Coronavirus : la fin de la corrida

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La pandémie de covid-19 qui a frappé le monde, et la France, depuis le début de l’année, a mis à mal un très grand nombre de secteurs d’activité. Parmi eux, la corrida est particulièrement touchée, comme l’explique le site la Fondation 30 Millions d’Amis.

 

Déjà vivement critiquée, pointée du doigt et de moins en moins acceptée par la société, la corrida pourrait-elle recevoir le coup de grâce pour de bon ? Si les associations taurines ont bien tenté de demander des aides, celles-ci ont très peu de chance de leur être accordées, et les annulations d’événements se multiplient, comme à Béziers, où le maire, Robert Ménard (RN), a annoncé l’annulation de la féria, une première depuis 52 ans.

 

Source : Pixabay

 

Quant aux demandes de compensations, Roger Lahana de No Corrida, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, a déclaré :

 

Ces demandes sont totalement surréalistes. Je n’imagine pas une seconde qu’elles soient acceptées. Il y a tellement de secteurs en France qu’il faut urgemment redresser, je ne vois pas ce que la corrida viendrait faire là !

 

La région Occitanie ne leur a d’ailleurs pas versé le moindre centime, alors qu’elle s’est portée au chevet des manades camarguaises. Thierry Hély, président de la FLAC, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, explique :

 

Le fait que le groupe Europe Écologie-Les Verts (EELV) au Conseil régional d’Occitanie soit officiellement opposé aux subventions accordées aux corridas est aussi très déterminant. La corrida étant déjà particulièrement affectée économiquement en France, cette décision du Conseil régional n’arrangera pas les choses… Dans l’absolu, quoi de plus normal à notre époque ? Comment peut-on encore financer avec l’argent public le supplice cruel d’animaux juste pour le plaisir ?

 

Source : Pixabay

 

Malheureusement, cette situation ne profitera pas aux taureaux, qui, devenus inutiles, seront sans aucun doute envoyés à l’abattoir. Roger Lahana confie :

 

Le but de chaque élevage de ce type, c’est la mort du taureauS’ils ne vont pas [mourir] dans les arènes, ce qui est le cas pour la grande majorité d’entre eux, ils vont à l’abattoir.

 

En Espagne, la situation est encore plus dramatique. Plus de 200 corridas ont été annulées depuis le mois de mars, et les pertes se chiffrent en centaines de millions d’euros. Aida Gascón, présidente de l’association de protection animale Anima Naturalis, explique :

 

Certaines exploitations ne survivront pas tant l’impact économique sera considérable. Les toreros ne savent pas quand ils pourront retourner dans les arènes. Même si l’état d’urgence est levé, il sera risqué pour les entrepreneurs d’organiser des corridas dans des lieux à moitié vide.

 

Source : Pixabay

 

Le secteur taurin espagnol a également sollicité l’aide des pouvoirs publics, décision dénoncée par Aida Gascón :

 

L’argent public ne doit pas être utilisé pour promouvoir la maltraitance animale, encore moins dans les mois à venir où tous les efforts seront nécessaires pour soutenir le secteur de la santé et atténuer les effets économiques sur les familles. Il est dommage que le secteur taurin demande des aides, malgré le grand rejet qu’il engendre dans la majorité de la société. Le gouvernement, formé par les socialistes et Podemos, a une occasion en or pour justifier la fin de l’aide à la corrida.

 

Le gouvernement n’a de toute façon, pour le moment, pas répondu positivement à la demande. Une campagne européenne contre la tauromachie a été, en parallèle, lancée par l’association Anima Naturalis. Se dirige-t-on, inexorablement, vers la fin de la corrida ? Éric Baratay, historien et spécialiste de la relation homme-animal, conclut :

 

Il est déjà établi que l’opinion publique, tant en France qu’en Espagne, désapprouve la corrida. Nous remarquons même une baisse de soutien, du moins en apparence, au niveau de certains politiques à l’échelle nationale. Depuis une vingtaine d’années, en France le secteur connait un fort repli. La corrida s’est cachée derrière la tradition, une vision adoptée par les extrêmes, qui ne fonctionne plus aujourd’hui. Si les choses doivent changer dans un proche avenir, ce sera parce que les finances ne le permettront plus. En France, la corrida est tenue à bout de bras par les élus locaux. Quand ces derniers auront fait le calcul, on pourra parler de fin.

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