Le mercredi 6 juin, au Luxembourg, une nouvelle loi sur la protection animale a été votée à l’unanimité. Ce nouveau texte reconnaît notamment les animaux comme des êtres vivants doués d'une dignité, et redéfinit le bien-être animal dans la sphère agricole.[caption id="attachment_53473" align="alignnone" width="767"]

Fernand Etgen, ministre de l'Agriculture au Luxembourg - Source : gouvernement.lu[/caption]La première loi de protection des animaux jamais votée au Luxembourg date de 1965. Ce texte avait été réformé en 1983, presque trente ans après. Aujourd'hui, le ministre de l'Agriculture, Fernand Etgen, espère que ce texte pourra à son tour être réadapté avant les trente prochaines années.De son côté, Ali Kaes, député CSV (Parti populaire chrétien-social), a déclaré dans Le Quotidien :
Notre relation avec les animaux a bien évolué lors de ces dernières décennies. D’un moyen d’aide et d’une source d’alimentation, les animaux sont devenus des partenaires qui nous accompagnent dans notre vie.
Pour la première fois au Luxembourg, la loi reconnaît donc la dignité des animaux. Si ceux-ci était jusqu'ici considérés comme des objets, on peut à présent lire dans le résumé du texte de loi :
Il s’agit d’une des premières lois à reconnaître la dignité d’un animal. Ainsi, la future loi définit l’animal comme un « être vivant non humain doté de sensibilité en ce qu’il est muni d’un système nerveux le rendant apte à ressentir la douleur ».
Pour rappel, en France, depuis 2015, l'animal est considéré comme un "être vivant doué d'une sensibilité", selon le Code Civil. Toutefois, le Luxembourg a décidé d'aller un peu plus loin dans son respect des animaux.[caption id="attachment_53470" align="alignnone" width="746"]

Le ministre de l'Agriculture Fernand Etgen et le premier ministre en visite dans une exploitation agricole à Mersch en 2017 - Source : Le Quotidien[/caption]Le texte interdit en effet les mises à mort et les maltraitances "pour des raisons purement économiques". Ainsi, les poussins mâles habituellement tués dès la naissance pour "manque d'utilité économique" seront épargnés. "On est le premier pays à interdire cette pratique", se félicite le ministre de l'Agriculture.Par ailleurs, la loi redéfinit également le bien-être animal dans la sphère agricole, et impose aux agriculteurs des conditions de vie et de transport humaines.
[Le bien-être animal est] un état de confort et d’équilibre physiologique et psychologique d’un animal, se caractérisant par un bon état de santé, un confort suffisant, un bon état nutritionnel, la possibilité d’expression du comportement naturel, un état de sécurité, ainsi que l’absence de souffrances telles que douleur, peur ou détresse.
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Au Luxembourg, la production de foie-gras est interdite depuis plus de vingt ans - Source : L'essentiel[/caption]Les sanctions associées au non-respect de cette loi ont elles aussi été révisées. Les amendes peuvent à présent s'élever à 200 000 euros, et les peines d'emprisonnement pourront atteindre les 3 ans. De plus, un établissement pourra être fermé sans délai dans le cas du non-respect des dispositions de la nouvelle loi.Cette nouvelle loi est, certes, une avancée majeure pour le bien-être animal, mais certains considèrent qu'elle ne va pas assez loin. Certains ont par ailleurs déploré qu'elle ne prévoit pas d'encadrement plus stricte en ce qui concerne les animaux utilisés dans le cadre de la science. D'autres souhaiteraient que le bien-être animal figure dans la Constitution, et que le prix de la viande augmente afin de décourager l'élevage en masse.


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