Calvaire du chien Fudji : 18 mois de prison dont 9 avec sursis requis pour la coupable

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L'éleveuse amateur accusée d'avoir mis le feu à Fudji, le berger allemand de son compagnon, le 9 août 2018 à Sagy, a comparu le 3 septembre 2018 devant le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône. La substitut du procureur a requis 18 mois de prison, dont 9 ferme, comme le rapporte le journal d'informations France 3. L'animal, retrouvé vivant, avait finalement succombé à ses blessures 11 jours plus tard.

 

Source : DR via Info Chalon

 

Neuf associations, dont la SPA, la Fondation 30 Millions d'Amis et la Fondation Brigitte Bardot, se sont portées civiles lors du procès. De nombreux défenseurs des animaux s'étaient eux aussi réunis devant le tribunal pour demander justice pour Fudji. Au total, près de 300 personnes, pour certaines accompagnées de leur chien, se sont installées sur les marches menant au bâtiment public.

 

Source : DR via Info Chalon

 

Sandrine Le Maréchal, Présidente d’une Association de Protection Animale S.C.A (Stop Cruauté Animal), explique au journal Info Chalon :

 

On est ici tous solidaires et en mémoire de Fudji, ce chien qui a été brûlé et tué par une tortionnaire. Après, nous ne sommes pas là pour faire une chasse aux sorcières. Nous, c’est en mémoire de Fudji qu’on est là !

 

On souhaiterait que la peine de cette après-midi soit exemplaire et qu’elle soit vraiment appliquée à son auteur. Car aujourd’hui en France, il y a trop de lois qui sont mises en place pour la protection des animaux, mais elles ne sont pas appliquées du tout ! 

 

Source : DR via Info Chalon

 

Du côté de la prévenue, on tente de justifier son geste en invoquant un chien agressif, mordeur, et un sentiment d'insécurité, pour elle et son enfant d'un an. Cette éleveuse amateur a expliqué avoir détaché le chien, puis avoir pris la décision de passer à l'acte lorsqu'elle l'a entendu couiner le lendemain dans le champ de maïs à proximité de sa maison. Lorsqu'elle s'est approchée, Fudji, empêtré dans une corde, lui a grogné dessus. La goutte d'eau pour la jeune femme.

 

C’en était trop. J’ai senti une énorme colère. D’autant qu’il m’a déjà mordu[e].

 

Elle est alors retournée chez elle, s'est emparée d'une bouteille d'alcool à brûler et de huit allumettes, avant de mettre le feu à l'animal. La coupable affirme avoir pris conscience de son geste une fois de retour chez elle, avant de prévenir son ex-conjoint.

 

Source : Clinique vétérinaire du Colombier

 

Celui-ci a par ailleurs contredit sa ex-compagne en affirmant que les grognements de Fudji n'étaient pas des marques d'agression, mais un moyen de communication. Le couple se disputait régulièrement à cause de l'animal, et l'éleveuse affirme avoir agi sur un "coup de folie, le ras le bol, la haine d’un chien qui a voulu me faire du mal", ajoutant qu'elle regrettait son geste, le trouvant impardonnable.

 

La situation psychologique difficile de la prévenue a été mise en avant par son avocat : RSA pour seul revenu, tentative de suicide l'année précédente, sévices physiques et psychologiques dans l'enfance. Des justifications loin d'émouvoir l'avocate de son ex-compagnon :

 

Ce qui m’inquiète c’est la personnalité de Madame. […] L’immolation, je peux pas, c’est trop barbare. Ce n'est pas parce qu’on a eu une enfance difficile, qu’on fout le feu à un chien ! […] Si c’était un humain, elle encourrait la perpétuité.

 

Source : Clinique vétérinaire du Colombier

 

En plus de la peine de prison, la substitut du procureur a demandé une mise à l'épreuve avec une obligation de soins. La décision a été mise en délibéré : le verdit sera rendu le 10 septembre.

 

Via : France 3 / Info Chalon

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