Une lettre, adressée au ministre congolais de l'Environnement, a mis le feu aux poudres à la fin du mois de juillet 2018. Une société chinoise demandait en effet à l'officiel la possibilité d'importer plusieurs espèces rares, afin de les confier ensuite à des zoos, le zoo deTaiyuan et le zoo d'Anji Zhongnan.

Source : brokinhrt2
Plusieurs organisations, dont Born Free, ont aussitôt protesté avec véhémence contre un tel projet. La lettre, publiée sur Twitter, faisait état d'une demande pour 16 bonobos, 16 chimpanzés, 8 lamantins d'Afrique, et 20 okapis. Ces espèces sont pourtant menacées d'extinction.Will Travers, le président de Born Free, s'indigne :
Nous sommes profondément consternés par ces propositions et craignons pour le bien-être des animaux concernés si jamais – et Dieu nous en protège – aller jusqu'au bout. Les capturer dans la nature mettra leur vie en danger, d'après notre opinion experte, les zoos concernés ne seront clairement pas capables de pourvoir à leurs besoins complexes de santé, sociaux et émotionnels, si les animaux survivaient à la capture et au transport.
Amy Ambatobe Nyongolo, le ministre concerné, semble pourtant sensible à la demande, à condition que des experts congolais soient présents dans les zoos au moment de l'arrivée des animaux afin de contrôler leurs conditions.

Source : iStockphoto
Adams Cassinga, fondateur de l'association Conserv Congo a mis la lettre en ligne sur Twitter, avant de s'indigner :
J'étais choqué lorsque j'ai vu cette lettre. Tous ces animaux sont hautement protégés et en danger. Il y a eu beaucoup d'efforts de la part des organisations locales et internationales pour les préserver. Et ce type sort de nulle part et décide d'envoyer ces animaux en Chine, sans consultation.
D'après Adam Cassinga, les petits nés dans les zoos chinois devraient ensuite être renvoyés au Congo, selon les termes de l'accord, mais l'expert est assez peu enclin à croire une telle clause, en raison du manque de ressources du côté congolais.

Source : Zoo de Beauval
Le gouvernement du Congo a cependant depuis déclaré qu'aucun accord de ce type n'avait été passé avec la Chine et que la CITES était toujours en train d'évaluer la situation. De son côté, Amy Ambatobe explique :
J'ai reçu la demande des Chinoises me demandant des animaux comme des okapis, des gorilles, etc. Je n'ai pas donné mon accord pour l'exportation. Ce que j'ai fait, c'est que j'ai écrit à l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) pour voir s'il était possible de faire un échange avec la Chine.
Il a aussi ajouté qu'aucune transaction monétaire n'aurait eu lieu si l'échange avait dû se faire. La société chinoise responsable de la demande n'a pas souhaité commenter.


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