Coronavirus : une bénédiction de la nature

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Le monde entier est désormais en proie au Covid-19, plus communément appelé, par facilité, coronavirus. Ce virus, apparu en Chine à la fin de l’année 2019, s’est peu à peu répandu en Asie, en Europe, puis aux États-Unis et en Amérique Latine. Face à la menace grandissante, de nombreux gouvernements ont décidé de prendre des mesures de confinement, exigeant ainsi de la population qu’elle reste chez elle, vidant par la même occasion les rues de toutes les villes, même les plus grandes.

 

Mais si l’Homme lutte contre la maladie, la nature, elle, semble revivre. La mise en pause des activités humaines a eu plusieurs effets bénéfiques sur la faune et la flore qui nous entourent, à commencer par une baisse significative de la pollution de l’air, même dans les cités habituellement polluées.

 

 

Les animaux s’offrent eux aussi un répit. Les autorités ont suspendu la chasse, y compris la chasse à courre. Et les oiseaux, gibiers, poissons, réinvestissent les espaces désertés. Ce phénomène a pu être observé un peu partout à travers le monde. À Venise, les cygnes sont revenus dans une eau plus limpide que jamais. Des dauphins se sont aventurés dans un port de Sardaigne. C’est également le cas en France, comme dans le Parc des Calanques, près de Marseille, où  puffins, fous de Bassan, hérons cendrés, ont été observés, plus présents que jamais. Le Parc explique ainsi :

 

C’est surtout vrai pour les oiseaux, ils sortent plus, se posent à des endroits où on les voit peu habituellement.

 

Ce phénomène n’a rien d’étonnant, comme le rapporte le site d’informations 20 Minutes. Samuel Challéat, géographe de l’environnement et chercheur invité au laboratoire Géode du CNRS, à Toulouse, confie :

 

On a déjà pu constater par le passé que lorsqu’on diminue la fréquentation humaine dans un espace donné, s’opère alors une recolonisation du vivant sauvage. C’est le cas dans certains endroits des cœurs de parcs nationaux, peu fréquentés ou pas fréquentés du tout par l’homme. On voit alors que la faune a une plus grande tranquillité et une plus grande latitude pour se nourrir, élever ses petits…

 

 

Un sentiment partagé par Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement (FNE), qui complète :

 

C’est le cas dans certains endroits des cœurs de parcs nationaux, peu fréquentés ou pas fréquentés du tout par l’homme. On voit alors que la faune a une plus grande tranquillité et une plus grande latitude pour se nourrir, élever ses petits…

 

Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). ajoute :

 

Tchernobyl est un autre exemple de cette reconquête relativement rapide par une certaine partie de la faune – celle pouvant se déplacer rapidement – d’espaces délaissés par l’homme.

 

Il est cependant important de ne pas voir dans le retour des animaux un phénomène d’ensauvagement du monde ni s’attendre à voir revenir dans les villes des espèces qui les ont désertées. Yves Vérilhac, directeur général de la LPO (Ligue de protection des animaux), rappelle quant à lui que toutes les activités humaines n’ont pas non plus disparu : l’agriculture intensive continue de faire pression sur la vie sauvage.

 

Samuel Challéat travaille sur un projet avec de science participative, Silent Cities. Le but : enregistrer les sons extérieurs depuis son balcon et les transmettre aux chercheurs.

 

Avec le confinement, toutes les villes s’éteignent tout à coup d’un point de vue sonore.  Nous cherchons à savoir si cette situation inédite, qui ne se reproduira sans doute plus jamais, à un impact sur les comportements de la faune sauvage. L’enjeu n’est pas seulement de voir comment ils s’approprient géographiquement l’espace, mais aussi le temps. Par exemple, les oiseaux chantent-ils plus désormais qu’ils ne sont plus autant en concurrence avec l’habituelle pollution sonore d’origine humaine ?

 

Hélène Soubelet rajoute :

 

Ce confinement, en engendrant potentiellement moins de stress sur les animaux, aura-t-il des effets positifs sur leur mortalité et leur reproduction ? […] Ce confinement sera l’occasion de voir si l’arrêt de la chasse se traduit effectivement par une hausse des dégradations dans les cultures ou dans la propagation de certaines maladies et si cela est réellement imputable à ces espèces.

 

 

Avant de conclure :

 

En faisant réapparaître au grand jour une biodiversité qui vivait cachée ou recluse dans des territoires réduits, cette crise sanitaire invite à nous poser la question de la place que nous faisons habituellement au monde sauvage.

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