Coronavirus : des animaux sauvages à Paris

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Si l’humanité est touchée de plein fouet par le Covid-19, la nature, elle, semble reprendre un peu ses droits alors que la vie a été mise en pause dans de nombreux pays. En effet, plus de la moitié de la population mondiale est actuelle confinée. Les villes, même les plus grandes et occupées, sont à présent devenues des villes presque fantômes.

 

Mais l’absence des habitants permet aux animaux de s’aventurer là où ils n’auraient sans doute jamais osé le faire. Xavier Japiot, expert naturaliste à la Ville de Paris, explique :

 

Les animaux et les végétaux se réapproprient le territoire laissé vacant par l’homme.  Les plantes vont profiter de l’absence de gens qui d’habitude tondent, fauchent, piétinent, pour monter en fleurs. Elles vont pouvoir être pollinisées par des insectes et ainsi attirer des oiseaux, puis faire des graines et relancer une nouvelle population végétale. C’est extraordinaire.

 

Source : Pixabay

 

S’il n’y a pas non plus un afflux massif d’animaux, ceux-ci ne profitent plus seulement de la nuit pour sortir : ils se montrent en plein jour. Xavier Japiot poursuit :

 

On commence à revoir des renards et des fouines dans les parcs et jardins. On les voit même déambuler en plein jour alors que le renard est plutôt un animal nocturne et crépusculaire. Mais en ce moment, comme il n’y pas plus d’humains, il n’y a plus de risques, et il sort plus facilement.

 

Dans les bois de la région parisienne, les chevreuils aussi se font plus téméraires :

 

Les chevreuils sortent aussi en plein jour dans les bois car il y a moins d’impacts, moins de promeneurs, de chasseurs, de dérangement.

 

Source : Pixabay

 

Pour autant, il ne faut pas non plus s’attendre à un retour d’espèces qui avaient déserté les lieux, comme le rappelle Samuel Challéat, géographe de l’environnement et chercheur invité au laboratoire Géode du CNRS, à Toulouse. Pour autant, il est clair que la vie en pause permet à la nature de se faire voir plus que d’habitude. Emmanuel du Chérimont, membre du conseil territorial de la LPO Île-de-France, conclut :

 

Paris est devenu plus silencieux et on peut entendre beaucoup plus facilement les chants d’oiseaux notamment avant le lever du soleil et en fin d’après-midi. Mais ils n’ont pas bougé. Ils étaient déjà là, mais on ne les entendait pas, on ne prenait pas le temps de les écouter. On n’y prêtait plus attention.

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