Chine : réouverture des marchés d’animaux sauvages ?

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La Chine l’avait pourtant annoncé en grande pompe : les marchés d’animaux exotiques et semi-sauvages seraient désormais interdits dans l’Empire du Milieu après que l’un d’entre eux, celui de Wuhan, est devenu l’épicentre de la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde entier.

 

Cependant, certains médias britanniques rapportent la réouverture de plusieurs de ces marchés sur le territoire chinois. Quel crédit apporter à ces allégations ? C’est ce qu’a voulu savoir la Fondation 30 Millions d’Amis.

 

Selon le Daily Mail, « les marchés reprennent leurs opérations de la même manière qu’ils le faisaient avant le coronavirus ». L’information a notamment été reprise par la très conservatrice chaîne Fox News aux États-Unis.

 

Tout le monde ici croit que l’épidémie est terminée et qu’il n’y a plus rien à craindre. En ce qui les concerne, ce n’est plus devenu qu’un problème d’étrangers.

 

Source : Getty Images

 

Des propos que Peter Li, expert des politiques publiques en Chine pour Humane Society International (HSI), a tenu à nuancer :

 

Les marchés humides représentent une faible partie des marchés chinois. La plupart de ces marchés ne possèdent pas d’animaux sauvages mais auront à la place d’autres espèces non inclues dans l’interdiction comme les espèces aquatiques, les chiens, les chats, les lapins, les canards etc… Jusqu’à présent, les informations dont nous disposons sont que la plupart de ces marchés dans les zones urbaines ont été fermés.

 

Il n’exclut pas pour autant la vente d’animaux exotiques, mais celle-ci se ferait en dépit de l’interdiction :

 

Il est possible que des ventes illégales se produisent directement depuis les entrepôts d’animaux sauvages entre certains commerçants et propriétaires de restaurants qui achètent à bas prix et les stockent dans des congélateurs pour une utilisation ultérieure. 

 

Quoi qu’il en soit, les enquêteurs de l’association n’ont trouvé aucune preuve. Malgré tout, il est légitime de se poser la question de la place des animaux exotiques dans la société chinoise. Ils sont encore très nombreux à être utilisés dans la pharmacopée traditionnelle. Traffic, une ONG de protection des animaux, explique :

 

Les excréments d’une espèce de chauve-souris servent à soigner les affections oculaires tandis que les parties du corps sont séchées et ajoutées à du vin. Elles peuvent être aussi broyées en poudre pour ingestion orale comme moyen de détoxifier le corps. Les deux pratiques pourraient être très risquées si un animal était infecté par un coronavirus.

 

Source : Getty Images

 

Pour Steve Galster, fondateur de l’organisation Freeland :

 

Le moyen de prévenir de nouvelles épidémies est d’arrêter ce commerce. La Chine a mis en place une interdiction, mais celle-ci doit être permanente car elle est le plus grand importateur d’animaux sauvages au monde. La plupart des espèces sauvages sont trafiquées par des gangsters. Ce n’est pas un commerce réglementé, il n’est donc pas étonnant que des infections et des virus se propagent. Ces marchés sont des bombes à retardement.

 

Il est en tout cas certain que si les modèles ne changent pas, une nouvelle pandémie verra à nouveau le jour. Pas seulement en Chine, mais dans le monde entier, y compris en Europe et en France.

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