Témoignage d'un chasseur repenti
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Témoignage d'un chasseur repenti

Grégoire Trunet a été bercé par la chasse toute sa vie. Son grand-père, son père, ses oncles et ses cousins : tous pratiquent ce "loisir", et il était tout naturel, pour Grégoire, de prendre lui aussi le fusil.

HHolyDog Desk·7 avr.·3 min de lecture·18k vues

Grégoire Trunet a été bercé par la chasse toute sa vie. Son grand-père, son père, ses oncles et ses cousins : tous pratiquent ce "loisir", et il était tout naturel, pour Grégoire, de prendre lui aussi le fusil. Pendant dix ans, il a chassé, avant de changer du tout au tout et de devenir un fervent opposant à la chasse. Il est revenu sur son parcours pour le site Konbini.Il commence par expliquer qu'il a touché à tous les styles de chasse (carabine, en battue, au fusil, à l'arc, au chien d'arrêt...), après avoir accompagné déjà tout petit son grand-père. Il précise :

J'ai été éduqué dans l'esprit d'une chasse responsable. On partait avec cinq cartouches, et puis si on ne ramènerait rien, ce n'était pas grave. Le but du jeu, ce n'était pas de faire un carton.

En parallèle, Grégoire se prend de passion pour la photo animalière, tout en continuant ses activités de chasse. Mais peu à peu, son état d'esprit change.

Plus on progresse en connaissances naturalistes, plus on se rend compte qu’il y a quand même quelque chose de pourri au Royaume du Danemark, comme disait Shakespeare. Petit à petit, ça fait son chemin et puis on arrête. On pose le fusil parce qu’on se dit que c’était plus possible de continuer comme ça.
Pourquoi j’ai arrêté la chasse | Le Speech de GrégoireAvant, il tirait sur les animaux. Aujourd'hui, il les prend en photo. Grégoire est un chasseur repenti : il dénonce cette pratique qu'il juge dangereuse et inutile 👇Publiée par Konbini news sur Mercredi 13 mai 2020

Grégoire revient ensuite sur des chiffres qui font froid dans le dos, en expliquant que 40 % des oiseaux nicheurs ont disparu en vingt ans, et que 40 % de la faune sauvage dans son ensemble se sont volatilisés en 40 ans. Il dénonce ensuite l'idée selon laquelle les chasseurs participent à la protection de cette même faune :

On ne protège pas une population d’animaux sauvages en lui tirant dessus. [...]. Il faut quand même reconnaître que le but du jeu c’est de tuer du gibier. Il faudrait qu’ils arrêtent de leur tirer dessus et là ce serait peut-être les premiers écologistes de France.

Pour Grégoire, les chasseurs s'arrangent surtout pour lâcher un peu plus de gibier afin de leur tirer dessus. Chaque année, des millions d'animaux issus d'élevages sont relâchés dans la nature. Il poursuit :

Le gros argument, c'est si on arrête la chasse, qu'est-ce qu'on fait de toute la population de sangliers ? Si on est un tout petit peu honnête, le problème de sangliers, ce sont les chasseurs qui l'ont créé de toute pièce, et maintenant, il y en a des millions.

Avant de conclure :

La nature n'a pas besoin de vous pour se réguler. Je ne pense pas que la chasse soit utile. Elle fait beaucoup plus de dégâts qu'elle n'est utile.