Cette grande journaliste lance la Première Journée Mondiale sur l’Intelligence Animale

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Le 26 mai 2018 se tiendra la Première Journée Mondiale de l'Intelligence Animale, à Thoiry (région parisienne). A cette occasion qui promet de "bouleverser notre vision du monde", de nombreux spécialistes du comportement animal se réuniront pour mettre en avant un sujet bien trop souvent mis de côté, voire ignoré : les capacités intellectuelles et cognitives des animaux.

 

A l'initiative de ce projet : Yolaine de la Bigne, célèbre journaliste de presse écrite et radio, et auteure de plusieurs livres, mais également fondatrice de l'association l'Animal et l'Homme. Engagée depuis de nombreuses années dans le combat pour l'environnement, Yolaine s'attaque aujourd'hui à un terrain déjà bien exploré, mais que trop peu partagé avec le grand public.

 

intelligence animale

 

Egalement fondatrice du triple média Néoplanète, consacré à l'environnement, elle nous propose cette fois-ci d'ouvrir les yeux sur notre situation en tant qu'humains dans un monde ravagé par la pollution, le braconnage, et l'ignorance à l'égard des animaux.

 

Aujourd'hui, et en exclusivité pour le Holidog Times, Yolaine a accepté de se confier sur sa vision du monde, sur sa connaissance des animaux et sur le contenu de cette journée que l'on pourrait presque qualifier d'avant-gardiste.

 

Un besoin vital de démocratiser le savoir

 

Interrogée sur ce qui l'a amenée à se concentrer sur la cause animale, Yolaine de la Bigne répond :

 

Quand j'étais à Néoplanète, les dernières années, à chaque fois que j'interviewais des spécialistes de l'animal et que je leur disais "Avec la 6ème extinction, l'animal va disparaître, c'est affreux", une fois sur deux ils me répondaient "Non, non, l'Homme va disparaître. L'animal, il va y avoir de la casse, il y a des espèces qui vont disparaître, mais il y en a plein d'autres qui vont s'en sortir, parce que l'animal a une intelligence écologique et une façon de s'adapter que l'Homme n'a pas".

 

Si les avancées de la recherche en matière d’intelligence animale ont fait leurs preuves depuis de nombreuses années, notamment depuis la naissance de l'éthologie dans les années 70, avec les travaux de Konrad Lorenz, biologiste et zoologiste autrichien, ou encore de Nikolaas Tinbergen, biologiste et ornithologue néerlandais, le savoir accumulé par les scientifiques ne reste que trop peu accessible au grand public.

 

Je me suis rendu compte qu'il y avait d'incroyables découvertes – l'éthologie étant une science extrêmement récente – et qu'en fait le grand public ne le savait pas. Et ces gens restent un peu entre eux puisqu'ils sont dans leur laboratoire, dans leur zoo ou dans leur jungle. Donc je me suis dit que j'avais vraiment envie de porter cette parole auprès du grand public et de faire que ça devienne quelque chose d'évident. […] Pour que ça soit plus connu auprès du grand public, je me suis dit que j'allais créer la Journée Mondiale de l’Intelligence Animale, pour que tous les 26 mai, on puisse justement se focaliser là-dessus et dire aux gens : "Regardez ce qui se passe, c'est complètement dingue".

 

"Nous sommes en état de guerre"

 

Au-delà du manque d'informations et de l'ignorance qui plane sur les populations du monde entier, la nécessité d'événements tels que celui-ci paraît de plus en plus évidente à mesure que la situation se dégrade. Alors que les Grands Singes d'Afrique disparaissent, et que la pollution fait rage, l'Homme paraît pourtant incapable de se rendre à l'évidence.

 

intelligence animale

 

Pour Yolaine, il est temps d'arrêter de se voiler la face, et de commencer à accepter le fait que les animaux sont notre unique chance de survie.

 

Le but derrière tout ça, c'est de dire aux gens qu'il y a vraiment urgence, parce que moi je pense qu'on est dans une situation extrêmement alarmante. Je rencontre des gens qui me disent : "Oui, c'est vrai, c'est triste, il n'y aura plus d'éléphants, il n'y aura plus de rhinocéros blancs, il n'y aura plus de requins, c'est dommage, mais bon, c'est la vie". Je crois qu'ils ne se rendent pas compte que sans ces animaux-là, il n'y aura plus de biodiversité.

 

Selon de nombreux acteurs du développement durable et de la cause animale, le changement doit s'opérer maintenant, et l'Homme, qui constitue l'un des plus grands, si ce n'est le plus grand prédateur de cette planète, doit impérativement s'attacher à protéger ses ressources naturelles et ses voisins, que sont les animaux.

 

Moi je dis qu'on est en état de guerre. C'est une guerre mondiale contre un ennemi redoutable qui s'appelle la pollution, qui n'a pas d'états d'âme et qui est bien meilleur que tous les hommes et que toutes les armées réunies.

 

Les animaux acteurs d'un combat global

 

Le propos de Yolaine de la Bigne et de nombreux militants de la cause animale, ou encore de défenseurs de l'environnement, c'est un propos plus global, qui inclue tous les acteurs de ce monde : humains et animaux. Car si la défense des animaux est un combat nécessaire, il faut également se rendre compte d'une chose, c'est que ces mêmes êtres que nous tentons de protéger de la main de l'Homme, sont également les seuls à pouvoir nous sauver d'un déclin grandissant.

 

A travers l'animal, ce que j'aime bien dans ce combat-là, c'est qu'il y a un côté très positif. C'est-à-dire qu'au lieu de dire ce que disent toutes les associations de protection animale – et ce qu'elles font très bien – "c'est horrible ce qui se passe, regardez ce qui se passe dans les abattoirs, regardez comment les animaux sauvages sont abattus pour leur ivoire, etc", moi je dis, regardez tous ces animaux incroyablement intelligents qui peuvent nous apporter tellement et qu'on est en train de tuer comme des imbéciles. Il y a un moment où l'intelligence n'est pas forcément du côté que l'on croit.

 

intelligence animaleSource : LinkedIn/Yolaine de la Bigne

 

Car si l'intelligence de l'Homme n'est plus à prouver, elle va parfois si loin, que nous en oublions le fait que nous sommes, nous aussi, des animaux. Et selon Yolaine, le problème vient en partie de cet état de fait.

 

On est des animaux, et on essaie de l'oublier. On se prend pour des êtres un peu supra-extraordinaires, mais non, en fait. Et l'animal nous le rappelle. Et c'est ça que j'adore dans tous les livres que je lis sur l'intelligence animale : l'animal nous apprend qu'il faut être un bon père de famille, que l'important c'est sa famille, la cohésion, la solidarité. Dans la nature, il y a beaucoup de solidarité, beaucoup plus que ce que l'on n'a cru. […] Moi j'ai beaucoup d'admiration pour tout ce que je lis et pour tout ce que j'apprends sur les animaux. C'est pas pour ça qu'il faut mépriser les humains, mais il faut qu'on pactise avec les animaux, qu'on retrouve ce que les premiers peuples avaient, c'est-à-dire une collaboration avec les animaux qui nous aident.

 

Des animaux bien trop souvent mal perçus

 

Qu'ils soient chassés pour leurs défenses, dans le cas des éléphants, disséminés par peur de l'attaque, comme c'est le cas pour les loups, ou encore ravagées par les insecticides, pour ce qui est des abeilles, l'Homme est sans équivoque la plus grande menace qui pèse sur les animaux. Et pour cause ? Ces derniers sont considérés comme nuisibles, dangereux, ou sont tout simplement mal compris.

 

Yolaine de la Bigne le rappelle, chaque animal joue un rôle dans la biodiversité, et la disparition d'une seule espèce peut avoir des répercussions dramatiques sur notre écosystème. Le cas des loups, par exemple, est plus que frappant :

 

Le loup n'est pas un animal dominant, le loup c'est un père de famille. Donc quand on tue, le plus souvent, le chef de la meute, on bouleverse totalement la meute et la famille, et là du coup il y a plein d'adolescents qui sont lâchés dans la nature sans leur père pour les gérer. Et c'est là que ça devient très dangereux. Souvent ces loups vont tuer vingt moutons à la suite sans même les manger parce qu'ils ne savent plus quoi faire, ils sont complètement déboussolés. Il vaut mieux faire peur au loup, car eux ont très peur des humains, et ils sont loin d'être bêtes.

 

Du côté des éléphants, rappelle la journaliste, la situation est pour le moins impressionnante. Depuis trop longtemps victimes du braconnage, ces animaux diurnes sont aujourd'hui capables de vivre la nuit, et c'est même devenu une nécessité pour la survie de leur espèce.

 

Les abeilles, elles, sont des êtres doués d'une intelligence remarquable, et leur disparition, a elle aussi un effet dévastateur sur notre écosystème.

 

Par exemple, on est en train de découvrir qu'elles ont chacune une personnalité. On a toujours un peu l'impression qu'il n'y a que les hommes qui ont chacun une personnalité, mais chaque abeille a une particularité. Elles changent de métier au cours de leur vie, c'est incroyable.

 

Il est devenu capital pour la survie des espèces et de la planète que l'Homme, Homo Sapiens, animal raisonnable par excellence, commence à s'ouvrir aux animaux et à accepter qu'ils ne sont pas les seuls êtres doués d'intelligence et d'émotions. Ensemble, l'Homme et l'Animal ont la possibilité de stopper la menace qui pèse sur la planète entière.

 

intelligence animaleSource : Maëlle Guignard de la Bigne

 

C'est dans ce but précis que Yolaine a créé cette journée entièrement dédiée à l'Intelligence Animale. A travers la compréhension de l'autre, nous pourrons avancer vers un avenir meilleur.

 

Les intervenants et leur programme

 

Emmanuelle Pouydebat, biologiste. Intelligences animales, en finir avec les idées reçues.

 

Pascal Picq, paléo-anthropologue. L’humanité entre l’intelligence animale forte et l’intelligence artificielle faible.

 

Boris Jollivet, audio-naturaliste. La symphonie animale.

 

Sylla de Saint Pierre, auteure. Et si les abeilles étaient intelligentes ?

 

Chaque intervention sera suivie d'un débat avec la salle, pour vous permettre de prendre la parole et de vous aussi, devenir acteur de ce mouvement.

 

Retrouvez l'intégralité du programme de la Première Journée Mondiale de l'Intelligence Animale sur le site de l'association l'Animal et l'Homme. Tarif : 25 euros (tarif réduit : 15 euros/gratuit pour les moins de 15 ans). Une navette est mise à disposition par l'association pour vous rendre sur place.

 

L'association l'Animal et l'Homme anime également l'université d'été de l'Animal qui se tiendra du 24 au 26 août, en Bretagne. Plus de renseignements sur la page du site.

 

Yolaine de la Bigne est auteure du livre L'animal est-il l'avenir de l'Homme ?, aux éditions Larousse. Un nouveau numéro sortira par ailleurs le 22 mai aux mêmes éditions.

 

Le Holidog Times met avant les projets de I4ANIMAL, le collectif qui rassemble les porteurs de projets qui font progresser le bien-être animal. En savoir plus.

 

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