L'ex-propriétaire d'un haras normand jugé pour maltraitance sur 160 chevaux
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L'ex-propriétaire d'un haras normand jugé pour maltraitance sur 160 chevaux

Découvrez le scandale de maltraitance animale dans un haras normand.

HHolyDog Desk·4 mai·5 min de lecture·18k vues

Le tribunal correctionnel de Caen a jugé, ce mardi 2 mai, l'ancien propriétaire du Haras de Bernesq pour maltraitance animale. En février 2018, un rapport accablant de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) avait révélé que près de 160 chevaux étaient sous-alimentés, certains blessés, et qu'ils vivaient dans des conditions indécentes. L'ex-propriétaire était accusé de mauvais traitements et de mauvaise tenue du registre d'élevage.

L'affaire avait débuté en février 2018, lorsqu'un signalement avait été envoyé à l'association Stéphane Lamart "Pour la défense des droits des animaux", dénonçant des mauvais traitements infligés aux chevaux du Haras de Bernesq, dans le Calvados. Les images transmises étaient révoltantes et montraient des animaux dans un état de santé très préoccupant. Certains étaient très amaigris, les signes de malnutrition étaient évidents. D'autres présentaient des plaies non cicatrisées, des traces de coups. L'association avait alors porté plainte pour mauvais traitements contre le gérant du haras.

Face à la gravité des accusations, la procureur de la République avait rapidement saisi la DDPP qui s'était rendue sur place. Son constat avait été sans appel : les chevaux étaient sous-alimentés, les bâtiments étaient sales et non entretenus, les abreuvoirs étaient non entretenus pour certains couverts de fientes d'oiseaux. Les céréales étaient mal stockées et polluées par la poussière et les rongeurs. Les chevaux d'élevage étaient clairement négligés, sans foin ni paille dans les boxes.

Le tribunal correctionnel de Caen a jugé, ce mardi 2 mai, l'ancien propriétaire du Haras de Bernesq pour maltraitance animale.

Le Haras de Bernesq avait été créé en 1981 par la famille Benillouche. Installé sur 100 hectares autour d'un magnifique château, il avait été pendant de nombreuses années un lieu de prestige pour les propriétaires de chevaux en pension. Mais l'horreur des clichés transmis avait provoqué la panique chez les propriétaires d'équidés, qui étaient venus les récupérer en urgence.

Frank Benillouche, l'ex-propriétaire du haras, avait alors annoncé qu'il attaquerait en diffamation les personnes et les médias qui diffuseraient selon lui "de fausses informations". En février 2018, à la suite du passage de l'autorité vétérinaire et des gendarmes, il avait déclaré : "Nous avons licencié un employé qui ne faisait pas correctement son travail. Ce dernier, pour se venger, a contacté une association d’amis des animaux. De fausses informations ont été relayées dans la presse régionale et sur les réseaux sociaux. Nous avons subi deux contrôles, dont un des forces de l’ordre. Ils ont pu constater, à l’exception d’un blessé, que nos 150 chevaux étaient bien nourris et en bonne santé".

Le procès pour maltraitance et mauvaise tenue du registre d'élevage était programmé pour la fin de l'année 2019, mais il a été plusieurs fois ajourné pour des motifs divers. Cinq ans après les faits, l'audience s'est enfin tenue, en l'absence du prévenu. Franck Benillouche n'est pas là, pas plus que son avocat.

Au cours de l'audience, le procureur de la République a requis une peine d'un an de prison avec sursis et une amende de 10 000 euros pour les délits de maltraitance et de mauvaise tenue du registre d'élevage. En outre, il a demandé l'interdiction permanente de détenir un cheval et une interdiction de cinq ans d'exercer une profession en rapport avec l'élevage d'animaux. La décision du tribunal a été mise en délibéré au 9 mai.

Interrogé à l'issue de l'audience, Maître Patrice Grillon, l'avocat de l'association Stéphane Lamart, s'est montré satisfait de la tenue du procès, mais regrette que Franck Benillouche ne soit pas là pour répondre de ses actes. Selon lui, les raisons de cette absence sont multiples et il est difficile de savoir avec certitude pourquoi l'ancien propriétaire du Haras de Bernesq a choisi de ne pas assister à son procès.

Toutefois, Maître Grillon est catégorique : Franck Benillouche aurait dû prendre ses responsabilités et faire en sorte que les animaux qu'il avait sous sa garde soient mieux traités. Selon lui, dans le monde équin, la réputation est très importante, mais cela ne doit pas se faire au détriment du bien-être des animaux. Aujourd'hui, difficile de trouver trace de Franck Benillouche. Il se pourrait qu'il ne réside plus en France.