Brigitte Bardot s’adresse au président Macron dans une lettre à la suite du rassemblement à l’Assemblée Nationale

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Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 mai a eu lieu le rendez-vous tant attendu des députés à l'Assemblée Nationale. Au programme : des prises de décisions importantes quant aux mesures visant à mettre fin à la souffrance animale dans le milieu agro-alimentaire. A l'issue de cette rencontre, la majorité des députés a rejeté les mesures proposées. Brigitte Bardot a fait par de son écœurement dans une lettre ouverte adressée au président Macron.

 

assemblée nationale bardotSource : JACK GUEZ / AFP

 

Les mesures en question, rassemblées dans l'article 13 de la loi Egalim – loi sur l'agriculture et l'alimentation- pourtant favorisées par près de 90% de la population française, sont passées à la trappe ce weekend. Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, avait pourtant certifié qu'il serait "particulièrement attentif" aux questions relatives au bien-être animal.

 

Voici la liste, non-exhaustive, des amendements rétorqués par 48 députés à l'Assemblée Nationale, comme rapporte Le Parisien :

 

  • L’interdiction des abattages sans étourdissement préalable
  • L’interdiction des fermes-usines
  • L’interdiction de broyer vivants les poussins mâles et les canetons femelles
  • L’interdiction des cages pour les poules pondeuses
  • L’interdiction des cages pour les lapins
  • L’interdiction de castrer à vif les porcelets
  • L'interdiction du gazage des cochons au dioxyde de carbone
  • L'interdiction de l’étourdissement des volailles par électronarcose
  • L’encadrement de la durée de transport, notamment maritime, d’animaux vivants

 

Selon France 24, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, de son côté, s'est exprimé sur la chaîne LCP afin d'exposer son point de vue sur "l’insensibilité complète du gouvernement et de sa majorité à l’Assemblée" :

 

On a une forme de victoire cynique méprisable du lobby de la souffrance animale, du lobby de la concentration… C’est le lobby de la malbouffe qui a gagné, qui tire les ficelles de ce gouvernement.

 

 

Brigite Gothière, co-fondatrice de l'association L214, a également fait part de son indignation :

 

Cette nuit, dans le discours des députés, le bien-être animal, le souci des éleveurs et des ouvriers d’abattoir ont été répétés en boucle. Dans les faits, l’obéissance aux filières de production intensive a été flagrante. Honteusement, les attentes de 90 % des Français ont été balayées d'un revers de la main par une assemblée fuyarde et lâche, plus soucieuse de ne pas contrarier la minorité bruyante des tenants de l'élevage industriel que d'une société toute entière révoltée par la cruauté de l'élevage intensif.

 

Les représentants du parti LREM, quant à eux, ont justifié cette décision dans un tweet :

 

Face à des vidéos d'abattoirs isolées mais qui nous heurtent tous, nous défendons une solution équilibrée pour le bien-être animal : formation et sensibilisation plutôt que stigmatisation d'une profession.

 

Pour rappel, les 48 députés en question "ont des liens étroits avec le milieu agricole", et beaucoup de parlementaires sont "issus de familles d'agriculteurs". Bien des personnes dénoncent donc un conflit d'intérêt certain, et un "lobbying auprès des députés du département".

 

L'ancienne actrice et militante de la cause animale Brigitte Bardot a donc pris sa plume afin d'écrire une lettre ouverte au président de la République, pour lui faire part de sa colère, rapporte Europe 1Dans celle-ci, elle qualifie notamment l'Assemblée d'un "pitoyable théâtre de Guignol où le ministre Stéphane Travert (…) a balayé tous les amendements progressistes pour ne surtout rien modifier des scandaleuses conditions d'exploitation des animaux en France".

 

 

Cette "souffrance animale intolérable", elle l'associe en grande partie à l'inactivité du président Macron et à une "épouvantable lâcheté".

 

Pour "sauver les meubles", comme l'indique France 24, quelques mesures ont tout de même vu le jour, parmi lesquelles :

 

  • L’interdiction de l’installation de tout nouvel établissement d’élevage de poules pondeuses en cage. Toutefois, aucune date d'interdiction pour la vente des œufs de poules en cage n'a été fixée, alors que le candidat Macron s'y était engagé pour 2022.
  • L'adoption du doublement des sanctions en cas de mauvais traitements sur les animaux (portées à un an d'emprisonnement et à 15.000 euros d'amende)
  • La création d’un nouveau délit visant à réprimer les mauvais traitements commis dans les transports et les abattoirs

 

Des mesures insuffisantes selon les défenseurs de la cause animale, qui se sont par ailleurs rassemblés un peu partout en France afin de faire part de leur indignation, de leur peine et de leur déception à l'égard du gouvernement.

 

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