Aujourd'hui, chez Holidog Times, nous avons eu le plaisir de rencontrer Jimmy Beunardeau, un jeune photographe talentueux dédié à la cause animale. Fasciné par les animaux depuis sa plus tendre enfance, et sensible à la cause des espèces menacées à travers le monde, il a décidé d'allier ses deux passions - préservation animale et photographie - afin de faire partager ses expériences au grand public, et de venir en aide aux refuges qu'il visite.[caption id="attachment_52917" align="alignnone" width="719"]

Un éléphant et un mahout au Laos - Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]
"Le vrai déclic, ça s'est fait quand je suis parti à Taïwan"
Représenté par l'agence Hans Lucas, il a notamment effectué des voyages à Taïwan et au Laos, où il a pu rencontrer les pensionnaires de différents refuges, et partager leur histoire à travers des reportages.
Mon domaine favori, c'est la préservation des animaux sauvages. J'aime bien en parler au grand public, parce que je pense que c'est important. J'ai toujours adoré les animaux, quand j'étais petit je voulais devenir vétérinaire. Et puis je suis né à la campagne, donc j'ai toujours eu ce contact avec les animaux et la forêt.
Lors de son premier voyage, Jimmy a fait la rencontre deMei Hsiu Hwang, qui travaille auPingtung Rescue Center for Endangered Wild Animals (PTRC), un refuge qui accueille des animaux en danger, issus du braconnage, ou vivant chez des particuliers illégalement. EgalementDocteure de recherche à l'Université de Sciences et technologies de Pingtung, elle a fondé et dirige la Taïwan Black Bear Conservation Association, et a dédié sa vie à la sauvegarde des ours.[caption id="attachment_52918" align="alignnone" width="704"]

Un ours noir de Formose au refuge pour animaux sauvages de Pintung à Taïwan - Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]Le refuge compte un grand nombre de résidents, parmi lesquels des ours, des orang-outans, des macaques de Formose, ou encore des serpents.
Le vrai déclic, ça s'est fait quand je suis parti à Taïwan en 2016, donc c'est récent. Pour la photo ça a été un déclic, parce que j'ai vécu six mois à Taïwan, et j'ai rencontré une personne qui voue sa vie à sauver les ours. C'est un peu la Jane Goodall des ours, là-bas. Elle s'appelle Mei Hsiu Hwang. On est devenus très amis et puis on a travaillé ensemble dans un refuge dont elle s'occupe à Taïwan. J'ai fait un reportage photo là-bas.
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Portrait d'un tigre de Malaisie réalisé au sein du refuge pour animaux sauvage à Pingtung, Taïwan. Ce tigre fut sauvé d'un cirque où il a eu une vie terrible, enfermé dans une cage minuscule. Aujourd'hui il est handicapé. Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]ATaïwan, la loi interdit dorénavant les cirques ainsi que le fait de détenir un animal sauvage chez soi et de le domestiquer. En conséquence, de nombreux animaux se retrouvent livrés à eux-mêmes, le plus souvent incapables de vivre par leurs propres moyens en milieu naturel. Certains d'entre eux sont blessés, d'autres n'ont nulle part où aller, et le refuge s'est donné pour mission de les accueillir afin de préserver leur espèce.
C'était ma première expérience dans un refuge comme ça, et c'est là que j'y ai vraiment pris goût. Je savais que je voulais installer ça dans le temps, faire beaucoup de refuges pour les aider dans leur communication et faire parler d'eux.
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Le macaque de Formose est de loin lʼanimal le plus représenté au sein du refuge. Il ne sʼagit pas dʼune espèce menacée, mais souvent malmenée. En effet, lʼHomme empiète de plus en plus sur son territoire, notamment de par les exploitations agricoles. Par conséquent, les macaques viennent chaparder dans les récoltes et sont souvent victimes de coups de fusil et de pièges. Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]
Un manque de moyens évident
Car si la législation est parfois en faveur des espèces endémiques deTaïwan, le gouvernement ne s'investit pas dans leur préservation, d'un point de vue financier. Les refuges comme le PTRC - par ailleurs le plus grand du pays - vivent donc entièrement de dons et de l'action des bénévoles. De ce fait, les conditions de vie des animaux sont loin d'être idéales. Impossible de leur offrir des terres qui ressembleraient à une réserve naturelle, il faut donc les mettre en cage pour les préserver.
Dans le refuge, ils sont tous en cage parce qu'il y a très peu de moyens, ils ne sont pas du tout aidés par le gouvernement. Donc ils ne vivent que de dons, et ils manquent de moyens. Ils ont des orang-outans, des ours, etc., et ils n'ont pas du tout assez d'espace, ni les moyens de leur faire une vraie réserve naturelle. Et ils ne peuvent pas non plus envoyer les orang-outans à Sumatra parce qu'il faut affréter un avion et ils n'ont pas les moyens.
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Les orang outans présents au refuge proviennent tous de Sumatra, et sont pour la plupart issus du trafic. Ce sont des animaux extrêmement sensibles et intelligents (ils sont notamment capables de communiquer par un langage gestuel comprenant une quarantaine de signes). Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]Le refuge le sait, pour tenter de préserver ces espèces, ils n'ont pas d'autres choix que de les garder en cages, et de les relâcher dans la nature lorsque c'est possible. La vie en captivité n'est pas sans conséquences sur ces animaux dont la place est dans la nature. Le travail de Jimmy permet de s'en rendre compte. Ses photographies d'une grande sensibilité reflètent la dureté de leur situation.
Les orang-outans, c'est vraiment une belle rencontre, parce qu'on sent vraiment leur intelligence, leur sensibilité, c'est incroyable. Et ceux-là, ils sont vraiment en dépression parce qu'ils sont en cage et qu'ils auraient besoin d'espace. Donc c'est très pesant d'aller dans ce refuge et en même temps ce qu'ils font est essentiel parce que sinon ces animaux auraient été euthanasiés.
"Pour un tout petit pays, il y a une énergie folle"
Mais il y a tout de même de l'espoir, et Jimmy se dit optimiste quant à la situation des ours du refuge, notamment. Le PTRC est parvenu à faire remonter leur population, grâce à une réserve créée dans les montagnes.
Il y a énormément de gens qui mettent beaucoup d'énergie dans la préservation des animaux. Surtout pour un tout petit pays comme ça, c'est incroyable. Il y a beaucoup de refuges. Et il y a même une section de préservation animale à l'université de Pingtung. C'est carrément un cursus scolaire en fait. Et ça, je ne pense pas que ça existe chez nous. Là-bas, les gens peuvent faire un Master Préservation de la vie sauvage. Pour un tout petit pays, il y a une énergie folle, et du coup je suis plutôt positif.
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Au « Pingtung wildlife Rescue Center » (PTRC), les bénévoles sont aussi là pour soigner les animaux blessés et malades. Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]
Le cas du Laos
Jimmy s'est également rendu au Laos, dans un sanctuaire pour éléphants, l'Elephant conservation center of Sayaboury (ECC). Cette fois-ci, la rencontre fut plus positive, dans la mesure où les animaux y vivent en semi-liberté, dans une réserve protégée.[caption id="attachment_52922" align="alignnone" width="713"]

Un éléphant en compagnie d'un mahout au Laos - Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]Au Laos, le gouvernement alloue des terres aux refuges, et le travail de Jimmy reflète parfaitement les résultats que l'on peut obtenir avec plus de soutiens de la part de l'Etat, même si le sanctuaire vit tout de même des dons qu'il reçoit et de l'éco-tourisme à 97%.
Au Laos, les éléphants étaient utilisés comme animaux de trait, pour le débardage, et le tourisme. Maintenant le débardage est interdit, donc tous ces animaux-là ont été vendus à des sanctuaires. En sachant qu'un éléphant coûte environ 35 000 dollars. Donc c'est un refuge qui a énormément besoin d'argent. Là, ils viennent d'avoir 13 nouveaux éléphants parce que le gouvernement vient juste de faire passer une loi qui interdit la vente des éléphants à l'étranger.

Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas
Là-bas, il est passé des regards accablés des grands singes à travers les barreaux de leur cage de Taïwan, aux postures fières et élégantes des éléphants qui déambulent dans la nature au Laos.
On est partis pendant cinq jours avec trois éléphants, trois cornacs et deux militaires dans la forêt, pour rallier le refuge à une réserve naturelle, pour à terme, relâcher une harde d'éléphants complète. Donc on a dû tracer la piste GPS, parce que les éléphants ne peuvent pas passer par les routes, c'est trop dangereux.
Ce que cherche avant tout Jimmy, outre le fait de faire des rencontres majestueuses et bouleversantes, c'est surtout de donner la possibilité à ces refuges d'avoir une meilleure visibilité. Ses reportages, il les propose à la presse, afin qu'ils soient diffusés au grand public, et que les dons se fassent moins rares.[caption id="attachment_52924" align="alignnone" width="703"]

Au Laos, les mahouts sont là pour aider à la préservation des éléphants, et pour leur procurer des soins si nécessaire - Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas[/caption]Il travaille également en collaboration avec des publications jeunesse, notamment GéoAdo et Le journal de Mickey, ce qui permet d'opérer un véritable travail de sensibilisation auprès du jeune public à l'égard de la cause animale, et plus particulièrement des animaux en voie de disparition.Pour l'heure, Jimmy prévoit de retourner àTaïwan, puis de visiter d'autres pays afin de cibler d'autres problèmes écologiques de notre temps.
Ça sera toujours quelque chose qui me passionnera, la cause animale. Ça fait de plus en plus partie de moi. J'aimerais aller en Indonésie et voir de plus près tout ce qui se passe autour de l'huile de palme et de la déforestation, et de l'impact sur les orang-outangs.

Source : Jimmy Beunardeau / Hans Lucas
Pour en savoir plus sur JimmyBeunardeau et son travail, vous pouvez vous rendre sur son site internet, sa page Facebook, son site Instagram, ou sur le site de l'agence Hans Lucas.Pour faire un don au PTRC, rendez-vous sur leur page Facebook. Il vous faudra leur adresser un message en anglais afin de prendre contact avec eux au préalable.Si vous souhaitez participer aux projets de préservation des animaux de l'ECC, sachez qu'ils accueillent des éco-touristes et éco-volontaires toute l'année. Pour faire un don à l'ECC, rendez-vous sur leur page Facebook ou leur site internet.


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