les deux lionceaux avaient été illégalement mis en vente en 2019, puis abandonnés devant un parc animalier dans les Bouches-du-Rhône. La Fondation 30 Millions d'Amis, partie civile dans cette affaire, avait organisé leur sauvetage et leur transfert vers un sanctuaire. Cependant, la récente décision de la Cour d'Appel suscite des préoccupations.
Le trafiquant principal de ces lionceaux avait été condamné en première instance à une peine de 22 mois d'emprisonnement, dont un an de prison ferme. Cependant, la Cour d'Appel de Metz a partiellement relaxé cet individu. Il a été reconnu coupable de complicité d'abandon et condamné à 6 mois d'emprisonnement avec sursis, ainsi qu'à une amende de 2 000 euros. De plus, il lui est interdit de détenir un animal pendant 5 ans. Cette peine est nettement moins sévère que celle prononcée en première instance.
Détenus puis abandonnés fin 2019 avant d’être sauvés par la Fondation #30Millionsdamis, Ysis et Yoda ont bien grandi et s'épanouissent grâce aux bons soins de notre partenaire Tonga Terre d’Accueil. #JournéeMondialeduLion pic.twitter.com/7rI9m9q3Qp
— Fondation 30 Millions d'Amis (@30millionsdamis) August 10, 2022
Les deux autres complices avaient été condamnés en première instance à des peines de prison plus légères, allant de 10 à 14 mois, dont une partie était ferme. Ils n'avaient pas fait appel. Ces trois individus avaient reçu les lionceaux de la part du rappeur Lacrim, propriétaire des animaux, mais ce dernier n'a jamais été inculpé dans cette affaire. Leur mission était de vendre les lionceaux, qui pouvaient se négocier illégalement pour plusieurs milliers d'euros.
Cependant, au lieu de vendre les lionceaux, ces trafiquants les avaient abandonnés dans des cages de transport pour chats devant un parc animalier en banlieue d'Aix-en-Provence. La Fondation 30 Millions d'Amis avait alors coordonné leur sauvetage et leur transfert vers un sanctuaire en Loire.

L'enquête sur cette affaire a permis de mettre fin à ce trafic et de punir les coupables. Cependant, la provenance exacte des lionceaux abandonnés reste incertaine. Il est clair que seuls les zoos et les cirques détiennent des adultes capables de se reproduire, alimentant ainsi le trafic de lionceaux. Ces bébés félins sont vendus illégalement pour des sommes importantes, mais une fois qu'ils grandissent, ils deviennent ingérables pour leurs propriétaires, ce qui les pousse à les abandonner pour obtenir de nouveaux lionceaux. Ce cycle vicieux doit être brisé, et Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis, souligne l'urgence d'agir à la source du problème.
Malheureusement, bien que la loi de 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale ait prévu une fin progressive de l'exploitation des animaux sauvages dans les cirques d'ici 2028, elle a également accordé un délai de 2 ans pour l'interdiction de la reproduction et des nouvelles acquisitions d'animaux sauvages dans les cirques. Cette période de transition a permis à certaines structures de continuer à se reproduire, compliquant ainsi le travail des organisations de protection animale pour trouver des lieux de placement pour ces animaux. Une action urgente des pouvoirs publics est nécessaire pour mettre fin à ce problème.


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