la survie de leurs troupeaux, cible d’attaques de plantigrades en quête de nourriture. Depuis 2019, des dispositifs d’effarouchement ont été mis en place. Mais sont-ils efficaces ? Le magazine 20 Minutes s’est penché sur la question.

 

En tout premier lieu, quels sont les outils utilisés ? Ils sont variés : cornes de brume, lampes fortes et clignotantes, et dans les cas les plus extrêmes, tirs en l’air sans risque de donner la mort à l’animal. L’effarouchement doit être autorisé par les autorités, et au cours de l’année 2019, douze opérations d’effarouchement simple se sont ainsi déroulées dans les Pyrénées. En revanche, les bergers ont dû avoir recours à l’effarouchement renforcés à l’aide de tir, de nuit, à 15 reprises.

 

Source : WWF

 

Alors quel bilan tirer cette expérience ? Les chiffres font état de 1173 bêtes animaux de troupeau en 2019. 611 d’entre eux sont morts suite à une chute en tentant d’échapper à un ours. 36 ruches ont aussi été prises d’assaut. Le gouvernement a pris la décision de poursuivre l’expérience de l’effarouchement en 2020, en assouplissant un peu ses conditions. Le Ministère de la Transition Écologique a par ailleurs lancé une consultation en ligne jusqu’au 22 mai. Chaque Français peut y exprimer son opinion et donner ou non son accord pour un élargissement des conditions d’effarouchement.

 

Les associations de défense des ours sont aussitôt montées au créneau en appelant chacun à répondre « non ». Alain Reynes, le directeur de Pays de l’Ours-Adet, s’insurge :

 

 Cette pratique est inutile, potentiellement dangereuse pour les hommes comme pour les ours, et illégale. Et il n’existe aucune évaluation sérieuse de l’expérimentation de 2019.

 

 

Le  Conseil national de la protection de la nature a lui aussi émis des doutes sur l’efficacité du procédé :

 

La reconduction de cet arrêté dont l’efficacité est contestable, voire dangereuse en termes de conservation de l’ours et plus généralement de la faune sauvage, traduit une tendance à vouloir chasser les ours des zones d’estive, y compris potentiellement dans un parc national, alors qu’il est possible d’assurer la cohabitation de l’ours et du pastoralisme, moyennant une bonne protection du troupeau.

 

Malheureusement, Alain Reynes se montre plutôt pessimiste :

 

Il ne faut pas rêver, il est assez peu probable que ça fera changer d’avis les autorités.

 

Les associations comptent cependant bel et bien contester l’arrêté s’il devait être entériné.

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