Une partie de LREM contre la chasse ?
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Une partie de LREM contre la chasse ?

Ce n'est pas un mystère : depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron flatte les chasseurs.

HHolyDog Desk·7 avr.·5 min de lecture·18k vues

Ce n'est pas un mystère : depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron flatte les chasseurs. Baisse du prix du permis de chasse, soutien aux chasses traditionnelles, y compris la chasse à courre... Les cadeaux du chef de l'État sont nombreux, lui qui cherche à courtiser un électorat qui tend à dévier de plus en plus vers la droite, comme l'explique le magazine Huffington Post.Au sein de La République en Marche, les chasseurs jouissent d'un certain nombre de soutiens auprès des députés de la majorité, mais peu à peu, une autre frange de marcheurs émerge : une frange qui affirme de plus en plus clairement son opposition à la chasse et qui dénonce la place de son lobbt. Au total, 49 membres de la République en Marche ont apposé leur signature pour soutenir le Référendum d'Initiative Partagée sur les Animaux, lancé en juin 2020 et qui veut une réforme profonde en faveur du bien-être animal.

Source : Le Parisien

La chasse, notamment, se trouve dans le viseur du RIP, ce qui n'a pas manqué de faire enrager Willy Schraen, le président de la Fédération Nationale des Chasseurs, qui estime que les signataires doivent rendre leur mandat. Mais pour certains élus, les propos de Willy Schraen sonnent comme des pressions qui ne disent pas leur nom.Hugues Renson, président de l'Assemblée nationale, s'emporte :

Il prétend faire la pluie et le beau temps, juge les ministres et enjoint les parlementaires de se soumettre ou se démettre. Quand un système politique subit de telles pressions, c’est la démocratie toute entière qui souffre.

Samantha Cazebonne, autre députée LREM, abonde en ce sens :

Quand on sort en famille le dimanche et que je suis obligée de demander à mes filles de ne pas aller à plus de vingt mètres parce que j’entends des bruits de balles, je me dis qu’il y a une certaine légitimité à ce que les 90 % de Français qui ne chassent pas puissent se faire entendre.

Source : Ines Arrimadas

Elle ajoute cependant que c'est parce qu'elle est d’élue des Français de l’étranger, en Espagne, sans attache avec le territoire, qu'elle peut se permettre une telle critique. Le lobby de la chasse pèse en effet lourd politiquement, et c'est bien cette raison qui pousse Emmanuel Macron à courtiser les chasseurs. Anne-Laurence Petel explique :

J’ai signé une tribune pour mettre fin aux chasses traditionnelles comme le déterrage des blaireaux ou la chasse à glu un mois avant les élections municipales auxquelles je candidatais. Eh bien je sais que j’ai perdu des voix.

Mais de plus en plus de députés LREM refusent de céder face aux pressions. Didier Baichère, député des Yvelines, a même enjoint Willy Schraen à cesser "son lobbyisme à deux balles". Quant à Loïc Dombreval, le président du groupe d’étude parlementaire “Condition Animale" et fervent défenseur des animaux, il s'insurge contre la réunion entre les services du Premier Ministre et les représentants des chasseurs, qui s'est tenue cet été.La question de la chasse n'est pas une question qui divise les Français, en réalité. Selon plusieurs sondages Ipsos, plus de 80 % d'entre eux sont opposés à la chasse et se prononcent même pour son interdiction. Car la question du bien-être animal n'est plus un à-côté de la politique. Elle fait désormais partie des préoccupations des citoyens. Laëtitia Avia, porte-parole de LREM, qualifie même la question de "sujet sociétal sur lequel on ne peut plus faire l'impasse".

Source : Pixabay

Plusieurs députés de la majorité ont déposé deux lois visant à améliorer le bien-être et la protection des animaux domestiques et à interdire les animaux sauvages dans les cirques. Samantha Cazebonne conclut :

Qu’il y ait des résistances au sein de mon groupe c’est une évidence. Mais on se doit de faire avancer les choses. J’aurais l’impression de ne pas voir rempli pleinement mon mandat si on passait à côté de ces questions. Nous avons beaucoup attendu, nous avons beaucoup cru que les choses allaient venir naturellement. Si ce n’est pas le cas, il faut les revendiquer plus fort.