Ce jeune chercheur étudie le fascinant pouvoir thérapeutique des animaux

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Du 30 septembre au 1er octobre se tiendra « L’animal en marche », un cycle de conférences dédié aux animaux de compagnie avec pour objectif de mieux les comprendre, les aimer et de leur offrir une meilleure place dans la société.

 

L’originalité du colloque sera de faire intervenir non seulement des professionnels du monde animal, mais aussi des chercheurs et intellectuels.

 

Jérôme Michalon est sociologue, chercheur associé au centre Max Weber. Ses travaux portent sur les évolutions récentes des rapports humains/animaux, les pratiques de médiation animale et le militantisme pro-animaux. Il est l'auteur de Panser avec les animaux. Sociologie du soin par le contact animalier. (2014) Entretien exclusif pour The Holidog Times.

 

 

The Holidog Times. Nous avons développé, depuis plusieurs dizaines d'années – mais la chose reste très récente dans l'histoire de notre relation aux animaux domestiques – un nouveau rapport aux animaux domestiques : ils sont devenus soigneurs des humains. Quand avons-nous réalisé qu'ils avaient ce potentiel ?

 

Jérôme Michalon. Je n’irais pas jusqu’à dire que les animaux sont devenus soigneurs des humains, car cela ne correspond pas aux propos que j’ai pu recueillir lors de mon enquête. On considère plutôt que dans certaines circonstances, certains animaux peuvent nous aider à aller mieux. Ce qui est plus nuancé. Cette idée-là a émergé sporadiquement à partir de l’Antiquité, mais a commencé à être prise au sérieux à partir des années 1960.

 

Les pratiques d’assistance animalière existaient déjà (les chiens guides), mais le potentiel thérapeutique du contact animalier n’avait pas encore fait l’objet de recherches avant cette période ; période qui correspond au développement sans précédent de la possession d’animaux de compagnie, et du marché qui l’accompagne. Ce contexte-là explique aussi que les animaux ont été perçus d’une autre manière, comme des soutiens affectifs au sein du foyer. Une nouvelle forme d’utilité est alors apparue à ce moment-là : après avoir utilisé les animaux pour leur chair, leur peau, leur force de travail ou de combat, voici qu’on les a vus comme des pourvoyeurs de bien-être.

 

cat-gestures-1Source : WebMD

 

Peut-on réellement dire comment s'exprime ce sens du « care » des animaux ?

 

JC. Les personnes que j’ai rencontrées et les témoignages que j’ai lus évoquent le souci qu’ont certains animaux (pas tous, loin de là), dans des contextes précis, de la souffrance humaine, leur capacité à la repérer et à vouloir la soulager. Est-ce du « care » de la part de ces animaux ? Je n’ai pas réellement d’avis sur la question, mais il est en tout cas assez clair que dans les pratiques de médiation animale, ils sont pris dans un environnement où le « care » est omniprésent.

 

Et ce aussi bien pour les humains que pour les animaux. Il est frappant de voir à quel point les séances de médiation animale accorde du temps et de l’importance au soin des animaux : on caresse, on brosse, on nourrit, on cajole, on exprime de la sollicitude, de l’empathie envers les animaux…Et c’est tout cela qui semble avoir des vertus soignantes. Parce qu’ils sont « objets » de « care », de soin, les animaux deviennent vecteurs de « care » et de bien-être pour les humains.

 

 

Quel enseignement pouvons-nous tirer de la médiation animale ? Doit-on y voir un nouvel avatar de l'animal « utilitaire », ou au contraire, découvrons-nous enfin que les animaux savent faire des choses qui nous échappent ? Cette nouvelle mission nous permet-elle de construire un lien différent avec l'animal, plus admiratif donc plus respectueux ?

 

JC. Je pense que la médiation animale est à envisager comme une nouvelle forme de travail pour les animaux, qui se traduit pour une valorisation de leurs compétences relationnelles. Cela peut déboucher sur une forme de respect en effet, mais je crois que les personnes qui pratiquent la médiation animale sont déjà relativement convaincus de la nécessité de respecter les animaux. C’est au niveau du grand public, en termes d’image, que cela joue le plus.

 

Il s’agit de rompre avec l’image négative de la relation aux animaux de compagnie comme étant teintée de misanthropie (du type « plus que je connais les hommes, plus je préfère mon chien ») et de narcissisme. La médiation animale montre qu’une relation affectueuse, positive avec des animaux, traités comme des personnes, peut avoir des effets bénéfiques pour d’autres humains, et pour la société en général.

 

Malheureusement, les obstacles sont encore nombreux à la généralisation de cette mission dans la sphère médicale. Est-ce de la méfiance, le résultat d'une bureaucratie peu ouverte au changement ?

 

JC. C’est de moins en moins le cas tout de même. Je travaille depuis presque 10 ans sur le sujet, et j’ai remarqué sur cette période un réel changement dans les mentalités, au niveau institutionnel : les obstacles sont en fait perçus comme étant plus nombreux et plus insurmontables qu’ils ne le sont en réalité. Des organismes comme la Fondation Sommer notamment ont fait beaucoup pour clarifier les conditions dans lesquelles la médiation animale pouvait s’exercer, et pour diffuser l’information le plus largement possible. Pour autant, je ne sais pas si la généralisation de ces pratiques est envisageable, ni même souhaitable.

 

 

« Introduire un animal dans la ville, c'est introduire de la subversion ». Je reprends la phrase de Karim Lapp qui est citée dans la préface de votre livre Panser avec les animaux. Ré-introduire les animaux dans des espaces qui leur étaient étrangers, et qui nous ont rendu étrangers à la nature (y a-t-il plus contre-nature qu'une ville!), cela semble subversif parce que ça bouleverse nos habitudes ? Mais n'est-ce pas par la subversion que l'on progresse ? Avez-vous bon espoir que notre rapport global aux animaux s'améliore grâce à cela ?

 

JC. Est-ce que caresser un chien c’est subversif ? Il faut croire que oui, puisque ce simple geste a été proscrit des établissements médicaux pendant des dizaines d’années. Ce que la médiation animale met en lumière, ce sont souvent les vertus d’un contact aux animaux finalement très ordinaire : des caresses, des promenades, du nourrissage, des jeux. Des choses que toutes les personnes habituées à côtoyer des animaux connaissent par chœur.

 

Si caresser un chien dans une institution de soin, c’est subversif, il faut peut être se questionner sur l’institution, son rôle, son mode de fonctionnement, la place accordée aux patients etc. A ce titre, la présence animale dans ces milieux là a pour intérêt d’améliorer la manière dont on traite les humains. Et par rebond, la manière dont on considère les animaux en sort elle-aussi, améliorée. Plus on accorde de l’intérêt aux humains qui accordent de l’intérêt aux animaux, plus les animaux seront gagnants.

 

Pour obtenir plus d’infos et réserver votre place au colloque L’Animal en Marchecliquez ici.

 

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Chez Holidog, nous voulons améliorer la vie de nos compagnons : nous vous permettons de le laisser en famille d’accueil pendant vos voyages (testez la garde), de le combler avec une box chaque mois (une box offerte ici) et de lui donner le meilleur avec notre nouveau service d’alimentation ultra-premium livré en 1h (découvrez nos repas pour chien et chat). Merci de nous faire confiance !

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