Le Yémen est en proie à un conflit meurtrier depuis plusieurs années. Un blocus, mis en place par l'Arabie saoudite depuis 2015, prive la population yéménite de nourriture, provocant une crise humanitaire très importante et des dizaines de milliers de morts.
Source : AFP/Archives/Mohammed Huwais
Mais les habitants du pays ne sont pas les seuls à subir la guerre : les animaux des zoos essuient eux aussi de plein fouet les conséquences du conflit, comme l'explique le site Géo. Le zoo de Sanaa, la capitale, compte un peu plus de 1100 pensionnaires, que les employés ont bien du mal à nourrir à leur faim. En 2017, quatre fauves avaient déjà péri en raison du manque de nourriture. Les 31 lions toujours en vie sont parfois nourris de carcasses d'âne, mais le prix des ânes a lui aussi augmenté, rendant la tâche encore plus compliquée. Amin al-Majdi, chargé de veiller sur les lions, confie à l'AFP :
Avant, nous abattions trois ou quatre ânes (par jour) pour nos six lions, mais maintenant (qu'ils sont) 31 nous sommes obligés d'en abattre 10 à 12.
Paradoxalement, malgré la situation délétère du zoo de Sanaa, les animaux sont mieux lotis que dans d'autres établissements du pays. Dans le zoo d'Ibb, dans le centre du pays, les pensionnaires n'ont tout simplement pas à manger. Kim Michelle Broderick, fondatrice de One World Actors Animal Rescues (OWAP), se désole :
Les cages sont minuscules et les animaux souffrent de traumatismes chroniques.
Source : DR
OWAP, basée en France, est l'une des seules associations à intervenir au Yémen auprès des animaux : elle distribue des rations alimentaires et prodigue des soins vétérinaires. Mais elle ne peut hélas subvenir aux besoins de toutes les bêtes. La baisse du nombre de visiteurs, comme au zoo de Sanaa, impacte directement les finances de l'établissement. La vente de billets ne rapporte plus que 3000 à 4500 euros par mois, une somme bien insuffisante pour s'occuper des animaux. Pour autant, le zoo reste un lieu important et nécessaire dans le cœur de nombreux habitants de Sanaa. L'un d'entre eux, Tawheed al-Thahbi, explique :
Le zoo est devenu la seule bouffée d'air frais. Nous ne voyons que destruction, guerre et agression.


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