Multiplication de destructions contre la chasse
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Multiplication de destructions contre la chasse

Dans les campagnes françaises, la destruction du matériel de chasse est de plus en plus fréquente.

HHolyDog Desk·7 avr.·4 min de lecture·18k vues

Dans les campagnes françaises, la destruction du matériel de chasse est de plus en plus fréquente, comme le rapporte le magazine Reporterre. Certains promeneurs, de plus en plus exaspérés par les chasseurs, leurs comportements et les passe-droits qu'ils obtiennent des autorités, ont décidé de prendre eux-mêmes les choses en main. Reporterre a suivi l'un d'entre eux, qui a souhaité anonyme pour d'évidentes questions de sécurité.Adepte de promenades dans la forêt et de photographie, il confie :

 J’ai décidé que ça avait assez duré. On ne peut plus vivre dans la peur de prendre une balle.

Alors, il emporte avec lui une petite scie et agit en fonction des installations sur lesquelles il tombe au hasard de ses balades.

Celui-là, ils ont déjà eu des frais dessus ! Mais ils le réparent à chaque fois .À force de m’en prendre plusieurs fois au même matériel, ils finissent par poser des pièges photographiques, donc je fais plus attention.

Source : DR

Un autre promeneur anonyme a également accepté de parler. Anti-chasse depuis une trentaine d'années, il tente d'agir à sa manière, même si la crise sanitaire l'a un peu freiné.

Depuis que je me balade en forêt, je détruis systématiquement les pièges que je découvre. Entre le confinement et le couvre-feu, ça devient compliqué de sortir de chez soi. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque.

Un piège à oiseau l'a particulièrement marqué.

Ils étaient sept ou huit, sans compter les cadavres au sol. C’était un vrai mouroir. J’ai éventré la cage pour les faire sortir, et ai emmené le plus faible à un refuge pour le faire soigner.

D'après lui, la multiplication des incivilités n'est pas une surprise, car "les chasseurs ont tout fait pour se mettre les gens à dos". Du côté des chasseurs, on déplore les dégradations. Daniel Guillaume, président de la société de chasse de Dieue-sur-Meuse, confie, à la suite de destructions de miradors en novembre 2020 :

C’était la première fois que ce genre de chose se produisait, très peu de temps après la réouverture de la chasse. Ils l’avaient fait dévaler sur plusieurs dizaines de mètres, dans les broussailles. Mais le temps qu’on regagne le chemin, un second mirador avait été renversé !

Source : Pixabay

La Fédération Nationale de Chasse a tenté d'agir à son tour. Daniel Guillaume poursuit :

Sans que je les prévienne, la fédération m’a appelé et m’a posé tout un tas de questions. Ils voulaient que je porte plainte, mais je ne l’ai pas fait.

Les sabotages touchent le plus souvent des miradors. Les chasseurs disent aussi faire face à de la violence physique et verbale – cette dernière étant très présente sur les réseaux sociaux. Des sanctions – amendes et peines de prison – existent, mais ne font pas peur aux anti-chasse.

Je ne me suis jamais fait prendre, je n’ai même jamais été inquiété. Ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. C’est sûr qu’il ne faut pas en parler à n’importe qui, et il faut agir à l’abri des regards !